«L’islam doit tout à plusieurs femmes»

Marek HalterAprès s’être intéressé aux personnages féminins de la Bible, Marek Halter initie une série sur les femmes de l’islam avec « Khadija », la femme du Prophète, sans qui l’aventure musulmane n’aurait pu voir le jour… Rencontre.

Anne-Sylvie Sprenger pour La Vie protestante de Genève

Il est de bon ton, aujourd’hui, d’opposer femmes et islam. Pour beaucoup, en matière féminine, le Coran ne serait plus que synonyme de soumission, de voiles ou autres restrictions phallocratiques. Loin des clichés ambiants, le romancier d’origine juive polonaise Marek Halter a choisi de consacrer une trilogie à ces femmes qui ont su jouer un rôle prépondérant dans la naissance de cette religion.

L’islam est une religion qu’on oppose communément aux femmes, et pourtant, elle doit tout à une femme, « Khadija »…

Oui, c’est une religion, comme vous dites, où la femme n’a pas grand-chose à dire, et finalement peu de droits. Pourtant, l’islam doit tout à plusieurs femmes. A commencer par Khadija, la première épouse de Mahomet. C’est elle qui lui a tout appris, qui l’a soutenu et qui a surtout osé croire, avant même ce dernier, en cette Révélation divine. Mahomet l’a affirmé : sans elle, l’islam n’aurait pas vu le jour.

Que sait-on précisément, historiquement, de cette femme ?

C’était une femme riche, puissante et cultivée. Veuve, elle avait hérité de son mari d’une fortune et d’une entreprise de caravaniers. Elle faisait ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui de l’import-export. Elle envoyait des caravanes avec des marchandises de l’Afrique jusque dans la vallée du Gange. Et puis elle faisait également revenir de là-bas de la soierie et d’autres produits. Quand elle rencontre Mahomet, il n’est qu’un de ses caravaniers, de dix ans son cadet, pauvre et analphabète.

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Surveiller, une affaire d’éthique

surveillerLa surveillance est une tâche malaisée et malaimée. Sa nécessité n’échappe à personne mais nul n’apprécie d’être contrôlé. A l’opposé de la confiance, la surveillance infériorise et limite le surveillé. Vient-elle à manquer, on accusera l’autorité des pires négligences. Se fait-elle insistante, on craindra l’abus de pouvoir. La religion est souvent perçue comme une instance de contrôle des mœurs. Dieu n’est-il pas le gardien des âmes? A partir de la réflexion théologique, notre dossier illustre différentes formes adaptées de surveillance.

Jean-Jacques Beljean pour La VP Berne-Jura-Soleure

L’œil était dans la tombe et regardait Caïn… Quand, enfants, ma sœur, mon frère et moi demandions à notre père de nous faire peur, il commençait toujours par citer ce dernier vers du fameux poème «La conscience» de Victor Hugo, tiré de «La légende des siècles», texte qui raconte, à sa manière, le destin de l’assassin dans la fameuse histoire de Caïn et Abel au début du livre biblique de la Genèse. Mon père y mettait évidemment le ton. Et, paradoxalement, cette citation nous effrayait, nous rassurait et nous amusait en même temps. Nous nous sentions surveillés par cet œil qui suit Caïn partout, mais, en même temps, nous sentions obscurément que cette entité qui le surveillait était, en même temps, celle qui veillait sur lui.

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Et si l’islam aimait les femmes ?

femmesave-jpgOn dit du prophète Mohammed qu’il aimait trois choses: le parfum, les femmes et la prière. Des historiens montrent qu’il a octroyé davantage de droits aux femmes dans une époque où elles n’en avaient quasiment aucun.

A vue d’Esprit, RTSreligion Espace 2

Pourtant, lorsque l’on pense femmes et islam, les questions de lapidation, de polygamie, de droits inégaux entre hommes et femmes pour les questions d’héritage se posent.

Alors que s’est-il passé? Comment les successeurs du prophète se sont-ils positionnés face aux femmes? Comment les traditions misogynes préislamiques ont-elles progressivement fait leur retour jusqu’à s’inscrire dans les textes de jurisprudence de l’islam, les hadiths?

A l’occasion du « Congrès international féminin pour une culture de paix: parole aux femmes », qui s’est tenu à Oran en Algérie du 28 au 31 octobre 2014, Catherine Erard a pu rencontrer des islamologues qui interrogent les textes du corpus musulman concernant les femmes. Ce congrès était organisé par la confrérie soufie Alâwiyya, l’ONG internationale Aisa, et Djanatu al-Arif, des mouvements liés au Cheikh Khaled Bentounès.

Avec Mongia Souahi, professeure en sciences islamiques et exégète coranique; Issam Toualbi – Thaâlibi, docteur en histoire du Droit, licencié en théologie et religions, maître de conférences à la faculté de droit de l’université d’Alger; la psychanalyste Houria Abdelhoued, maître de conférences à l’universtié Paris 7; et le Cheikh Khaled Bentounès, guide spirituel de la confrérie soufie Alâwiyya

Une série proposée par Catherine Erard .

A écouter sur  A vue d’Esprit une proposition de RTSreligion Espace 2 

Lytta Basset :« La sensibilité n’est pas l’apanage d’un sexe »

BassetLytta Basset commence ses vacances en accordant un long entretien à La Vie protestante. Elle est comme ça, Lytta. Généreuse, passionnée.

Traitée de haut par les théologiens de l’académie, elle remplit amphis et salles de conférences. Ses livres sont édités à Paris ; ils sont lus par une foule avide de repères fiables et compréhensibles. Elle parle comme nulle autre du pardon, de l’amour, du malheur et de la joie.

Emmanuel Rolland pour La Vie protestante de Genève

Peut-on parler d’une théologie spécifique aux femmes ?

On m’a posé mille fois la question et, à vrai dire, elle m’agace. Je suis une femme ; forcément, je fais de la théologie comme une femme. Mais ce type de clivage est réducteur. La sensibilité n’est pas l’apanage d’un sexe. Je me retrouve complètement dans la théologie d’un Maurice Bellet par exemple. Je pourrais en citer des dizaines d’autres. A l’inverse, je peux me sentir totalement étrangère à une théologie pourtant écrite par une femme. L’équipe de rédaction de la revue La Chair et le Souffle, que j’ai fondée, est composée de très nombreux auteurs masculins. Disons que la part féminine a beaucoup été étouffée au cours des siècles, chez les hommes aussi.

Comment la définiriez-vous, cette part féminine ?

C’est ce que Jung a appelé en premier « l’anima », en opposition à « l’animus ». Les neurosciences, quant à elles, distinguent la partie droite du cerveau – siège de l’inspiration, de l’imagination, de l’intuition, qu’on dit « féminine » – de sa partie gauche, analytique et raisonnante, qu’on dit masculine.

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Spécificité des cultes dominicaux

Sandoz culteChaque semaine, Protestinfo laisse carte blanche à une personnalité réformée. Suzette Sandoz, professeur honoraire de droit à l’Université de Lausanne et membre du Synode de l’Eglise réformée vaudoise revient sur une proposition du programme du Conseil synodal.

Suzette Sandoz pour Protestinfo

Je fais partie de ces protestants peut-être en voie de disparition, et d’ailleurs considérés par certains comme attardés, qui se réjouissent, semaine après semaine, du culte dominical. Oh! Ce n’est pas que l’on manque d’occasions de fréquenter des cultes en semaine (enterrements, mariages, culte synodal, culte de consécration, etc.), mais le culte dominical a une tout autre dimension. Oserais-je dire, d’abord, que c’est un culte purement «gratuit»? On s’y rend, parce que le dimanche est un jour à part (autrefois qualifié de jour du Seigneur, mais cela sonne très démodé!). C’est donc un culte prévu pour Dieu d’abord et non pas en relation avec un événement humain ou une convenance humaine qu’un groupe de chrétiens désirerait –ce qui est parfaitement louable– placer sous le regard de Dieu.

Tout culte en semaine –sauf s’il s’agit évidemment de celui des grandes fêtes chrétiennes (Vendredi saint ou l’Ascension, par exemple)– est motivé d’abord par une convenance ou un événement humains. Le culte dominical, lui, est un moment tout à fait spécial parce que le dimanche (comme l’est le sabbat, à l’origine) est un jour mis à part, depuis des lustres et des lustres, par la volonté de Dieu, pour nous rappeler que lui seul nous libère de l’esclavage du péché et du poids de la vie du monde. J’avoue que ce ressourcement m’est indispensable.

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« Dieu m’a ouvert ses bras »

BarbeyLa comédienne et humoriste Claude-Inga Barbey a découvert la foi et cela a transformé sa vie. Elle en parle dans son spectacle « Laverie Paradis ». Avec humour et mordant

Vincent Volet pour Bonne Nouvelle

Vous venez d’une famille athée et vous avez découvert la foi ?
Claude-Inga Barbey : Oui. La foi m’a interpellée toute petite. Je me souviens avoir gagné un prix à l’école du dimanche, où j’étais allée de mon propre chef. C’était un petit téléphone rouge en plastique qui faisait taille-crayon. C’était peut-être une première ligne avec Dieu… J’ai vécu ensuite éloignée de la vie chrétienne. Jusqu’à il y a quatre ans, où j’ai eu une vision chez moi, et je n’ai plus pu revenir en arrière.

Une vision ? Comment cela s’est-il passé ?
Je l’ai eue dans ma chambre à coucher. Je me suis réveillée au milieu de la nuit et il y avait une présence, un homme, avec qui j’ai pu communiquer. Je me suis dit : « Tu es complètement cinglée, ma pauvre. » Je suis allée boire un verre d’eau et fumer une cigarette. Quand je suis remontée, il était toujours là. Il m’a dit que je ne devais plus douter de sa protection. Je me suis rendormie et le lendemain, la foi est descendue en moi comme de l’eau chaude. J’ai lu pour me défendre de cela car j’étais troublée. Saint Augustin, les Evangiles… Et puis à un moment donné, j’ai posé tous ces livres et je suis allée me faire baptiser.

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«Personne ne boit de l’alcool dans le but de finir intoxiqué et à l’hôpital»

addictionLe Groupe romand d’études des addictions s’oppose fermement à la révision de la loi sur l’assurance-maladie qui propose que les personnes hospitalisées pour une intoxication alcoolique en supportent les frais. Une initiative qui dessert complètement le travail de prévention.

Laurence Villoz pour Protestinfo

«Une personne en intoxication alcoolique est en danger de mort et requiert des soins médicaux», lâche Jean-Félix Savary, le secrétaire général, depuis dix ans, du Groupe romand d’études des addictions (GREA). La consultation sur la révision de l’assurance-maladie (LAMal) selon l’initiative du politicien UDC, Toni Bortoluzzi, «Coma éthylique. Aux personnes en cause de payer les frais des séjours hospitaliers et en cellule de dégrisement», s’est terminée fin octobre. Le GREA rejette vivement cette initiative qu’il qualifie de «dangereuse et radicalement opposée au travail de prévention».

Selon Jean-Félix Savary, ce sont les jeunes qui subiraient le plus cette initiative. «Par exemple, un groupe de préadolescents boit de l’alcool à l’insu de leurs parents. L’un d’eux profondément ivre s’endort inconscient. Plutôt que de l’emmener à l’hôpital et de devoir payer 2000 francs, les autres les laissent dormir en espérant qu’il ira mieux. Le lendemain, il est mort des suites d’un arrêt cardiaque», explique le secrétaire général. L’alcool agit comme un dépresseur du système nerveux. Après avoir consommé une grande quantité de boisson, la personne peut tomber dans un coma éthylique, arrêter de respirer et mourir. Alors qu’un alcoolique chronique – dont le profil type est un homme entre 40 et 50 ans – va forcément faire des séjours à l’hôpital, car il est malade, ce n’est pas le cas d’un préadolescent intoxiqué, s’il doit payer les frais.

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RTSreligion émissions radio de la semaine

rtsHautes fréquences RTSreligion La Première

Dimanche 9 novembre 19h-20

Femmes algériennes: la longue route vers l’égalité

L’Algérie a connu un retour en arrière sur la question du statut de la femme avec l’adoption, en 1984, d’un code de la famille basé sur une jurisprudence musulmane figée au XIIe siècle. Catherine Erard s’est rendue fin octobre à Oran, en Algérie, pour participer au « Congrès international féminin pour une culture de paix – parole aux femmes »

L’EPER a gagné à Strasbourg

La Cour européenne des droits de l’homme exige désormais de la Suisse qu’elle obtienne des garanties de l’Italie avant d’y renvoyer des réfugiés dits « cas Dublin ». Une victoire pour l’Entraide protestante suisse (EPER), qui a mené et défendu le cas à Strasbourg. Un tournant pour la politique d’asile? Sabine Petermann reçoit Philippe Bovey, secrétaire romand de l’EPER.

Chronique pèlerinage 5/5 – L’hindouisme

Le pèlerinage fait partie de la pratique religieuse hindoue. Que ce soit au bord d’une rivière, au sommet d’une montagne, dans une ville ou dans des hauts lieux liés à un mythe ou un grand personnage, les pèlerinages hindous sont divers et très variés. Ces lieux sont dispersés sur tout le territoire indien et même au-delà.

A la rencontre des chrétiens d’Orient

chretiens d'orientAu volant d’une Renault 4L, le français Vincent Gelot a traversé l’Orient pendent deux ans. Il raconte ses rencontres, l’existence minoritaire de ces chrétiens, leur exil et les conversions en Aise centrale.

A vue d’Esprit, RTSreligion Espace 2

Âgé de 26 ans, Vincent Gelot revient d’un voyage de 60’000 kilomètres à la rencontre des chrétiens d’Orient. Parti de Beyrouth en août 2012, ce jeune licencié en histoire et au bénéfice d’un master en droit humanitaire a traversé la Turquie, l’Irak, les pays du Caucase et ceux d’Asie centrale. Il s’est ensuite rendu à Djibouti, en Ethiopie, avant de remonter sur le Soudan et l’Egypte pour arriver enfin en Terre sainte.

Rentré à Nantes, en France, où il nous a reçu dans la demeure familiale, il raconte les rencontres humaines, le temps passé à prendre le temps, à découvrir et écouter ces femmes et ces hommes, à continuer dans un trajet volontaire, rempli d’inattendu. Revivant son itinéraire, il se prête à ce carnet de route en mémoire et transmet la réalité de ces minorités, souvent fragilisées, rapportant l’exode des chrétiens d’Irak et de Syrie, mais aussi leur émigration de Turquie, d’Iran comme du Caucase ou d’Asie centrale. Il parle aussi des nouveaux chrétiens qui augmentent dans les églises souterraines comme en Ouzbékistan.

Le jeune Nantais raconte ce qu’il a vu et vécu avec, sous la main, un imposant livre d’or, qu’il nomme « Le Livre d’Orient », un ouvrage vierge à son départ et dans lequel les personnes rencontrées ont marqué leur empreinte, par des mots et des représentations artistiques et dans lesquelles ils témoignent de leur existence, de leur foi, de leurs craintes et de leurs espoirs.

Une série proposée par Gabrielle Desarzens.

A écouter sur  A vue d’Esprit une proposition de RTSreligion Espace 2 

Des Dominicains au coeur de l’Islam

islamDepuis 60 ans, l’Institut dominicain d’études orientales du Caire oeuvre à une meilleure connaissance du monde musulman. A la fois sentinelle et phare, cet institut bâtit des passerelles entre islam et christianisme. C’est un « Think tank » focalisé sur les mutations politico-religieuses du monde arabo-musulman.

On y étudie et revisite les textes saints des 10 premiers siècles après la révélation de Mahomet. Il y a des traits d’union, des points de débats convergents entre les textes chrétiens et islamiques. Il est salutaire de l’apprendre pour déjouer les préjugés. Avec humilité et respect, les dominicains mettent à disposition leur savoir, leurs techniques d’analyses et le fond de leur énorme bibliothèque pour créer les conditions nécessaires aux dialogues. Ils aident ainsi les chercheurs musulmans à mettre en place des outils de réflexion pour favoriser l’émergence d’un « aggiornamento » de l’islam.

Dieu sait quoi propose un film qui accompagne dans l’intelligence de ce qui rapproche. Il a été tourné en hiver 2013 dans une capitale cairote en pleine ébullition.

Un film de Bernadette Sauvaget et Carine Poidatz

Production: Stella Productions, Via Stella / France 3 Corse, Histoire et RTS (2014)

Proposé par Emmanuel Tagnard

A voir Dieu sait quoi RTSun, une production RTS Religion - Medias pro - CCR