Décès du théologien genevois Henry Babel

CC (by-sa)
i
Henry Babel
CC (by-sa)

Décès du théologien genevois Henry Babel

20 février 2019
Le théologien et pasteur libéral genevois Henry Babel s’est éteint le 15 février dernier à l’âge de 95 ans.

Né le 26 avril 1923 à Genève, c’est dans cette même cité de Calvin qu’il étudie la théologie dans les années 1940, avant de partir pour l’Université de Cambridge, en Angleterre. En Afrique, il rencontre notamment le théologien et médecin Albert Schweizer. Henry Babel a exercé son ministère pastoral dans les paroisses genevoises de Pregny-Chambésy, du Grand-Saconnex et de Vandoeuvres avant d’être appelé par l’Église française d’Utrecht aux Pays-Bas. En 1962, il devient le pasteur de la cathédrale Saint-Pierre à Genève. Il en sera le titulaire jusqu’en 1997.

Le théologien cumule les titres: docteur en théologie de l’Université royale de Leyde aux Pays-Bas, Docteur honoris causa de l’Université de Chicago et professeur à Northewestern University à Evanston aux États-Unis pour y enseigner la théologie scientifique. Président-fondateur du Comité consultatif des religions créé à Genève en 1968 à l’occasion de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne, il était aussi membre de l’Académie de Dijon. Henry Babel a signé une trentaine d’ouvrages portant sur la religion, dont «La théologie de l’énergie», édité pour la troisième fois en 2004 dans lequel il réconcilie foi et raison.

Un orateur hors pair

«Henry Babel était un grand maître de la parole, un orateur de premier plan. Il savait utiliser la cathédrale comme un instrument de musique», lâche ému, Vincent Schmid, pasteur genevois retraité. Ce dernier a été non seulement son successeur à la cathédrale Saint-Pierre, mais également son seul stagiaire. «Henry Babel était convaincu que le protestantisme n’était jamais aussi grand que lorsqu’il sortait de ses murs», ajoute Vincent Schmid.

Le théologien et pasteur était dans le sillage des grands protestants libéraux comme Albert Schweitzer ou Georges Marchal. «Il représentait un protestantisme des Lumières, en dialogue avec la raison, la science et la philosophie de son temps. Il avait le souci de pouvoir apporter une parole significative et accessible à tous. Henry Babel était une sacrée figure, avec qui les relations n’étaient pas toujours simples, souvent critiqué, mais il était un artiste dans sa manière de servir la parole», se rappelle Vincent Schmid.

Service funèbre

Les obsèques d’Henry Babel auront lieu jeudi 21 février à 14h à la cathédrale Saint-Pierre à Genève. Ils seront présidés par Olivier Fatio, Bernard Buunk et Emmanuel Rolland.