
Dans l’Etat américain de Géorgie, les républicains chrétiens restent fidèles à Trump
Quand on demande à Kevin Martin la raison qui l’a poussé à se présenter comme candidat, il a «une réponse politique et une vraie réponse». La vraie réponse, il ne la connaît pas exactement. «J’ai senti la présence de Dieu me dire que c’était quelque chose qu’il voulait que je fasse», explique ce candidat à la Chambre des représentants, lors d’une réunion du parti républicain local.
Les Américains sont appelés à voter ce 3 novembre pour déterminer qui contrôlera le Congrès, où les républicains sont actuellement majoritaires. Les démocrates misent sur un mécontentement grandissant contre le président, notamment à cause du coût de la vie et de la guerre en Iran.
Kevin Martin, chemise à carreaux sous sa veste, discute avec ses militants. Un petit déjeuner est proposé, avec du bacon et du café. La salle est remplie. Dans sa famille, «cinq générations ont été baptisées dans la même église méthodiste». Il soutient Donald Trump, malgré quelques réserves. Il n’aime pas la manière dont le président peut «se moquer et attaquer» d’autres personnes. «En tant que chrétiens, nous ne faisons pas ça.»
Kevin Martin défend le soutien américain à Israël. Sur l’économie, il apprécie les droits de douane instaurés par Donald Trump «pour corriger les déséquilibres commerciaux». En revanche, certains ne sont pas nécessaires, comme ceux sur le bois importé du Canada. «On protège notre industrie du bois, mais aux dépens des contribuables puisque cela fait grimper le coût des logements.» Il précise que Donald Trump est «mieux informé» que lui et qu’il lui fait confiance.
Malgré une baisse de popularité du président dans les sondages, sa base militante présente ici lui reste fidèle. «C’est sûrement le président le plus brillant que l’on ait jamais eu», s’enthousiasme Jane Trammell, retraitée et membre d’une Église protestante baptiste du Sud. À ses côtés, Nancy Nieves, professeure au lycée, catholique, salue notamment la guerre menée contre l’Iran. «Je pense qu’il est touché par la grâce de Dieu», dit-elle.
Les Églises au coeur de la politique
Leur religion joue un rôle-clé dans l’engagement politique de ces militants de différentes obédiences chrétiennes. Leur comté se trouve dans la Bible Belt, la «ceinture de la Bible», dans le Sud. Les Églises peuvent être au coeur de la politique, y compris côté démocrate. L’un des deux sénateurs de l’État, le démocrate Raphael Warnock, est pasteur dans l’église baptiste afro-américaine où avait officié Martin Luther King, à une trentaine de kilomètres de là.
La réunion terminée, l’un des militants passe l’aspirateur, avec sa casquette «Dieu, armes à feu et Trump». Certains consacreront leurs prochaines semaines à frapper aux portes et tracter, comme Jadon Hong, qui a la vingtaine. «Donald Trump fait un boulot formidable», dit celui qui est inquiet d’une défaite en novembre et lors de la prochaine élection présidentielle. «Si les démocrates gagnent en 2028, ils annuleront tout ce que Trump a fait pendant quatre ans. On ne peut pas laisser cela arriver.»
Dawson Romines, pasteur, compte soutenir les candidats républicains comme il le peut. Contrairement à d’autres, il n’est pas particulièrement inquiet. «Je ne peux faire qu’un nombre limité de choses: du porte-à-porte, prier pour les élections, encourager les gens à voter selon les valeurs bibliques. Mais mon inquiétude ne doit pas se transformer en angoisse. Je dois faire confiance à Dieu pour l’avenir de mon pays.»





