Établir ensemble les objectifs de la future Église réformée de Suisse

© Laurence Villoz
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L'église réformée de Winterthur.
© Laurence Villoz

Établir ensemble les objectifs de la future Église réformée de Suisse

Plutôt que de se baser sur la proposition de l’exécutif, les délégués de la Fédération des Églises protestantes de Suisse ont affirmé leur volonté de définir tous ensemble les objectifs de législature.

Le 1er janvier 2020 la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) ne sera plus une organisation faîtière mais une Église: L’Église évangélique réformée de Suisse (EERS). Une transformation qu’on doit à la nouvelle Constitution acceptée par les délégués de la FEPS en décembre 2018. Réunis en assemblée du 16 au 18 juin à Winterthur, les délégués auraient dû, entre autres, prendre connaissance des objectifs de législature 2019 à 2022 proposés par le Conseil de la FEPS. Or, ils ont décidé, dimanche après-midi, de radier ce point de l’ordre du jour.

«Nous ne comprenons pas qui le Conseil veut diriger avec ce document. Nous ressentons une hiérarchisation du haut vers le bas, alors qu’il s’agit d’organiser la direction tous ensemble», explique Christoph Weber-Berg, porteur de la proposition de suppression. Le document a également suscité des critiques de la part de la Commission d’examen de la gestion (CEG) qui soulignait dans son rapport «un programme beaucoup trop important» avec ses 14 objectifs et ses 52 mesures, un flou dans les priorités ainsi qu’un manque de précision «sur l’intention et la manière dont le Conseil souhaite mener à bien ces tâches».

Le malaise des délégués

«Nous avons émis un certain nombre de critiques, mais pas de supprimer ce point. Comment le Conseil pourrait-il savoir nos critiques si nous refusons la discussion?», réagit Myriam Karlström, au nom de la CEG. «Le problème réside dans le fait qu’on ne peut pas voter, on nous demande de prendre acte. Est-ce que nous voulons vraiment nous lancer dans la nouvelle EERS avec ce document qui ne nous donne pas satisfaction?», questionne Michel Müller de la délégation zurichoise soulignant qu’il ne s’agit pas d’un rapport de force. «Pourquoi ne peut-on pas d’abord discuter des champs d’action? Nous ne savons pas quoi faire avec ce document», ajoute Andreas Zeller, membre de la délégation des Églises de Berne-Jura-Soleure.

Le point a donc été radié de l’ordre du jour par 40 voix contre 22 et deux abstentions. «Ce n’était absolument pas l’intention du Conseil que de faire du «top-down», mais je comprends le malaise. Les objectifs proposés étaient transitoires et le Conseil a fait comme il l’a toujours fait. Nous pensions que la période intermédiaire liée à la nouvelle Constitution allait durer plus longtemps, mais les délégués ont la volonté d’avancer plus vite en étant directement inclus et ils ont raison. Nous sommes sur la bonne route», constate Gottfried Locher, président du Conseil de la FEPS qui projette de mettre en place plus rapidement que prévu des groupes de travail pour définir les champs d’action de la future EERS. Jusqu’au mardi 18 juin, les délégués se pencheront sur différentes thématiques notamment les finances, la diaconie ainsi que la position des Églises réformées sur les questions de famille, mariage et partenariat.