Après l’immersion numérique, tu seras baptisée d’eau

Le monde triomphant du numérique
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Le monde triomphant du numérique
Le monde triomphant du numérique

Après l’immersion numérique, tu seras baptisée d’eau

3 avril 2020

À ma fille Esther

Ce dimanche tu devais être baptisée, selon la tradition de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud qui t’a accompagné. Avec des jeunes de la paroisse, vous vous étiez préparés, vous aviez imaginé un culte dans lequel vous alliez vous exprimer, une célébration qui allait porter votre empreinte. La famille élargie était conviée, pour la fête, ses rituels et ses symboles précieux, pour le repas qui suit, occasion de reconnaissance, de retrouvailles, de photos qui marquent. Tout cela est annulé pour les raisons que personne ne discute. Rien de grave, la crise que nous traversons l’est autrement plus.

 

Aujourd’hui c’est l’école qui te baptise dans le numérique

 

Dire que tu ne vis pas un baptême ces jours n’est pas exact. Tu vis le baptême du numérique. Quésaco ? C’est une immersion complète dans une planète de téléphonie et d’écrans. Je ne parle pas seulement de WhatsApp, Instagram et autre Snapshot qui t’accompagnaient sur ton smartphone avant la crise du Coronavirus. Mais ils étaient interdits dans l’enceinte de l’école, faisant du temps des cours, un moment à part. Aujourd’hui c’est juste le contraire qui se produit. C’est l’école qui te convoque devant l’ordi, t’invite à travailler, assimiler, interagir devant un écran, complété par ton téléphone portable qui remplace les chuchotements en classe. L’immersion est complète, elle est portée, légitimée par l’institution scolaire, qui n’est pas dupe des limites de l’exercice, tes parents non plus. La messe digitale est dite.

 

Nous vivons le moment de l’immersion, viendra le temps de l’émergence

 

Après l’immersion vient l’émergence. Après le confinement viendra la liberté de mouvement. Ce n’est pas seulement le Coronavirus qui nous le dit, c’est le mouvement même de tout passage, à commencer par le baptême chrétien, rite de passage millénaire. Dans ce cadre, l’immersion c’est la disparition de l’être mortel, sa purification dans l’eau. L’émergence c’est l’apparition d’un être de grâce, raccordé à une nouvelle source de vie. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le baptême numérique est un mal. Mais il est fait de deux moments. Nous vivons celui de l’immersion, il faut aussi émerger, retrouver des libertés, des relations que le numérique doit précisément nous inviter à trouver... s’il est bien conçu. C’est là que le baptême d’eau trouve son sens. Nous avons fait hier soir un zoom avec ton pasteur et tous les parents… pour chercher une nouvelle date pour le baptême. La volonté était unanime : baptisée d’eau tu le seras, en juin ou à l’automne.

 

Une versions spéciale du PassageGPS 

À toi ma fille, à toute la génération qui entre dans l'Alliance de vie, je dédie cette version du PassagesGPS, pour porter nos regards vers le moment de l’émergence : « Le baptême- Pâques 2020 »