Le religieux cherche sa place à l'école

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Le cours d'éthique et culture religieuse a remplacé l'histoire biblique il y a 4 ans.
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Le religieux cherche sa place à l'école

VAUD
Le cours d'Ethique et de cultures religieuses est promis à un avenir de plus en plus incertain. Le conseiller synodal Laurent Zumstein revient sur les enjeux de cet enseignement.

Le cours d’Ethique et cultures religieuses est relégué au rang «d’activité ponctuelle» dans le programme des écoliers vaudois, révélait le quotidien 24 heures dans son édition du 30 août. Un nouveau statut effectif depuis la rentrée. C’est avec surprise et déception que l’Eglise réformée vaudoise a été mise au courant, peu de temps avant les lecteurs.

Pour rappel, le cours d’Ethique et de cultures religieuses, obligatoire, a remplacé le cours d’Histoire biblique, avec la mise en œuvre du Plan d’Etude Romand, il y a quatre ans. Mais il fait partie des disciplines soumises à la marge de manœuvre cantonale. Il en a fait les frais. Et la décision de l’ancienne cheffe du département de la formation, Anne-Catherine Lyon, laisse désormais cette branche au bon vouloir des enseignants. 

L'avenir du débat

Soucieuse de l’importance des connaissances apportées aux enfants sur le fait religieux, la nouvelle conseillère d’Etat Cesla Amarelle, qui a hérité du dossier le 1er juillet, constitue un groupe de travail qui réfléchira à l’avenir de ce cours, dès l’automne. Laurent Zumstein, nouveau conseiller synodal, en fera partie. «Nous ignorons ce qu’est une activité ponctuelle. Mais quand on sait qu’il faut du temps et des outils pour aborder le religieux, on craint l’impact de cette décision sur les élèves.»

«Le religieux n’est pas qu’une affaire privée. Nous peinons à comprendre pourquoi, au vu des débats de société actuels, il est si difficile de prendre du temps pour traiter du fait religieux», commente Laurent Zumstein. Au sein du groupe de travail, il plaidera donc pour que le cours retrouve sa place.

Dans les débats, la question de la formation des enseignants risque bien de revenir sur le tapis. Si ces derniers sont formés à la discipline, les cursus comme les sensibilités sont propres à chacun. Le risque est bien de voir naître des réticences face à cet enseignement, autant que la tentation du prosélytisme. L’avenir pourrait alors aussi devenir incertain pour les théologiens mis à la disposition des collèges par les Eglises réformée et catholique vaudoises, comme personnes ressources pour les enseignants. Ils remplacent, depuis cette année, les visites des ministres dans les classes. 

Perte de visibilité

Si ce projet capote, l’Eglise vaudoise doit-elle craindre pour sa visibilité ? «Non. L’école est une sphère à laquelle l’Eglise n'a accès que si elle y est invitée. Mais ce n’est pas l’enjeu. Ici, c’est l’élève qui est privé de quelque chose.» Dommage. Sans compter qu’avant la rentrée 2019, aucun changement n’aura le temps de voir le jour.

Le cours d’Ethique et de cultures religieuses est couplé au cours d’Histoire. «Il est difficile de faire de l’histoire sans toucher au religieux ou même de la science sans éthique. Il vaut la peine de prendre le temps de les faire dialoguer. En faisant cela, nous offrons aux jeunes des clés de lecture et de compréhension de la réalité. Mais le dialogue doit être soutenu», affirme Laurent Zumstein.