Itinéraire spirituel à la cathédrale

© Le désespoir de Job, aquarelle de William Blake, 1805
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Le livre de Job questionne sur les raisons de faire confiance à Dieu lorsque la vie paraît injuste.
© Le désespoir de Job, aquarelle de William Blake, 1805

Itinéraire spirituel à la cathédrale

Théologie
La paroisse Saint-Pierre-Fusterie propose une série de cultes en lien avec la souffrance durant le temps de carême et de Pâques. Le théologien Antoine Nouis et le rabbin François Garaï prêcheront tous deux.

Cette série, intitulée «De Job à Jésus-Christ», aura lieu à la cathédrale Saint-Pierre les dimanches matin, du 8 mars au 12 avril, ainsi que Vendredi-Saint. Ces sept cultes amèneront vers la profondeur de l’existence humaine, vers les épreuves les plus difficiles, le sentiment d’abandon, la perte ou la solitude. Le livre de Job questionne sur ce qui nous reste quand nous avons tout perdu et sur les raisons de faire confiance à Dieu lorsque la vie paraît injuste. Deux invités de marque se sont vu confier le commentaire des Écritures. Le théologien français Antoine Nouis (lire son interview en «Der» de ce journal) prêchera sur le thème «Dieu incroyable ». La réponse de Dieu à Job – qui es-tu pour demander des comptes, pour juger ce qui arrive – est-elle crédible?

«Nous sommes heureux et fiers que François Garaï ait accepté notre invitation»

Le dimanche 15 mars, François Garaï, rabbin de la Communauté juive libérale de Genève, établira un parallèle entre la figure de Job et la Shoah.

S’il a déjà régulièrement pris la parole dans la cathédrale ces dernières années – la première fois en 1998 au moment de l’hommage rendu aux victimes du vol Swissair 111 et désormais chaque année à l’occasion du culte de l’Escalade –, c’est la première fois qu’il le fera dans le cadre d’un culte du dimanche matin.

«François Garaï est un partenaire incontournable dans le dialogue avec le judaïsme tant les liens entre nous sont faits d’échanges stimulants et de confiance fraternelle. Nous sommes très heureux et très fiers qu’il ait accepté notre invitation», précise Emmanuel Rolland, l’un des coordinateurs de cette série. François Garaï se réjouit particulièrement de cette invitation: «Je la vis comme une grande ouverture de la part de la paroisse protestante. M’inviter à m’adresser aux protestants au sein de la cathédrale est une marque de confiance, pas envers moi en tant que personne, mais dans le dialogue interreligieux. C’est un bel exemple de l’interreligieux à Genève.» Le rabbin de la Communauté juive libérale de Genève est, depuis longtemps, très impliqué dans le dialogue interreligieux à Genève: «Cela me tient effectivement très à cœur. De nos jours, alors qu’il y a quelquefois une certaine crispation dans le domaine religieux, c’est d’autant plus important d’entretenir des relations et interactions avec les autres expériences religieuses. Cette invitation de la paroisse Saint-Pierre montre leur foi dans le fait que l’interreligieux peut apporter beaucoup aujourd’hui.»

Côté pratique 

Les dimanches à 10h à la cathédrale Saint-Pierre.

8 mars: «Aimer Dieu pour rien?», avec Emmanuel Fuchs.

15 mars: «Quand le malheur frappe», avec François Garaï.

22 mars: «Dieu incroyable», avec Antoine Nouis.

29 mars: «Voir Dieu… Vraiment?», avec Marc Pernot.

5 avril: «De Job à Jésus-Christ», avec Sandrine Landeau et Emmanuel Rolland.

10 avril (Vendredi-Saint): «Dépouillement», avec Emmanuel Fuchs.

12 avril: «Mon rédempteur est vivant», avec Emmanuel Rolland.