Les minorités sur le trône

© Marie Destraz
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Les délégués était réunis en synode d'été les 20 et 21 mai à Berne.
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Les minorités sur le trône

Réunis en synode les 20 et 21 mai à Berne, les délégués des Églises réformées de Berne – Jura – Soleure ont décidé de la composition de leur délégation à la future Église réformée de Suisse (EERS). La diversité linguistique, générationnelle et de genre sera désormais garantie pour une meilleure force de frappe.

Pour défendre leurs intérêts au sein de la nouvelle Église évangélique réformée de Suisse (EERS), qui remplacera l’actuelle Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) au 1er janvier 2020, les Églises réformées de Berne – Jura – Soleure (BEJUSO) disposeront d’une délégation de quatorze personnes, soit cinq de plus qu’aujourd’hui. La représentation est désormais basée sur le nombre de paroissiens, comme le stipule la nouvelle constitution de l’EERS validée par les Églises membres. Une aubaine pour les Églises BEJUSO dont la voix pèsera lourd dans les décisions stratégiques prises au sein de l’EERS. Il ne restait plus qu’à choisir le profil des élus qui siégeront sur les trônes tant convoités. C’est la tâche à laquelle se sont notamment attelés les délégués des Églises BEJUSO réunis en synode d’été les 20 et 21 mai à Berne.

Une diversité percutante

Le Conseil synodal (exécutif) voulait une délégation percutante. Il a donc joué la carte de la diversité en proposant une équipe équilibrée en termes de sexes et de générations, composée d’au moins deux membres francophones, et ouverte aux membres hors synode. L’exécutif ne s’est pas laissé sur le banc de touche s’octroyant quatre sièges, arguant que tous les exécutifs étaient largement représentés au sein de toutes les délégations de l’EERS. La tactique a payé, les délégués ont massivement accepté l’offre qui leur était servie sur un plateau, avec pour seule modification la garantie d’une représentation équilibrée des sexes et des générations.

Si la décision a réjoui l’assemblée, elle n’en était pas moins stratégique. Avec quatorze membres, les Églises BEJUSO pèseront lourd dans les débats et décisions prises au sein du synode national de l’EERS. Dans les joutes verbales à venir, les sièges francophones sont un argument de taille. «Les Églises BEJUSO font partie du concordat des Églises alémaniques et de la conférence des Églises réformées romandes (CER), mais les alliances se font surtout avec les Romands», explique Philippe Kneubühler, conseiller synodal jurassien. «Les Églises alémaniques comptent sur nous pour créer des ponts avec les Églises romandes. Notre proximité géographique, historique et le bilinguisme vécu dans notre Église sont un avantage», ajoute Andreas Zeller, président des Églises BEJUSO.

Et c’est sans compter l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les Églises bernoises qui fera dès 2020 des Églises BEJUSO un employeur, à la décharge de l’État, les rapprochant un peu plus des réalités romandes.

Règlement quand tu nous tiens

Lors du synode d’été, les délégués ont également approuvé des comptes 2018 présentant un excédent de recettes de 1'100'905.79 fr., lié à la diminution des charges. Une somme qui sera allouée au capital propre des Églises. Les délégués ont poursuivi la révision du règlement ecclésiastique, en vue de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les Églises bernoises en janvier 2020.