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Jésus aurait refusé de guérir un malade pour ne pas créer de précédent

Selon une nouvelle source, Jésus aurait refusé de guérir un malade / Photo par Josie Stephens
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Selon une nouvelle source, Jésus aurait refusé de guérir un malade
Photo par Josie Stephens

Jésus aurait refusé de guérir un malade pour ne pas créer de précédent

6 juin 2022

Les recherches historiques récentes identifient une nouvelle source derrière la rédaction des évangiles canoniques. Baptisée Source I, elle présente un Jésus au visage beaucoup plus institutionnel, que ses disciples auraient cherché à corriger par la suite.

Un chercheur danois dévoile un manuscrit très ancien, extrêmement bien conservé. Retrouvé rigoureusement classé dans le tiroir d'un bureau romain du Ie s., il n'aurait probablement jamais été lu après son archivage, ce qui explique à la fois son excellent état, et son absence d'influence sur la tradition chrétienne.

Une guérison refusée

Ce manuscrit bouleverse les représentations du Christ basées sur les seules sources canoniques. On le voit par exemple au début de son ministère refuser de guérir un malade pour ne pas créer d'injustice par rapport à celles et ceux qu'il ne guérirait pas:

"Ainsi je vous le dit, si je guéris celui-ci, qu'adviendra-t-il des autres? Que me reprochera-t-on? Le fils de l'homme peut-il faire preuve de favoritisme? En vérité, il vaut mieux n'en guérir aucun." (I, 12)

Jésus semble élaborer la compréhension de son appel propre sur la base de la figure du Législateur. Pour poser les fondations d'une religion sérieuse, solide et durable, il la souhaite irréprochable et égalitaire dès le début. Pas de traitement de faveur, pas de cas par cas. Chaque situation doit pouvoir être traitée sur la base de règlements écrits, applicables à toutes et tous.

"L'homme fait des projets"

Dans la Source I, le récit de l'envoi des 72 disciples montre Jésus les répartir en 6 commissions de travail, chacune constituée d'une équipe pluridisciplinaire de 12 experts. Leur mandat est de mettre en place un plan d'action détaillé pour "le millénium", les 1'000 premières années de sa nouvelle religion. "L'homme fait des projets", explique Jésus en citant les proverbes, "et s'ils sont suffisamment bien argumentés l'Éternel les bénit".

Le plan millénal devait être accompagné d'un processus qualité complet, intégral, qui puisse anticiper toute situation et proposer à l'avance un règlement d'arbitrage. "Ainsi quand bien même je mourrais, je serais toujours avec vous."

Malheureusement, les disciples réalisèrent bien vite que "si on les écrivait en détail, le monde même ne pourrait contenir les livres qu'on écrirait."

Un homme trop fragile

Comment expliquer l'image de Jésus que l'on connaît des évangiles canoniques? Les chercheurs pensent que le jeune charpentier, inexpérimenté, et peut-être en manque de fermeté intérieure, aurait failli à sa propre discipline. Incapable de brider ses "entrailles de compassion", il aurait par moment abandonné certains de ses principes universalistes pour simplement se centrer sur la personne présente devant lui, et lui offrir la libération à laquelle elle aspirait.

Malgré de sévères recommandations à ses disciples de ne rien dire à personne de ces moments de faiblesse, c'est ce visage du Nazaréen qui aurait fuité. Mystérieusement, ce sont les actes de libération concrets, et les paroles prononcées dans ces contextes, qui ont eu le plus d'impact dans la vie et les mémoires de son entourage. Plus que les règlements et procédures.

La Source I promet encore bien des révélations, que nous ne manquerons de documenter au fur et à mesure que les historiens progressent dans leur travail de traduction et reconstitution.