Les Églises réformées ne veulent pas s’entendre sur l’islam

Pixabay
i
Face à la question de l'islam, les Églises réformées préfèrent maintenir leurs désaccords.
Pixabay

Les Églises réformées ne veulent pas s’entendre sur l’islam

L’Église réformée du canton de Fribourg en appelle à une charte commune des Églises réformées romandes sur la question de l’islam, afin de mieux encadrer les prises de position de ses membres.

«Il y a une actualité récurrente: l’islam et les communautés musulmanes en Suisse. Nous avons besoin de fixer un cadre dans lequel évolueraient nos employés», a insisté Martin Burkhard, de l’Église évangélique réformée de Fribourg (EERF), lors de la 43e Assemblée générale de la Conférence des Églises réformées romandes (CER) tenue ce samedi à Morges. Le conseiller synodal se faisait alors le porte-voix de l’interpellation parlementaire posée par l’Organe exécutif de l’EERF, réclamant une charte commune aux Églises réformées «qui exprime les grandes lignes de la relation que nous souhaitons avec le monde musulman».

Impossible concordance

La proposition fribourgeoise n’a pas manqué de susciter un vif débat, chaque représentant  cantonal y allant de son propre avis sur la question. D’emblée, Xavier Paillard, président du Conseil exécutif de la CER, a rappelé que «le rôle de la CER n’est pas de prendre position» sur ces questions qui relèvent des Églises au niveau cantonal. Le Vaudois «doute aussi qu’il soit possible de communiquer de la même manière dans tous les cantons», quand par exemple Vaud étudie la demande de reconnaissance de l’Union vaudoise des associations musulmanes, alors qu’à Genève, «la loi sur la laïcité fait émerger d’autres complexités dont vous n’avez même pas idée», réagit à son tour Emmanuel Fuchs, président de l’Eglise protestante de Genève. Ce dernier en appelle plutôt à «un débat de fond et à huis clos».

Joëlle Walther, représentante également de l’EPG, estime, quant à elle, que le périmètre de discussion est mal défini: une telle charte devrait alors également être discutée avec les autres chrétiens».

Du côté des Neuchâtelois, le conseiller synodal Adrien Bridel exprime sa «crainte qu’un tel document ne fasse davantage de pub au livre» L’islam conquérant de Shafique Keshavjee, sujet d’une virulente polémique en milieu réformé.

L’exercice de concertation souhaité par les Fribourgeois n’est d’ailleurs pas sans lien avec cette controverse, qui a divisé les protestants. La proposition n’en a pas moins été clairement déclarée nulle et non advenue.