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La Société biblique suisse se dote d’un nouveau directeur

 
4 min de lecture
Interview
Reiner Bohlander sera le nouveau directeur et secrétaire général de la Société biblique (SBS) suisse à compter du 1er octobre. Succédant à Winfried Bader, directeur intérimaire, il sera chargé de mettre en œuvre les orientations stratégiques définies par le comité de l’institution.

Pourriez-vous décrire votre parcours ?

J’ai été baptisé dans l’Église catholique-chrétienne et j’ai été scolarisé à Hockenheim, puis à Triberg, en Forêt-Noire. Après mon baccalauréat, j’ai obtenu un master en histoire et en sciences politiques à Heidelberg, avant de travailler pendant de nombreuses années dans le journalisme. J’ai ensuite étudié la théologie catholique à l’Université de Lucerne, où je rédige actuellement mon mémoire de master. J’ai par ailleurs travaillé dans l’édition théologique.

Qu'est-ce qui vous fait penser que vous êtes la personne idéale pour cette mission ?

Je pense que mon parcours présente une combinaison inhabituelle, mais très adaptée à cette mission. Le journalisme m’a appris à poser des questions et à transmettre des informations ; l’édition m’a permis d’acquérir une maîtrise des contenus théologiques et une approche commerciale ; mes études en théologie m’ont apporté des connaissances spécialisées. Ces acquis me seront sans doute utiles dans mes nouvelles fonctions, car une mission importante de la Société biblique consiste à favoriser le dialogue entre les personnes, les Églises, les langues et les différents secteurs de la société.

Quel est votre plus grand souhait dans vos nouvelles fonctions ?

C’est que la Société biblique suisse soit encore plus considérée comme une interlocutrice de référence lorsqu’il s’agit de la Bible et de son importance pour les questions de notre époque. La Bible n’est pas un livre qui n’a sa place que dans les églises ou sur les étagères. Elle aborde des questions d’espoir, de justice, de paix, de responsabilité et de vie en communauté – autant de thèmes qui concernent directement notre société.

Vous êtes-vous fixé des objectifs ?

Oui, mais je ne souhaite pas arriver avec un programme tout prêt et expliquer à l’équipe comment tout devra fonctionner à l’avenir. Les premiers mois seront une période d’écoute et d’observation. Je souhaite d’abord comprendre ce qui fonctionne bien, puis réfléchir avec l’équipe et le conseil d’administration aux domaines perfectibles. Certaines orientations me semblent toutefois claires. Je souhaite accroître la visibilité de la Société biblique suisse, développer davantage notre communication – en particulier sur les canaux numériques – et renforcer les liens avec les Églises, les œuvres ecclésiastiques et d’autres partenaires sociaux. Une question importante à mes yeux est celle de la place de la Bible dans une société de plus en plus numérique. En quoi les smartphones, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle modifient-ils la lecture et la compréhension des textes ?

À quoi saurez-vous que vous avez atteint ces objectifs ?

Certains points seront déterminants : sommes-nous sollicités plus souvent en tant qu’interlocuteurs ? De nouvelles collaborations voient-elles le jour ? Touchons-nous des personnes qui, jusqu’à présent, avaient peu de contacts avec la Société biblique suisse ? Les fidèles des Églises savent-ils seulement qui nous sommes et ce que nous proposons ? Un succès serait, par exemple, que quelqu’un dise lors d’un débat de société ou d’éthique : « Il serait intéressant d’entendre le point de vue de la Société biblique suisse à ce sujet. » Alors, nous aurions accompli quelque chose.

Quels sont les défis qui vous attendent ?

L'un des grands défis consistera certainement à faire comprendre la pertinence de la Bible dans une société où la culture religieuse ne va plus de soi. En même temps, on constate toujours un intérêt considérable pour les questions relatives au sens de la vie, à l'espoir, à la justice, à la guerre et à la paix, ou encore à la bonne vie. Il ne s’agit donc pas seulement de se demander comment faire découvrir la Bible aux gens, mais aussi : comment montrer que bon nombre des questions qui préoccupent les gens aujourd’hui sont déjà abordées dans ces textes anciens ?

Y a-t-il d’autres choses ?

Oui, la diversité linguistique et confessionnelle de la Suisse. J’y vois toutefois au moins autant une opportunité. C’est précisément dans ce domaine qu’une société biblique peut jeter des ponts. Enfin, il y aura des défis très concrets : être directeur général impliquera de gérer les ressources humaines et financières de manière responsable, de fixer des priorités et de rallier des soutiens à notre cause.

Quel a été votre premier contact avec la Société biblique suisse ?

Grâce à mes études de théologie, je connais depuis longtemps l’existence des sociétés bibliques. Mais c’est dans le cadre du poste à pourvoir que j’ai découvert de manière beaucoup plus approfondie la Société biblique suisse. J’ai d’ailleurs été surpris de constater à quel point sa mission est vaste et variée : traduction, accès à la Bible, médiation, coopération œcuménique et solidarité internationale... Et plus je me penchais sur ces questions, plus j’avais l’impression que de nombreux sujets qui me tiennent à cœur depuis des années se rejoignaient ici.

La Société biblique suisse en bref

Membre de l'Alliance biblique universelle (ABU), la SBS s'engage depuis 1955 à mettre la Bible à la portée de tout un chacun sous une forme compréhensible, moderne et adaptée à ses besoins. En tant qu'organisation interconfessionnelle à but non lucratif, elle collecte des fonds pour soutenir les projets de l'ABU. Parmi ceux-ci figurent des traductions et des révisions de la Bible fondées sur des bases scientifiques, leur diffusion ainsi que des actions d’alphabétisation. En Suisse, elle s’engage en faveur d’un dialogue ouvert sur la Bible au sein de la société actuelle et soutient les Églises dans leur travail sur et avec la Bible. Pour plus d’informations : www.la-bible.ch.