De l’indignation à l’audace!

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De l’indignation à l’audace!

4 octobre 2019

Un engagement multi-facettes pour le climat par des jeunes actifs, créatifs, constructifs

Conférence-table ronde à l’Université de Neuchâtel

Rafraichissants dynamisme et originalité dans les démarches lancées - avec enthousiasme et efficacité - par des groupes de jeunes à propos de l’enjeu climatique. Plus de 400 personnes assistaient le 24 septembre, à l’Université de Neuchâtel, une table ronde avec six jeunes, filles et garçons, exemplifiant tous la preuve par l’acte. En consacrant beaucoup d’énergie et de temps dans des domaines/directions multiples : démarches très pratiques pour limiter le gaspillage alimentaire, permaculture, Semaines de la durabilité printanières dans plusieurs dizaines de Hautes Ecoles du pays. Engagement dans la foulée de Greta Thunberg : la plus jeune de ces personnes, Diane Lou Pellaud, 15 ans, de Bienne, agit dans son lycée où elle a instauré la « Grève du silence ». Le vendredi, et elle en avertit ses professeurs chaque jeudi, elle ne parle pas - ne participe pas aux discussions, ne répond pas aux questions… Attitude claire, disruptive mais sans fracas, respectueuse - c’est bien.

Philippe Thalmann, qui enseigne l’économie de l’environnement à l’EPFL, s’est exprimé dans un exposé très structurant. Il a discuté sept possibilités de répondre au dérèglement climatique : 1) Continuer comme maintenant (business as usual) - ce serait insensé ; 2) Procéder par améliorations ponctuelles et progressives – OK, mais très insuffisant ; 3) Corriger les « imperfections » du marché -  tenir compte notamment des coûts externes, un aspect essentiel, ne pas vouloir de monopoles, guider les acteurs ; 4) Corriger les « imperfections » de l’Etat – qui peine beaucoup à prendre des mesures adéquates ou est bloqué quand il tente de le faire, court-termisme électoral ; 5) Accélérer la transition écologique - économie circulaire et autres mesures, y compris subventions aux activités favorables ; 6) «  Halte à la croissance » (rappel du Rapport au Club de Rome), ce qui n’empêcherait pas une certaine expansion des services, moins producteurs de CO2, et 7) Instaurer l’urgence climatique – avec des mesures suffisantes mais qui auront des dimensions dures voire autoritaires, pas aisément acceptées sans doute !

Cet orateur, comme sa collègue Ellen Hertz, professeure d’ethnologie, a relevé qu’il ne s’agissait pas de jeter aux orties sans autre forme de procès, de manière dogmatique, le modèle libéral au sens large (trop simple et aussi risqué de « vilipender le capitalisme »), mais qu’il fallait tirer profit de ses potentialités favorables tout en canalisant/bloquant ses effets indésirables voire clairement nuisibles.

 

Dr Jean Martin, membre des «Grands-parents pour le climat»