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(c) All Saints Anglican church in Vevey
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(c) All Saints Anglican church in Vevey

Les anglicans et catholiques-chrétiens vaudois célèbrent leur reconnaissance d’intérêt public

1 septembre 2026
 
4 min de lecture
Le 2 septembre, la Fédération des Églises anglicane et catholique-chrétienne dans le canton de Vaud fête officiellement sa reconnaissance. Qu’est-ce que ça change concrètement ? On fait le point avec deux de ses membres.

Première communauté à avoir déposé une demande officielle en 2016, la Fédération des Églises anglicane et catholique-chrétienne du canton de Vaud (FACCV) a obtenu sa reconnaissance d’intérêt public en mars dernier, votée à l’unanimité moins une abstention par le Grand Conseil. Le 2 septembre, elle marque ce nouveau statut lors d’une cérémonie, entourée de ses évêques et de représentants du Canton. Geneviève Savaux, catholique-chrétienne et vice-présidente de la FACCV et Rosemary Raedler, anglicane et secrétaire de la Fédération reviennent sur les retombées de ce nouveau statut.

Que change la reconnaissance d’intérêt public pour vos deux communautés ?

Rosemary Raedler : La FACCV sera ajoutée à la liste des appartenances religieuses du formulaire du contrôle des habitants. Nous aurons donc un accès aux données des personnes qui se seront déclarées comme affiliées à l’une de nos deux traditions religieuses. Nous espérons une dénomination claire qui permette d’identifier facilement nos communautés.

En quoi est-ce important ?

Geneviève Savaux : Cela permettra d’avoir des registres à jour et de pouvoir entrer en contact avec les ressortissants anglicans et catholique-chrétiens. Pour ces nouveaux habitants, l’Église reste un point de repère. Quand tout est nouveau, avoir la possibilité de se rendre à la messe – qui se déroule de la même manière où que vous vous trouviez – constitue un élément rassurant dans leur vie.

Rosemary Raedler : Nos paroisses anglicanes comptent de nombreux expatriés. Nous réalisons un réel travail d’intégration auprès de ces personnes qui sont parfois un peu perdues à leur arrivée. Nous les aidons autant dans certaines démarches administratives que pour trouver un supermarché. En cela, nous jouons un rôle social par rapport à une population qui contribue à l’économie du canton.

Qu’est-ce que ça change dans votre travail d’aumônerie ? 

Geneviève Savaux : Aujourd’hui, nous pouvons assurer une présence auprès des personnes hospitalisées ou incarcérées qui en font la demande, même s’il nous est déjà arrivé d’intervenir sur appel par le passé. L’enjeu reste aujourd’hui les ressources en personnel. Actuellement, nous comptons un prêtre catholique-chrétien pour la paroisse de Lausanne et deux prêtres anglicans pour cinq paroisses. Nous ne disposons pas des ressources financières pour envisager des engagements supplémentaires. 

Justement, faut-il s’attendre à une augmentation de vos ressources financières ?

Rosemary Raedler : Non. À la différence des Églises catholique romaine et réformée reconnues de droit public par le Canton de Vaud, nous ne bénéficions pas de subvention de l’État. Le fonctionnement de nos paroisses continue de dépendre des dons volontaires. Seul le prêtre de la paroisse catholique-chrétienne de Lausanne est un salarié du diocèse de l’Église catholique-chrétienne suisse.

À vous entendre, la reconnaissance d’intérêt public ne change pas vraiment la donne pour la FACCV. Alors pourquoi avoir fait cette demande il y a dix ans ?

Geneviève Savaux : Cette reconnaissance est avant tout symbolique. Elle acte l’intégration de nos deux Églises dans le tissu social du canton, ainsi que l’engagement de longue date dans l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. Elle offre aussi une visibilité à l’Église anglicane présente dans le canton depuis le début du 19e siècle et à l’Église catholique-chrétienne déjà reconnue au niveau fédéral.

Rosemary Raedler : Nous espérons aussi que ce nouveau statut facilite nos demandes de subventions pour la rénovation de plusieurs de nos bâtiments classés aux monuments historiques.

Pourquoi avoir déposé une demande commune de reconnaissance ?

Rosemary Raedler : D’abord pour une question numérique. À nous deux, nous franchissions la barre des 800 membres exigée pour déposer une demande. De plus, si nos Églises sont indépendantes et diffèrent notamment par certains rites, elles sont en totale communion. Cela a d’ailleurs été scellé dans l’Accord de Bonn en 1931.  

Il aura fallu une procédure de dix ans pour obtenir la reconnaissance d’intérêt public. Quel conseil donneriez-vous aux prochaines comunautés qui attendent une reconnaissance ?

Rosemary Raedler : Patience et transparence. Nous avons été les premières à déposer une demande de reconnaissance d’intérêt public qui a été rendue possible par la Constitution vaudoise de 2003. La FACCV a été le cobaye d’une procédure qui doit pouvoir s’appliquer à toutes les communautés qui déposeraient une demande. 

Geneviève Savaux : Cela nous aura notamment permis de mettre en place des procédures claires s’agissant de la question du traitement des abus qui nous seraient remontés.