Et si le conseil de la FEPS consultait avant de décider?

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Avant toute décision sur un sujet de cette importance, la FEPS devrait écouter le peuple des fidèles.
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Et si le conseil de la FEPS consultait avant de décider?

14 octobre 2019

Dans un communiqué de presse du 29 août dernier, la FEPS informait que son Conseil « a décidé de soutenir l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Par ailleurs, le Conseil a décidé de recommander aux Eglises membres de la Fédération de reprendre un éventuel élargissement de la notion civile de mariage aux couples de même sexe comme condition pour la célébration d’un mariage religieux. »

Dans son bref communiqué, le Conseil de la FEPS explique encore qu’en « juin 2019, l’Assemblée des délégués s’est accordée à dire que la diversité des orientations sexuelles est une expression de la plénitude de la Création divine » et que « la compréhension du mariage ne relève pas des affirmations fondamentales de la foi. » Et le communiqué de préciser encore que « La confession de foi chrétienne est le fondement solide qui permet différents points de vue et conceptions du mariage au sein de l’Eglise protestante. »

Nous espérons que les réflexions du Conseil de la FEPS ne se sont pas limitées à une « orientation sexuelle voulue par Dieu », mais nous pouvons affirmer qu’elles ne se sont pas arrêtées sur le problème civilisationnel — nous insistons sur cette dimension universelle hors Eglises — que représente le MARIAGE en tant que SYMBOLE D’AVENIR PAR LA FILIATION c’est-à-dire de la continuation de la vie par transmission. En effet, alors que les débats politiques, laïques, sur le sujet du mariage pour tous incluent toujours la problématique de la PMA voire de l’adoption — le communiqué précise que « la FEPS se positionnera ultérieurement sur les questions d’adoption et d’accès à la médecine reproductive ». Autrement dit, la FEPS est favorable au changement de la nature du mariage et réfléchira plus tard à la raison d’être de cette institution vieille comme le monde.

Outre l’apparente légèreté avec laquelle le Conseil de la FEPS a pris sa décision, on ne peut que relever L’INSOUCIANCE FRATERNELLE dont il a fait preuve. Dans son communiqué, il relève bien — nous l’avons cité plus haut — qu’il y a « différents points de vue et conception du mariage au sein de l’Eglise protestante ». On aurait donc attendu de la FEPS que, sur un sujet qui a déjà montré à plusieurs reprises sa nature clivante au sein des Eglises, elle prenne d’abord langue avec ses membres et les incite à ouvrir un large débat en leur sein. C’est à cette condition seulement que les délégués pourraient transmettre une volonté de leur Eglise. Le sujet est d’autant plus délicat qu’au sein de l’Eglise, les avis théologiques varient au sujet même de la définition du mariage. On l’a vécu douloureusement dans l’EERV lors de l’introduction du rite de la célébration pour les couples « partenariés ». L’EERV n’est pas encore remise d’ailleurs de ce clivage.

Dans le communiqué du 29 août, la FEPS marque un manque inquiétant de respect pour les sensibilités théologiques de ses membres. Certes, la décision définitive sur le sujet doit être prise par l’assemblée des délégués, le 4 novembre. Mais qui pourrait prétendre que le temps écoulé entre le communiqué du 29 août et une séance fixée au 4 novembre permettait aux Eglises membres d’organiser un débat sérieux et « démocratique » auprès de leurs paroisses et de tous leurs fidèles ? Le débat politique qui, sur le plan fédéral, est encore en cours et débouchera sur une modification légale, voire constitutionnelle, permettra, par le biais d’un référendum facultatif ou obligatoire, de connaître la volonté réelle des citoyens. C’est de la vraie démocratie. La FEPS ignore la démocratie directe, c’est donc avant toute décision qu’elle doit, sur un sujet de cette importance dont les conséquences ne sont pas encore mesurées, donner à ses membres le temps de consulter largement le peuple des fidèles.

Il est encore temps pour la FEPS de renvoyer la décision du 4 novembre !