À Bâle, les protestants d’Europe parlent d’«être Église ensemble»

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L’assemblée générale se rencontre dans la nef de la cathédrale de Bâle
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À Bâle, les protestants d’Europe parlent d’«être Église ensemble»

14 septembre 2018
Jusqu’à mardi, les Églises signataires de la Concorde de Leuenberg, représentant 50 millions de protestants, se rencontrent dans la ville rhénane.

Approfondir leur communion, promouvoir l’unité des chrétiens et servir la société. Tels sont les trois objectifs qui seront discutés jusqu’à mardi dans la cathédrale de Bâle par la 8e assemblée générale de la Communion des Églises protestantes d’Europe (CEPE). Chacun de ces thèmes est développé en cinq ou six mesures présentées dans un document titré «être Église ensemble» et présenté lors de la première journée de la rencontre, jeudi 13 septembre.

«Contrairement au 1er concile de Bâle nous avons prévu d’avoir d’autres activités durant les années à venir», a ironisé Gottfried Locher, président de la CEPE (et également président du Conseil de la Fédération des Églises protestantes de Suisse – FEPS), faisant référence au Concile de Bâle, qui s’est déroulé dans les mêmes lieux et qui a duré près de 18 ans entre 1431 et 1449, avant la Réforme. Cette session prendra en effet fin mardi 18 septembre et les rencontres ont lieu tous les six ans. Le public est invité à se joindre à la journée du dimanche.

Un projet de résolution pour cadrer les débats

Le document «être Église ensemble» qui devrait être amendé puis adopté durant les six jours a pour vocation de servir de fil rouge aux débats. «Ceux qui ont déjà l’expérience des années précédentes savent qu’il est facile d’accumuler les bonnes idées dont il est ensuite difficile de faire quelque chose pour le comité», a expliqué Gottfried Locher.

Les trois objectifs sont directement inspirés par la Concorde de Leuenberg, le document signé par toutes les Églises membres de la CEPE. Cette déclaration de 1973 reconnaît «que les Églises peuvent différer puisqu’elles se basent sur l’Évangile comme fondement commun. Ce qui a l’air simple avait des conséquences étendues: ainsi un pasteur luthérien peut par exemple exercer dans une Église réformée ou une pasteure française diriger une paroisse en Allemagne», explique le site de la communion.

Les mesures sont, quant à elles, liées aux différents groupes de travail dans lesquels seront discutées les conclusions des différentes commissions ayant préparé l’assemblée générale en travaillant des thèmes tels que la pluralité des religions, la formation en vue du ministère pastoral ou l’éthique en médecine reproductive. Durant l’assemblée, les présentations de résultats en réunion plénière alterneront avec les moments où l’assemblée se séparera en différents groupes de travail thématiques.

Fragilité politique inquiétante

Les premières heures de la rencontre ont toutefois été consacrées à la présentation des rapports des différents organes de la Communion. Plusieurs se sont inquiétés de la fragilisation politique de l’Europe, réaffirmant la nécessité pour les Églises de proclamer leur engagement pour l’unité au sein de la société. Cette crainte a notamment été mentionnée, vendredi matin, par le secrétaire général sortant de l’organisation, Michael Bünker. Sa dernière intervention a été saluée par une standing ovation. Il est remplacé par Mario Fischer, pasteur de l’Église protestante de Hesse et Nassau en Allemagne.

Jeudi, l’Église évangélique luthérienne lettone à l’étranger est devenue la 108e signataire de la Concorde de Leuenberg, devenant ainsi membre de la CEPE. En raison de fusions d’Églises, la CEPE ne compte de fait aujourd’hui que 94 membres. Des Églises luthériennes, méthodistes, réformées et unies de plus de 30 pays d’Europe et d’Amérique du Sud représentant plus de 50 millions de protestants

Un événement spirituel

Les rencontres plénières ont lieu dans la nef même de la cathédrale de Bâle. De longues tablées ont été installées pour accueillir les quelque 80 délégués présents. Une quarantaine d’invités, d’observateur et de membres du personnel de la CPCE sont également présents, encadrés par une vingtaine de jeunes «stewards» venus de toute l’Europe. «Le Conseil de l’Église réformée de Bâle-Ville a mis la cathédrale à disposition, car il est convaincu que lorsque des Églises entrent en communion les unes avec les autres, c’est un événement spirituel. Une telle rencontre a sa place dans une église. C’est pourquoi nous nous rencontrons dans une maison de prière et non dans un centre de conférence.»