Offrir son repas à ceux qui meurent de faim

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Offrir son repas à ceux qui meurent de faim

1 février 2019
Renoncer à un repas par semaine et en offrir le prix aux personnes qui souffrent de la famine. L’association «Des calories pour la vie» à l’origine de ce concept invite le théologien Daniel Marguerat pour une soirée de réflexion, mardi 5 février, à Lausanne.

«Chaque geste individuel compte. On peut soi-même faire bouger les choses», lâche Marc Subilia. En 2015, ce pasteur et médecin à la retraite a créé «Des calories pour la vie». Cette association propose de renoncer à un repas par semaine et d’en offrir le prix à une œuvre caritative qui lutte contre la faim dans le monde. «Quand je travaillais comme médecin, j’ai toujours été frappé par le fait que certaines personnes souffrent de surpoids alors que d’autres meurent de faim», explique Marc Subilia. Selon le rapport sur «l’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2018» publié par l’ONU, 821 millions de personnes souffrent de la faim. Parallèlement, 672 millions d’adultes sont obèses. La démarche présentée par l’association tend vers un rééquilibrage basé sur la prise de conscience individuelle.

Pour faire connaître ce concept, «Des calories pour la vie» organise une soirée, mardi 5 février à 20h, au Cazard, à Lausanne. Invité pour l’occasion, le professeur honoraire de Nouveau Testament, Daniel Marguerat, donnera une conférence intitulée «Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Petite prière, grandes conséquences» dans laquelle il développera la question de la responsabilité du «nous». «J’ai été associé à la naissance de l’association. Deux aspects de ce concept me touchent particulièrement: le côté non culpabilisant de la démarche et le fait qu’elle soit personnelle, à la hauteur de l’individu», explique Daniel Marguerat qui renonce à un repas par semaine depuis 2015. «Cela m’a permis de découvrir le sentiment de faim qui est évidemment très loin de la famine. Je me suis retrouvé touché dans mon corps», raconte le théologien.

Susciter l’empathie

«Quand je donne de ma nourriture, essentielle à ma vie, je m’implique totalement. L’engagement personnel et physique développe l’empathie», ajoute Marc Subilia. La démarche ne vise donc pas, en particulier, les personnes qui aimeraient perdre du poids, même si le médecin souligne que la pratique du jeûne a des conséquences bénéfiques pour l’organisme. «La possibilité d’offrir est une source de joie et la majorité des personnes qui ont tenté cette expérience ont eu envie de la continuer», ajoute le pasteur qui souligne que la démarche ne creuse pas le budget des participants. À ce jour, il estime que plusieurs centaines de personnes se sont associées à cette action. «Étant donné, que nous invitons les intéressés à verser de l’argent à des œuvres, nous ne savons pas précisément combien de personnes participent.» Marc Subilia a toutefois de nombreux retours. «J’ai été surpris de découvrir que des personnes de tout âge se lançaient dans l’aventure.»

 

Des calories pour la vie

Le site de l’association explique en détail la démarche et propose une brochure à télécharger.