Saint Jean-Baptiste, un homme d’exception

© Titien, Wikimedia commons
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Jean-Baptiste de Titien dans le désert
© Titien, Wikimedia commons
Vaud

Saint Jean-Baptiste, un homme d’exception

Par szanou
26 mai 2020
Humilité
Après de longs mois de confinement, ces premiers jours de juin coïncident avec la reprise annoncée de nos activités sociales et religieuses. Et si la figure de saint Jean-Baptiste, fêté le 24 juin, nous aidait à nous recentrer sur l’essentiel?

La tradition réformée accorde peu d’attention à la fête de saint Jean-Baptiste et ne promulgue pas de jours fériés à cette occasion. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Il ne faudrait pourtant pas oublier qu’une telle fête a marqué l’histoire de l’Église pendant des siècles et que la figure de saint Jean-Baptiste occupe une grande place dans le cœur des croyants. Non seulement il est le précurseur du Christ, mais il est en plus le premier à être cité dans ce que l’on appelle «La Litanie des Saints» dans l’Église catholique, juste après la Vierge Marie et les anges. C’est dire la place de choix qu’il a occupée et occupe dans la spiritualité chrétienne, 

Alors pourquoi s’intéresser à ce saint homme? Son histoire n’est pas méconnue: en effet, il n’est aucun autre saint dont l’histoire est autant racontée dans l’Écriture. L’évangéliste Luc relate sa conception, sa naissance et même sa circoncision. On le retrouve ensuite au Jourdain en train de baptiser; et ses dialogues avec ses disciples et les pharisiens sont largement exposés dans le 4e Évangile. Enfin sa mort sordide, attendue et pourtant cruelle, nous est racontée avec menus détails, elle aussi. 

On ne saurait passer sous silence sa personne sans être infidèle à l’Écriture. Jean-Baptiste est un grand homme, et c’est un fait. Il est le précurseur du Christ, et cela doit être souligné: enfant de la promesse pour le vieux couple de Zaccharie et Elisabeth, Jean-Baptiste vient clore la première alliance et ouvrir tout l’espace à Celui dont il n’est même pas digne de délier la sandale des pieds. Son ministère consiste à indiquer du doigt la direction du Ciel et conduire ainsi les gens au Christ. Ce lien est particulièrement remarqué lorsque Jean-Baptiste déclare à ses disciples: «Il faut qu’Il grandisse et que moi je diminue» Jean 3,30. 

On comprendra dès lors pourquoi la fête du précurseur se situe au moment de l’année où le soleil commence sa décroissance, alors que la naissance du Sauveur, à Noël, fait écho à la victoire du soleil sur la nuit. Il est commun de fixer la fête d’un saint à partir de la date de sa mort; or, ici c’est sa naissance qui est saluée. Et elle intervient le 24 juin, six mois jour pour jour après la naissance du Christ le 25 décembre, selon le calendrier romain qui fixe ces fêtes au huitième jour des calendes de janvier et de juillet. 

Le pasteur et croyant que je suis est touché par cette figure: son témoignage de vie et ses paroles inspirent confiance et invitent à l’humilité. Au moment de reprendre la vie après une longue période de confinement forcé, nous sommes nombreux à vouloir autre chose et autrement. Et cela est bien ainsi. La tendance à vivre plus simplement pourrait s’inspirer de ces témoignages de saint Jean-Baptiste et inviter chacun à une retenue et une humilité qui fait vivre l’Autre. Et plus que l’amour du prochain, c’est l’honneur et la gloire dus au Christ qui sera au centre: pour que Lui seul soit élevé en fin de compte! 

Sandro Restauri, pasteur à Saint- Prex – Lussy – Vufflens