Laisser travailler la vie - en hiver 2 : Confiance avant travail

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Laisser travailler la vie - en hiver 2 : Confiance avant travail

2 décembre 2018

Il faudrait s’accrocher au travail, tenir bon dans l’effort, durer ?...  – Pas toujours : aujourd’hui commence le temps d’une autre confiance, celle de laisser venir ce qui doit venir !

Ainsi s’explique le temps de l’Avent : notre maître et thérapeute Jésus nous a appelés à voir venir, en nous arrêtant de courir ! Sa parole initiale se résume en ceci : «Confiance ! Stoppe ! Redémarre !» Et il nous apprend que notre effort retrouvera ensuite sa place et son poids, avec le temps…

Notre travail ne commence pas par lui-même : il est précédé d’une attente. Et ici le mot juste n’est pas «foi», mais précisément  «confiance» ! «Ta confiance t’a sauvé», dit-il. – Mais pas la confiance de faire n’importe quoi ou de se laisser bercer : plutôt une confiance vigilante et attentive.

Nous avons appris, ai-je écrit ici voici 15 jours, à respirer en expirant et rejetant les miasmes du passé. Aujourd’hui, nous apprenons encore à respirer en retenant notre souffle, en arrêtant notre essoufflement et notre effort. Stoppe ! Tiens tranquille ! Sens ton corps et mesure tes forces, car tu en auras besoin.

Et voilà qu’à l’heure de reprendre souffle, une naissance sera survenue, et ce sera ici mon prochain blog de Noël... D’ici là, ne dites plus que les protestants ont d’abord une éthique de l’effort et du travail, mais peut-être bien un certain sens de l’ascèse : se laisser arrêter, et corriger ses projets.

Si cette année qui commence par l’Avent doit être – pour vous lecteurs et pour moi rédacteur – un cheminement à travers les ressorts de notre économie et de nos métiers, laissez-la commencer par ce «sabbat» : on s’arrête pour tenir bon et saluer la vie ensemble. Rien de bon, en revanche, dans notre crispation sur des efforts de croissance, collectifs ou individuels !

Les régimes sociaux de notre monde développé continuent hélas de donner la priorité à l’effort professionnel, mais en même temps les régimes économiques donnent priorité aux machines automatiques et aux mécanismes sans personnel. Le lieu social de nos efforts se déplace…  

Alors quand et où aura-t-on besoin de nos efforts professionnels ? Retournez-vous, regardez d’où vous venez et où vous pourriez aller : le temps de tenir bon et de voir venir, ce temps de «l’Avent», fait partie de votre futur travail. Avant de faire, sachez être ! Avant d’opérer, sachez espérer !