Faute d’église, des funérailles en pleine rue

Capture d’écran d’une vidéo publiée sur Facebook
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Funérailles en pleine rue d’un homme de 68 ans
Capture d’écran d’une vidéo publiée sur Facebook

Faute d’église, des funérailles en pleine rue

9 octobre 2018
Egypte
Les chrétiens coptes dans diverses localités en Égypte se sont retrouvés sans autre choix que de tenir des funérailles dans les rues parce que leurs églises ont été fermées.

Le site d’informations copte, Watani, relayé par le «World Watch Monitor» rapporte au sujet de funérailles qui se sont déroulées en pleine rue début septembre dans le village de Dimshau Hashim, dans le gouvernorat de Minya. Dans cette région, les habitations de croyants coptes ont fait l’objet d’attaque par une foule opposée aux réunions de prières de cette confession. Faute d’église dans le village la communauté avait décidé de se retrouver au domicile d’un des fidèles.

Ainsi, le 6 septembre, les funérailles d’un homme copte de 68 ans se sont déroulées en pleine rue avec un important dispositif de sécurité.

D’après une source locale de «World Watch Monitor», au même moment, les funérailles d’une femme copte ont eu lieu, à Abu Greer, dans la rue également. Dans les environs de ce village situé à l’est de Dimshau Hashim, il n’y a pas non plus d’église.

De même, dans le village de Qasr Haidar, dans le gouvernorat d’Assiout, des coptes ont tenu, le 31 août, des funérailles de rue après que l’église du village a été fermée à la suite de protestations de musulmans. Dans le même gouvernorat, le service funèbre d’un homme copte s’est déroulé à l’extérieur de l’Église St-Moïse dans la ville de Dairout. L’église avait été fermée 20 ans auparavant, et depuis, la communauté chrétienne n’a pas pu obtenir un permis pour la rouvrir.

Les coptes refusent la «séance de réconciliation»

Le 31 août, un service religieux qui se déroulait dans un domicile a été interrompu à Dimshau Hashim. Les attaques contre les maisons appartenant à des coptes ont conduit à l’arrestation de 19 musulmans. La communauté copte a alors été invitée à une «séance de réconciliation» avec des responsables musulmans locaux, mais la communauté a refusé cette invitation rapporte Watani.

Selon l’évêque Macarius de Minya, les séances de telles séances de réconciliation «ont souvent pour effet de remettre en cause la protection légitime et honorable mise en place pour sauvegarder les droits des citoyens chrétiens.»

Activiste pour les droits humains local, Ezzat Ibrahim, considère que ce type de réconciliation sont perçues comme un «feu vert pour recommencer les mêmes attaques et accroître l’extrémisme.» Il a fat fait appel au gouverneur de Minya pour faire en sorte que ces séances ne deviennent pas une alternative aux poursuites criminelles.

Watani écrit que la communauté copte de Dimshau Hashim a jeûné durant 3 jours afin de prier pour la paix dans le village.