Quand les JO font leur culte à la Cathédrale

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Le conseiller d'État Philippe Leuba, chef du Département de l'économie et du sport, et le municipal Oscar Tosato en charge de la Direction des sports et de la cohésion sociale s’apprêtent à partager la chaire de la Cathédrale, ce dimanche 12 janvier, à l’occasion d’une célébration commune en honneur des JOJ Lausanne 2020.
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Quand les JO font leur culte à la Cathédrale

Dimanche 12 janvier, la célébration religieuse sera menée par les politiciens Philippe Leuba et Oscar Tosato pour évoquer les liens entre valeurs olympiques et valeurs chrétiennes. Avant-goût.

 

Le conseiller d'État Philippe Leuba, chef du Département de l'économie et du sport, et le municipal Oscar Tosato en charge de la Direction des sports et de la cohésion sociale s’apprêtent à partager la chaire de la Cathédrale, ce dimanche 12 janvier, à l’occasion d’une célébration commune en honneur des JOJ Lausanne 2020. Invités par la pasteure Line Dépraz, les deux hommes politiques présenteront chacun leur prédication personnelle sur le thème «valeurs olympiques et valeurs bibliques». Interview croisée.

Quelle est pour vous la plus belle valeur olympique?

Philippe Leuba: Les Jeux olympiques constituent la plus grande manifestation sportive. En parlant du sport, le baron Pierre de Coubertin, père des Jeux olympiques modernes, a donné cette définition: «Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre.» Cette citation répond mieux que je ne saurais le faire moi-même à votre question. Tout y est!

En quoi cette valeur vous apparaît-elle étroitement liée avec les valeurs bibliques?

P.L.: Si l’on réfléchit à la condition humaine, au sens de la vie, force est d’admettre que la foi chrétienne est à l’homme ce que le sport est au sportif dans la définition qu’en donne le Baron de Coubertin. La foi est la réponse permettant à l’homme de vaincre la peur, la fatigue et la difficulté de sa condition.

Et pour vous, Oscar Tosato, quelle est la valeur olympique qui vous parle le plus?

Oscar Tosato: Si l’on s’en tient aux trois valeurs fondamentales du Mouvement olympique, soit l’excellence, le respect et l’amitié, c’est cette dernière qui me parle le plus. Les athlètes du monde entier rêvent de participer aux Jeux olympiques pour se rassembler et partager des valeurs en participant à des compétitions lors desquelles ils savent qu’ils ne vont pas gagner. Ils le font dans une forme de communion qui transcende les disciplines ainsi que la logique des classements et des médailles. Durant les JOJ Lausanne 2020, nous développerons cette vision du sport et de l’humain encore davantage. Lors des compétitions de hockey sur glace, des équipes mêleront des athlètes issus de différentes culture et diverses nations. Je pense que toutes les actions favorisant la rencontre, la cohabitation, sont constructives et le sport ainsi que le jeu en sont des vecteurs facilitants.

En quoi vous apparaît-elle étroitement liée avec les valeurs bibliques?

O. T.: Comme dans le sport, l’amitié – ou la fraternité, selon sa sensibilité – est l’un des piliers de nombreuses religions et spiritualités. Grâce à elle se développent, depuis l’enfance, l’ouverture à l’autre, les relations et les échanges. Elle est à l’origine des actions de solidarité et de paix. Au final, l’amitié est la base du vivre-ensemble et de la cohésion sociale – elle permet de transcender les différences et de nous rencontrer.

De manière générale, voyez-vous d'autres liens entre sport et éthique chrétienne?

O. T.: Ils sont nombreux! Le sport comme la religion nous aide dans notre quotidien grâce aux valeurs qu’ils portent, tel le respect, le goût de l’effort, l’abnégation ou la solidarité. Tous deux nous permettent de devenir meilleurs, que ce soit en partant de nous-même ou avec les autres. Chaque victoire, chaque défaite représente une étape sur ce cheminement et c’est ce dernier qui est important, puisque c’est au fil de celui-ci que toute personne se construit.

P. L.: Paul l’écrit aux Corinthiens, dans sa première lettre (chapitre 9, versets 24 à 27), lorsqu’il s’inspire de l’exemple du sportif pour instruire ses correspondants: le goût de l’effort, le refus de la facilité, voire même l’esprit de compétition!

Qu’est-ce qui vous a motivé à répondre favorablement à l’invitation?

P. L.: La thématique proposée «La foi et le sport» me paraît intéressante, quand bien même je ne suis pas…. docteur en théologie!

O. T.: Les JOJ permettent d’aborder de nombreux sujets comme la santé, l’alimentation, les différences d’us et coutumes… et  de proposer des animations comme la visite de la Cathédrale, son beffroi et de faire le Guet.  À Lausanne cette animation sera conduite sous la responsabilité de jeunes requérants d’asile, parfois mineurs non accompagnés.

Que représentent ces Jeux pour vous?

O. T.: Les JOJ Lausanne 2020 rassemblent plus de 1800 jeunes issus de 70 pays. Ils vont vivre ensemble une expérience unique. Et pour la première fois dans l’histoire des JO, les athlètes sont hébergés au même endroit, dans un bâtiment circulaire où une même rampe relie tous les logements. Tout un symbole.

P. L.: Ces jeux représentent une formidable opportunité de donner aux Suisses, notamment à notre jeunesse, le goût du sport; côtoyer les athlètes, se rendre sur les sites de compétition doit susciter des vocations, doit faire émerger celles et ceux qui nous feront vibrer demain; ceux qui, par leurs exploits sportifs, susciteront l’émotion que génère le sport. C’est en assistant, comme adolescent, aux championnats du monde de patinage… à Lausanne, que Stéphane Lambiel a décidé de se lancer dans ce sport. Il est devenu double champion du monde et vice-champion olympique! Que ces JOJ fassent émerger les Stéphane Lambiel de demain!

Quels sont vos liens avec la foi chrétienne?

P. L.: Je suis protestant; j’ai siégé plusieurs années au Conseil de paroisse de Chexbres-Puidoux (qui est devenue celle de St-Saphorin); je suis encore occasionnellement lecteur le dimanche au culte dans ma paroisse.

Et vous?

O. T.: Je suis issu de la culture du monde chrétien et je me retrouve dans certaines de ses valeurs humaines. Ayant par exemple travaillé pendant vingt ans au sein du Centre social protestant (CSP), cette convergence de valeurs m’a aussi permis de développer mon propre regard au sens humaniste. Assurément, ces valeurs nous permettent de construire des ponts entre nos différences pour nous mettre en lien et c’est essentiel.