Aller au contenu principal
©Mathieu Paillard
i
©Mathieu Paillard

«Ça devient compliqué»

 
1 min de lecture
Conte
Canicules à répétition, cours de récréation surchauffées et classes difficilement supportables : la fin de l’année scolaire se déroule sous des températures exceptionnelles. À travers l’expérience de Mme Pétronille et de ses élèves, ce récit met en lumière les effets concrets du dérèglement climatique sur le quotidien des écoles et interroge l’adaptation nécessaire des espaces de vie face à des étés toujours plus chauds.

L’été est arrivé, enfin. Il était attendu. Bientôt les vacances. Il fait de plus en plus beau et de plus en plus chaud. On ressort ses shorts, les piscines sont installées dans les jardins…Bref, tout va pour le mieux.

Enfin presque: les températures sont anormalement hautes et les derniers jours d’école vont être compliqués. Dans la classe de Mme Pétronille, la chaleur est de plus en plus intense et elle doit prendre des mesures afin que ces derniers jours se passent le mieux possible: aérer la classe tôt le matin, veiller à refermer les fenêtres et à baisser les stores avant que le soleil ne tape trop fort contre les vitres, faire boire ses élèves le plus souvent possible, sans pour autant qu’ils passent leur temps à aller au lavabo ou jouent avec leurs verres.

Lors des récréations, les écoliers semblent ne pas se conduire comme d’habitude… Moins de cris de joie, par exemple… «Maîtresse, on a trop chaud! On ne peut pas faire de la balançoire, elles sont en plein soleil! – Maîtresse, j’ai mal à la tête! – Maîtresse, c’est impossible de descendre le toboggan, il est brûlant…! – Maîtresse, j’ai soif… – Maîtresse…!»

Mme Pétronille et ses collègues se rendent vite compte que cette fin d’année est difficile, bien plus chaude que les précédentes. Et depuis quelques années, c’est de pire en pire, on dirait. Les météorologues annoncent une série de canicules durant tout l’été et peut-être jusqu’en septembre…

La maîtresse recommande à ses élèves de privilégier les jeux calmes dans la cour, de porter une casquette ou un chapeau et bien entendu de ne pas oublier leur gourde. Toutes ces bonnes suggestions ne peuvent pas tout régler malheureusement. «Nos bâtiments scolaires et notre cour ne sont plus du tout adaptés à ces variations climatiques. Il n’y a pas assez d’ombre dans la cour, pas assez de zones herbeuses et bien trop de zones pavées ou recouvertes de cette mousse antichute qui retient la chaleur, partage Mme Pétronille. – Sans oublier cette sensation d’étouffer avec ces sols chauffés à longueur de journée et qui ne refroidissent que peu pendant la nuit, complète l’un de ses collègues, M. Pilaf. – Il faudrait vraiment repenser l’aménagement de l’école, mais cela demanderait de très gros investissements, précise un autre enseignant. – Les épisodes caniculaires s’enchaînent de plus en plus vite et de plus en plus tôt dans l’année. Nous subissons – et comprenons – le dérèglement climatique annoncé par les scientifiques il y a quelques années.»

La cour d’école n’est plus si agréable en période de canicule. Mme Pétronille et ses collègues, comme d’autres personnes de diverses professions, doivent désormais supporter des températures de plus en plus chaudes quand arrive l’été. Dans les v i l les, dans les campagnes, humains, animaux et végétaux cherchent la fraîcheur, sans succès.