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Dietmar Rabich / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
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Münster, Fürstbischöfliches Schloss
Dietmar Rabich / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

Former les catholiques et les protestants au même endroit pour optimiser

 
3 min de lecture
Depuis quelques années, l’Allemagne souffre d’une surabondance de sites de formation universitaire en théologie. Une solution serait de renforcer la coopération œcuménique dans certaines disciplines.

L’Allemagne est divisée sur la question des facultés de théologie. D’un côté, certains pensent qu’il faudrait n’en conserver que quelques-unes, parmi celles qui affichent une forte capacité de recherche.  Mais cette approche va à l’encontre du maintien de la diversité dans la formation théologique.

De l’autre, certains responsables académiques et ecclésiastiques s’opposent aux fermetures en rappelant que les facultés bénéficient de concordats et de contrats étatiques garantis. Selon le droit public ecclésiastique, le maintien des sites de formation des pasteurs, prêtres et enseignants est toutefois assujetti à l’existence d’un réel besoin.

Hécatombe

Le fait est qu’avec au moins 41 sites de formation pour chaque grande confession et une baisse drastique du nombre d’étudiants, l’Allemagne affiche des surcapacités en matière d’infrastructures. Entre 2018 et 2024 – 2026, les effectifs estudiantins en théologie catholique et protestante ont chuté de plus de 50 % pour le cours complet de théologie, passant de 2 206 à 1 043, selon l'agence de presse allemande KNA, la plus grande agence de presse catholique d'Europe.

Les grands sites historiques, comme Münster, Munich, Bonn, Freiburg et Bochum sont particulièrement touchés. À Münster, plus grand site de théologie du pays, le nombre d’étudiants est passé de 1 012 à 444 en six ans. À Munich, il a baissé de 251 à 102 et à Bonn, de 215 à 88. Fribourg et Bochum ont également perdu plus de la moitié de leurs étudiants.

Fermetures en vue

Contacté par mail, le spécialiste du droit ecclésiastique Hans Michael Heinig figure parmi les universitaires et juristes de premier plan qui estiment que le nombre de sites est actuellement disproportionné. Il faudrait le diminuer de moitié, et ceci dans un avenir proche, pour anticiper les décisions de fermeture qui ne manqueront pas d’être prises au train où vont les choses.

Une solution serait de renforcer les grandes unités spécialisées. « Je plaide en faveur d’unités plus grandes et plus performantes. La science exige la spécialisation », affirme l’expert. Certains sites pourraient ainsi se concentrer sur la formation des prêtres, d’autres sur la formation des futurs enseignants, par exemple.

Interconfessionnalité

Surtout, un moyen de réduire les doublons serait de procéder à des coopérations interconfessionnelles, soit des fusions de chaires. Hans Michael Heinig cite l’exemple de l’Ancien et du Nouveau Testament : « A-t-on vraiment besoin, dans les deux confessions réunies au même endroit, de quatre professeurs spécialisés dans le même domaine ? Deux ne suffiraient-ils pas, pour enseigner respectivement aux étudiants catholiques et protestants ? »

Il faut savoir qu’en Allemagne, la théologie n’est pas synonyme d’études religieuses, mais bien de théologie confessionnelle. En effet, depuis la réforme du XVIe siècle, le pays comprend des territoires protestants et catholiques. Cette division explique pourquoi il existe des facultés de théologie protestante et des facultés de théologie catholique romaine dans les universités, lesquelles abritent aussi des instituts ou des chaires universitaires de théologie judaïque, orthodoxe et islamique. L'organisation fédérant les facultés de théologie protestante en Allemagne compte 22 membres et son homologue catholique 19.

Interrogé, le doyen de la Faculté de théologie de l’Université de Genève, Christophe Chalamet, estime que l’offre pléthorique en matière de formation théologique en Allemagne appelle en effet une transformation importante, « mais pas forcément au prix de fusion de chaires ». L’ultra-spécialisation dans la recherche n’est pas non plus, selon lui, un but à maintenir à tout prix. Comme exemple de solution « remarquable », il cite le projet de cohabitation des facultés catholiques, protestantes et islamiques qui sera mis en place à Münster dès 2027.