Deux ministres de l’EREN accrédités au centre fédéral de Perreux

©KEYSTONE/Manuel Lopez
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Le centre fédéral de Perreux, à côté de Boudry (NE) en 2016.
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Deux ministres de l’EREN accrédités au centre fédéral de Perreux

6 décembre 2018
Asile
Précurseur dans l’accompagnement des requérants d’asile sur sol neuchâtelois, l’EREN récolte à nouveau les fruits de son engagement. Une pasteure et un diacre de l’institution ont récemment été accrédités pour officier au centre fédéral de Perreux.

L’Église réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) joue un rôle prépondérant dans le domaine de l’asile. Son projet pilote «Requ’EREN» lui a permis d’acquérir une importante crédibilité auprès des autorités cantonales et fédérales en charge de ce dossier fort sensible. Cette reconnaissance a débouché, cet automne, sur une nouvelle étape.

Ainsi, depuis quelques semaines, l’EREN et l’Église catholique romaine assurent conjointement le service d’aumônerie au centre fédéral de Perreux, situé à côté de Boudry. Accréditée par le Service d’État aux migrations, l’équipe en fonction s’appuie dans son travail sur les principes rédigés par les Églises reconnues du canton.

«L’équipe est composée d’une pasteure, d’une agente pastorale et d’un diacre. Le team est organisé dans une perspective résolument œcuménique», indique Jacqueline Lavoyer. La responsable du Développement communautaire des services cantonaux de l’EREN, souligne que «par leurs diverses formations et leurs parcours professionnels, Sandra Depezay, Manuela Hugonnet et Luc Genin apportent ensemble la somme d’expériences et de compétences nécessaires pour assurer une aumônerie de qualité dans ce contexte institutionnel particulièrement exigeant.»

Réjouissante diversification des activités

Pour mémoire, l’engagement des Églises reconnues dans le domaine de l’asile remonte à plusieurs années. Dès 2012, l’EREN a institué Req’EREN. Dédié à ses débuts aux centres cantonaux, ce service d’aumônerie s’est progressivement élargi à des activités de proximité — locales ou cantonales — également ouvertes aux requérants en 2e accueil.

Jacqueline Lavoyer précise que, «parallèlement, la plateforme RequérENSEMBLE, chapeautée par la paroisse réformée du Joran, a pris son essor. Ce complément bienvenu à l’aumônerie interne au centre fédéral de Perreux permet aux requérants de sortir des murs pour rencontrer des bénévoles issus aussi bien des diverses communautés religieuses de la région que de la population locale.»

La responsable du secteur Développement communautaire mentionne également qu’«au centre paroissial des Valangines, à Neuchâtel, un accueil “café migrants” a lieu tous les jeudis. Il offre aux requérants un moment d’échange humain, œcuménique et ludique. Cet espace de rencontre leur permet aussi de bénéficier d’un accès internet pour contacter les proches ainsi que d’un appui en français et une aide au niveau scolaire. Il en va de même à Saint-Blaise, où un groupe propose une série d’activités allant dans le même sens.»

Projets en gestation

Quant au futur proche, Jacqueline Lavoyer note qu’un projet pilote œcuménique de parrainages est en émergence au Val-de-Travers. «Son objectif consiste à favoriser l’accueil et l’intégration des requérants d’asile en développant un réseau social de proximité.» Les destinataires de ce projet seront en priorité des personnes en 2e accueil. En particulier des femmes sans communautés d’origine vivant à proximité.

Enfin, à La Chaux-de-Fonds, le dicastère diaconie mène une réflexion quant à l’opportunité d’instaurer une présence auprès des requérants en 2e accueil. La fermeture du centre de la Ronde, décidée par les autorités neuchâteloises, pourrait accélérer l’instauration de ce service.

Malgré toutes ces activités, la création d’une aumônerie auprès des requérants d’asile sous la forme d’une association œcuménique entre l’EREN et les Églises catholique romaine et catholique chrétienne du canton de Neuchâtel a échoué. Le conseil synodal (exécutif) de l’EREN en a informé le Synode (organe délibérant) lors de la session du mercredi 5 décembre. Les Eglises ne seraient pas parvenues à un accord, mais pressé de questions, l’exécutif n’a pas souhaité donner davantage de détails.