Se retirer du monde pour mieux y revenir 2/3, Pierre-André Schütz

© DR
i
© DR

Se retirer du monde pour mieux y revenir 2/3, Pierre-André Schütz

Retraite
Sur les routes, dans le calme d’un monastère ou en se privant de nourriture: nos trois témoins ont choisi autant de manières de se ressourcer. Une retraite du monde et une retraite en soi, pour replonger ensuite au cœur de l’existence.

PIERRE-ANDRÉ SCHUTZ, LA FORCE DES RETRAITES MONASTIQUES

J’ai été paysan, diacre et enfin pasteur. En tant qu’animateur jeunesse, j’organisais notamment le catéchisme et des camps. C’était passionnant. Je n’arrêtais jamais, comme si, plus mes journées étaient remplies, plus le Seigneur serait content. A un moment, je me suis perdu dans toute cette agitation et j’ai fait un burn-out d’épuisement. Mon médecin m’a recommandé de prendre du recul pour ne pas reproduire ce schéma, «le syndrome du Saint-Bernard».

La retraite est une inspiration profonde avant de repartir

Au monastère bénédictin de la Pierre-Qui-Vire, dans le Morvan, j’ai découvert une autre réalité qui paraît hors du monde mais en est au contraire au cœur. Pendant ces quatre jours, j’ai retrouvé la relation intime que j’avais avec le Seigneur. Pour conserver cette intimité avec Dieu et Jésus, je pars en retraite au moins une fois par année. Ce temps est à la fois une pause, une coupure, une respiration profonde, paisible et spirituelle dans la frénésie du quotidien. C’est un moment pour me retrouver moi-même et mieux revenir. Ces jours de retraite sont très intenses. Je vais à tous les recueillements, les méditations et les messes. En quatre jours, je prie 80 psaumes! Les repas se font en silence. Tout cela contribue à laisser descendre l’agitation intérieure qui nous fait nous perdre, à apaiser la tempête et à se replacer devant le Père et le Fils. Le fait d’être entièrement disponible me permet de prendre le temps d’aimer Dieu et de me laisser aimer par Lui. Parce qu’il faut laisser la place en nous pour que Dieu puisse parler.

Les monastères sont un verger florissant où l'on peut se désaltérer intérieurement et retrouver l’amour et l’amitié, ce qui serait impossible dans la vie active. Jésus aussi vit son humanité si intensément qu’il en accepte les limites et va à l’écart pour se reposer en Dieu.

Les retraites, j’en fais depuis quarante ans. C’est un «best of» qui rassemble tout ce que Dieu veut nous donner; une station- service où je fais le plein pour repartir. J’y retrouve la vocation que Dieu m’a donnée.

 A lire

Livre l'étreinte de feu

Le livre qui permet à Pierre-André Schütz de vivre chez lui des moments de recentrement avec Dieu : L’étreinte de feu, l’icône de la Trinité de Roublov, par Daniel- Ange, Editions le Sarment, 2010. Un sublime regard de prière et de joie sur l’icône de la Trinité de Roublov.