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©Roland zh, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
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Eglise réformée française de Zurich
©Roland zh, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

L’Église réformée zurichoise, plus stricte que le Canton en politique climatique?

Par ref.ch | Andres Eberhard (tradui et adapté par Laurence Villoz)
8 septembre 2026
 
3 min de lecture
Pour la première fois, les réformés du canton de Zurich vont se prononcer sur une initiative populaire lancée au sein même de leur Église. Le 27 septembre, ils décideront si l’institution religieuse doit se fixer des objectifs climatiques plus stricts que ceux du Canton.

Atteindre la neutralité carbone pour ses temples et ses maisons de paroisse d’ici 2035, c’est ce que souhaite l’Église réformée du canton de Zurich. Chose inouïe, ce projet découle d’une initiative populaire lancée au sein même de l’institution religieuse. En octobre 2023, des défenseurs du climat réformés déposent 1600 signatures au Conseil de l’Église (exécutif).

Ce dernier élabore une contre-proposition reprenant les principales revendications du comité d’initiative et elle est adoptée à 54 voix contre 45 par le synode (législatif).

Mais comme les opposants au projet ont lancé un référendum, l’ensemble des réformés zurichois devra se rendre aux urnes le 27 septembre.

Cette «Initiative pour la Création», tout comme la contre-proposition, implique que toutes les paroisses recensent systématiquement leur empreinte environnementale et s’engage à la réduire afin d’obtenir le label «Coq vert».

Ainsi, la politique climatique occuperait une place plus importante dans le Règlement ecclésiastique et les questions écologiques seraient davantage intégrées dans la formation, les actions et les valeurs de l’Église.

Assumer ses responsabilités

«Un «oui» signifierait que l'Église assume ses responsabilités envers les générations actuelles et futures», affirme Tobias Adam, le président du comité d'initiative. La modification du Règlement ecclésiastique créerait ainsi un cadre contraignant qui imposerait la mise en œuvre progressive de la nouvelle politique climatique au sein de l’Église réformée zurichoise. Tobias Adam est convaincu que cela aurait des effets concrets au niveau local, dans les paroisses. Depuis des années, le label environnemental «Coq vert» illustre les efforts de nombreuses paroisses.

De leurs côtés, les opposants demandent que l’autonomie des paroisses soit préservée, notamment en ce qui concerne la gestion des bâtiments historiques. Les rénovations sont complexes, affirment-ils. Ils rejettent également l’obligation d’obtenir un label environnemental. Selon eux, cette contrainte surcharge de nombreuses paroisses, également au niveau administratif.

De plus, ils estiment que l’Église cantonale n’a pas besoin d’un objectif climatique propre. Celui du Canton, qui vise la neutralité carbone d’ici 2050, suffit. D’ailleurs, de nombreuses paroisses zurichoises démontrent déjà qu’il est possible d’agir de manière durable, même sans contrainte.

Une campagne auprès du public réformé

Ce vote concerne les membres de l’Église réformée zurichoise, c’est-à-dire les personnes qui y sont inscrites et qui paient l’impôt ecclésiastique. Ainsi, pour convaincre un maximum de membres, les partisans distribuent des tracts devant les églises et dans d’autres lieux où ils pensent trouver des réformés. Ils cherchent également du soutien au sein des mouvements pour le climat et diffusent leur message via les réseaux sociaux, avec le slogan de campagne «Oui à la création – décider aujourd’hui pour demain».

Quant aux opposants, ils ne descendent pas dans la rue. Par contre, ils ont créé un site web et déposé des flyers dans différents lieux. On y voit un coq perché sur une église, écrasé par le «Coq vert», avec le slogan: «Non à l’obligation du coq». 

Toutefois, les deux camps estiment que la plupart des conseils paroissiaux s’en tiendront à la neutralité et ne prendront pas clairement position. Les partis politiques, eux, ne souhaitent pas non plus s’en mêler, pas même le Parti évangélique suisse (PEV).

Un résultat imprévisible

L'issue du référendum du 27 septembre reste imprévisible. Notamment parce qu’il n’y a pas de sondage, contrairement à ce qui se passe en politique nationale. Tobias Adam s'attend à un résultat serré. De son côté, Simone Schädler table sur un clivage entre la ville et la campagne: un «oui» en ville et un «non» dans les petites communes. Ce qui pourrait faire la différence, c’est la capacité de chaque camp à mobiliser ses partisans.