
Un idéal vécu de multiples façons
Florence Blaser, pasteure Présence et Solidarité à Avenches
BIENVEILLANCE «J’ai différentes activités, comme un café qui permet aux migrants et aux locaux de se rencontrer ou une permanence d’écoute et d’entraide que je propose tous les vendredis. Cette offre est pour toute personne en difficulté: j’insiste sur cette ouverture sur les flyers et dans nos différentes communications. J’observe qu’il y a des failles dans notre système social: des personnes peuvent se retrouver à un moment donné dans des difficultés, qu’elles soient suisses ou non, membres de la paroisse ou non. Inspirée par la parabole du bon Samaritain ou par Matthieu 25, où Jesus dit: ‹ J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ›, je crois qu’être au service de toutes et tous, particulièrement des plus petits, est une valeur de l’Evangile.»
Claire Clivaz, pasteure à Montreux-Veytaux
PERTINENCE «L’Église évangélique réformée du canton de Vaud est au service de tous, cette mission est ancrée dans la loi cantonale. C’est aussi dans cet esprit-là qu’à la consécration, nous, les pasteur·es et diacres, sommes assermenté·es par l’État. Un autre moment où l’on peut observer la vitalité de ce partenariat avec la société est en observant si pasteur•es et prêtres sont invité•es à s’exprimer lors de l’assermentation des autorités politiques. Les pratiques semblent assez variables d’un lieu à l’autre et n’évoluent pas forcément de manière linéaire. Je me réjouis aussi de voir que le modèle de lien au religieux dans la nouvelle Constitution vaudoise fonctionne: les Églises anglicane et catholique-chrétienne viennent d’être reconnues communautés d’intérêt public. Et effectivement, l’écoute que nous offrons a sa pertinence dans la société parce qu’elle est libre, gratuite et sans jugement.»
Jacques-Etienne Deppierraz, Pasteur à Perroy (VD)
PARTAGE «Dans ma manière de concevoir le ministère pastoral, j’ai à coeur de vivre la célébration du culte avec une communauté fidèle et priante. Mais ma manière d’être pasteur, c’est aussi d’être témoin dans le monde, dans les villages, au plus large possible. Selon moi, la communauté, ce n’est pas d’abord le petit club de ceux qui vont à l’église, mais la famille, le quartier, le travail. Toutes ces communautés, dans lesquelles je peux me déployer en étant porteur d’une foi, d’une espérance, et d’un certain état d’esprit inspiré du Christ. Je participe aux activités des villages et je célèbre des services funèbres. Chacun de ces lieux ou moments me permet d’être en contact avec des gens de tous horizons. Petit à petit, je crois que j’ai été reconnu comme quelqu’un de confiance qui a une parole particulière et offre la possibilité d’un compagnonnage.»
Sophie Maillefer, Aumônière militaire
ACCOMPAGNEMENT «Le principe de l’aumônerie de l’armée est d’avoir une vision d’accueil inconditionnel de la personne et en même temps on nous demande d’être engagés dans notre communauté, de prendre soin de notre vie spirituelle. On doit témoigner de notre tradition et en même temps pouvoir accompagner tous et toutes. Quand j’ai découvert ces principes, j’ai vraiment reconnu ma vocation, ma vision du pastorat. Quand je suis engagée, je vis au même rythme que mon bataillon. Je suis appelée à partager avec des personnes qui rencontrent des difficultés parfois très concrètes, mais qui peuvent aussi avoir des visions spirituelles ou existentielles.»
Emmanuelle Jacquat, Pasteure Enfance et Familles, et renfort services funèbres
ÉCOUTE «En accompagnant des familles endeuillées, j’ai été confrontée à des situations familiales difficiles, à des problèmes qui n’avaient pas été réglés. Je crois alors vraiment être au service de celles et ceux qui souffrent. C’est important d’avoir un lieu où parler et déposer. J’ai aussi reçu des coups de fil de personnes qui ressentaient le besoin que l’on prie pour elles, même si elles ne faisaient pas partie des paroissiens réguliers. Une femme m’a particulièrement touchée: elle voulait de l’eau bénite.
Je lui ai dit qu’en tant que protestante je ne faisais pas ça, mais je lui ai improvisé un petit rituel. Une des premières choses qu’elle m’a dites, c’est qu’elle ne pourrait pas payer. Elle a eu l’air touchée quand je lui ai dit que je suis gratuite parce que je suis au service de la population.»





