Les minorités s’imposent au Conseil synodal des Églises réformées Berne-Jura-Soleure

©Marie Destraz / Protestinfo
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De gauche à droite: Jean-Marc Schmid, président du synode et les conseillers synodaux Ulrich Burkhalter, Claudia Hubacher, Philippe Kneubühler, Andreas Zeller (président), Judith Pörksen Roder, Iwan Schulthess, Roland Stach
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Les minorités s’imposent au Conseil synodal des Églises réformées Berne-Jura-Soleure

7 novembre 2018
Synode
Les délégués des Églises réformées Berne-Jura-Soleure se sont réunis mercredi à Berne, pour un Synode constitutif pour la nouvelle législature 2018-2022. L’organe délibérant a notamment nommé son Bureau et le Conseil synodal. Les candidats francophones et les femmes ont fait l’unanimité.

À main levée ou à bulletin secret, les 200 délégués du Synode (organe délibérant) des Églises réformées Berne-Jura-Soleure ont passé la matinée à voter. Réunis le 7 novembre à Berne pour la première session de la législature 2018-2022, ils ont élu de multiples instances de l’Église, dont le Bureau du Synode et le Conseil synodal (exécutif). Résultats: parmi les sept sages, on compte six ministres, deux femmes, un francophone et trois nouveaux élus.

Une confiance renouvelée

Huit candidats ont été présentés sur les sept éligibles à l’exécutif. Chacune des six fractions du Synode a eu à cœur de présenter ses candidats en rappelant l’importance de la représentativité théologique. La Fraction des indépendants présentait deux candidates, l’unique laïque sortante et une nouvelle ministre. «Les femmes représentent pas moins de la moitié du corps pastoral et sont très présentes chez les bénévoles. Cette réalité doit être reflétée au Conseil synodal. Nous défendons notre fraction, mais aussi l’intérêt des femmes», a expliqué la déléguée Marlis Camenisch.

Les élections se sont déroulées sans surprise et avec de larges majorités. Le Synode a renouvelé sa confiance aux quatre conseillers synodaux sortants. Le président du Conseil synodal de la Fraction libérale, Andreas Zeller, est réélu avec 143 voix. En poste depuis neuf ans, ce ministre âgé de 63 ans ne terminera pas la législature. Les 179 votants ont confirmé les trois membres en place: Iwan Schulthess (121 voix) de la Fraction des positifs, Roland Stach (151 voix) de la Fraction libérale et Claudia Hubacher-Eggler (164 voix) de la Fraction des indépendants et seule laïque de l’exécutif.

À leurs côtés, Judith Pörksen Roder, de la Fraction des indépendants (131 voix) et Ulrich Burkhalter, de la Fraction du centre font leur entrée au Conseil synodal. Avec 176 voix, Philippe Kneubühler, de la Fraction jurassienne, devient le nouveau membre francophone du Conseil synodal.

Un francophone qui fait l’unanimité

«Cette élection me va droit au cœur. Avec trois abstentions et aucune opposition à ma candidature, c’est une preuve de confiance massive qui me donne une assise et de l’énergie pour le travail à faire», livre Philippe Kneubühler. Ce pasteur de 54 ans siège depuis une vingtaine d’années au Synode, qu’il a même présidé. Dans son Jura natal, il est pasteur du syndicat de paroisses Par8 à Tramelan. Il est aussi membre du Comité de la Pastorale bernoise, qui représente les intérêts des pasteurs, depuis 2013. Fraîchement élu à l’exécutif, le ministre avoue son intérêt pour la structure de l’institution «dont nous avons besoin. Je veux mettre du cœur, de l’enthousiasme, de la sérénité pour qu’elle fonctionne bien et pour relever les défis contemporains». Au cœur des défis de cette nouvelle législature, il y a les aménagements légaux et adaptations nécessaires à la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur les Églises nationales bernoises (réformée, catholique romaine, catholique chrétienne). Pour rappel, en 2020, ces Églises deviendront les employeurs des ministres du Culte. Ceux-ci sont actuellement employés par le canton. «Il faudra tout faire pour que les débats sur ce transfert de l’État à l’Église se passent au mieux, apaiser les tensions, supprimer les peurs et promouvoir le dialogue.» Pour ce francophone, il faudra aussi travailler sur les relations avec les germanophones. «La collaboration n’est pas une évidence. Elle n’est jamais acquise, mais continuellement à regagner. Il y a un potentiel d’enrichissement en allant à la rencontre les uns des autres.»

Plus généralement, il y a un travail à faire sur la communication vers l’extérieur. «Il faut changer l’image poussiéreuse de l’Église, montrer qu’elle est ouverte, vive et engagée dans des sujets de société et politique. Dans une période de diminution de tout, il est essentiel de rester en accord avec ses valeurs, de vivre l’Évangile en fonction de ses moyens et de façon renouvelée. En tant que membre du Conseil synodal, il ne s’agit pas de dire ce qu’il faut faire, mais d’accompagner les idées, les projets novateurs qui s’inscrivent dans la mouvance de l’Évangile.»

Ce matin, la session s’est ouverte avec une minute de silence, en mémoire de Lucien Boder, conseiller synodal francophone décédé cet été. «J’entre dans une succession particulière. Lucien Boder était une personne importante et influente. Je veux suivre ses pas, sans marcher dans son ombre et avec le respect pour ce qu’il a fait et le regret qu’il ne m’accompagne pas», confie Philippe Kneubühler.

Eléctions à la pelle

Le Synode a également nommé un nouveau président du Synode, le Jurassien Jean-Marc Schmid. Christian Cappis est élu vice-président. Andreas U. Schmidt est nommé secrétaire germanophone du Synode, accompagné de Marc Balz, en tant que secrétaire francophone. Douze scrutateurs ont aussi été élus, ainsi que les membres des Commissions d’examen, de gestion, des finances, du Synode de réflexion et de recours, sans oublier les neuf délégués à l’Assemblée des délégués de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS). La session s’est terminée par un culte d’installation, à la collégiale de Berne.

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Marie Destraz / Protestinfo