Thomas Römer: «vous ne pouvez pas comprendre le monde actuel, si vous n’avez aucune idée du texte biblique»

RomerEn ce début d’année, Thomas Römer, professeur d’«Ancien Testament» à L’Université de Lausanne et de «milieux bibliques» au Collège de France, a publié «L’invention de Dieu» (Editions du Seuil), quelques semaines seulement après la parution de «La Bible quelles histoires!» (Labor et Fides), un livre d’entretiens avec la journaliste Estelle Villeneuve.

Dans «L’invention de Dieu», Thomas Römer mène l’enquête sur l’apparition de Yahvé, ses origines géographiques, et sa fixation progressive en dieu d’Israël puis en dieu unique. Pour ce faire, il présente un état de la recherche en sciences bibliques, d’un point de vue archéologique notamment. Protestinfo l’a rencontré. 

Joel Burri pour Protestinfo

Ces multiples publications témoignent de l’importance que vous accordez à partager l’état de la recherche en Ancien Testament. Mais à quel public vous adressez-vous?

L’idée, surtout pour l’«invention de Dieu», c’est que cela sorte un peu des réseaux Eglises-paroisses-groupes bibliques. Les éditions du Seuil ne s’adressent pas tellement à ce public-là. Cela s’adresse à des gens qui ont quand même quelques idées à la fois sur l’histoire, sur la culture et la civilisation. Un public cultivé: des gens qui s’intéressent aux origines du christianisme, du judaïsme et aussi de l’islam d’une certaine manière.

«La Bible quelle histoire» s’adresse peut-être davantage au public traditionnel qui manifeste un intérêt aux origines de la Bible, mais d’après les échos que j’ai eus, ce livre est aussi lu et commenté par des gens qui ne sont pas forcement le public traditionnel des conférences sur la Bible.

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Comme une énigme, le conte repose au fond de nos vies

Alix NobleLe mythe raconte l’origine d’un peuple, l’origine d’une culture,  l’origine de l’humain, le rapport infiniment complexe de l’homme  avec la mort, avec le monde des dieux, avec la nature qui l’entoure et qu’il ne comprend pas.

Alix Noble-Burnand pour La Vie Protestante de Genève

Apparemment simple, parfois lapidaire, le mythe résiste à l’analyse superficielle. Il est le résultat de siècles de transmission orale et se compose de motifs d’une densité symbolique rare. Chaque culture  semble s’être dotée de mythes spécifiques. Des Perses aux Inuits, en passant par les Hébreux, les clans s’ancrent dans une mémoire commune transmise de générations en générations sous forme de récits comme Gilgamesh pour la Perse, par exemple, le Mahàbhàrata pour l’Inde, les nombreuses histoires des  dieux de l’Olympe pour les Grecs, et une partie de la Genèse pour les Hébreux . La culture judéo-chrétienne, ainsi que l’Islam ont ainsi en commun les textes composant les onze premiers  chapitres de la Genèse.

Mes racines

Ces onze chapitres, la Création du monde, le jardin, le fruit, le meurtre d’Abel, la création de la première ville, le déluge et enfin Babel, représentent pour moi la partie « mythique » de ma culture, le socle sur lequel s’ancrent représentations et symboles communs à ceux de mon « clan ». Transmises de générations en générations, souvent à notre insu, ces histoires forment un sédiment riche où puiser motifs, références,  symboles, façons de se dire et sentiments d’appartenance.

Dans ma pratique de conteuse, ces récits ont une place à part et s’adressent à un public particulier. Si les contes merveilleux sont  indiqués pour tout public dès l’âge de 5 ans, je réserve le mythe aux adultes et aux adolescents. Il s’agit en effet de les initier à un récit qui ne s’explique pas. Qui n’est pas forcément cohérent et qui soulève des questions auxquelles il ne répond pas. C’est l’ombre des dieux et le mystère de l’origine qui est raconté ici.  Et le poids du destin sur l’individu. Et l’impuissance de l’humain face aux dieux. Raconter Œdipe à des adolescents de 15 ans me demande toujours du courage, tellement j’ai l’impression de leur raconter une forme de vérité implacable dont j’aimerais tant par ailleurs qu’ils soient protégés.

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Qu’est-ce que la vérité?

ShafiqueL’écrivain et théologien Shafique Keshavjee publie «La reine, le moine et le glouton». Le grand débat des convictions

Protestinfo et Bonne Nouvelle

«Ce qu’il voulait connaître, c’était l’unique vérité qui se réfracte sous de multiples facettes.» Ainsi, le roi en pleine quête spirituelle et existentielle organise un «Grand débat des convictions» qui aborde trois questions fondamentales: Que puis-je connaître? Que puis-je espérer? Et que puis-je vivre? Pour y répondre, il réunit un professeur de philosophie, un biologiste athée, une mathématicienne chrétienne et une professeure de yoga. Chaque invité explique alors sa vision du monde devant un auditoire comble, lors d’un colloque de plusieurs jours, à l’université. Alors que les spécialistes expriment leurs opinions sur l’esprit et la matière ou encore l’humain et la nature, à l’extérieur, la vie suit son cours et tourmente les principaux protagonistes. Entre amour et mort, infidélité et attentat, les déboires et bonheurs des personnages illustrent les thèmes du grand débat.

Dans son nouvel ouvrage «La reine, le moine et le glouton. La grande fissure des fondations», Shafique Keshavjee présente trois visions du monde qui s’opposent et se rejoignent sur certains points: le matérialisme, le monothéisme et le monoholisme – qui regroupe l’ensemble des perspectives selon lesquelles le réel est un tout unifiant le divin et le cosmique. Le théologien signe ici le troisième volet d’une trilogie débutée avec «Le roi, le sage et le bouffon», vendu à 200 000 exemplaires, suivi de «La princesse et le prophète». Le «Grand débat des convictions» se déroule dans le même royaume, quelques années plus tard que «Le Grand tournoi des religions». Si l’on retrouve certains personnages, chaque roman peut être lu séparément.

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Développer une vie spirituelle… avec Etty Hillesum

EttyComment intégrer une vie intérieure riche et profonde ?
Ce sera l’objectif d’un nouveau parcours que vous propose dès septembre l’Eglise protestante de Genève au Temple de la Madeleine.

Nils Phildius pour La Vie protestante de Genève

Comment vivre une vie spirituelle au quotidien ? Il n’est pas évident de vivre cette dimension dans le concret de nos existences. La plupart d’entre nous ont le sentiment d’être comme divisés intérieurement et de vivre constamment dans un état de dispersion, courant d’un « faire » à l’autre. Beaucoup de personnes aspirent à une unification de leur Développer une vie spirituelle… avec Etty Hillesum être, mais malheureusement peu en trouvent le chemin. Et quand certains font parfois des expériences spirituelles très fortes, ils constatent avec dépit que celles-ci ne durent pas.
Comment intégrer une vie intérieure riche et profonde ? Ce sera l’objectif d’un nouveau parcours que vous proposera dès septembre l’Eglise protestante de Genève en lien avec plusieurs partenaires. Cet « Atelier de spiritualité chrétienne » aura lieu tous les mardis durant deux ans au Temple de la Madeleine et proposera différentes démarches prenant en compte la trinité de la personne humaine : corps, âme, esprit.
Le fil rouge de cet atelier sera le journal d’Etty Hillesum, car il montre un chemin, un itinéraire spirituel qui peut rejoindre l’aspiration de toutes celles et tous ceux qui cherchent à vivre de Dieu au quotidien.

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Ecouter la série d’émission Etty Hillesum, la liberté retrouvée un proposition de RTSreligion sur Espace 2

Marie Cénec : Une active contemplative

CenecMère, pasteure et auteure, Marie Cénec jongle avec le temps. La Fusterie ainsi que la paroisse de Champel-Malagou permettent toutefois à cette fille des villes de combler ses rêves de créativité, sa soif intellectuelle et son goût prononcé pour la prédication

Marianne Wanstall pour La Vie protestante de Genève

Claquement de roues dans le couloir, petits trots derrière la porte. Marie Cénec arrive à l’heure pour l’interview. Elle circule partout à pied ou en bus tirant derrière elle son inséparable mallette à roulettes chargée de livres qui la suit dans son Triangle d’Or : Maison/ Fusterie/ Champel-Malagnou.

Aujourd’hui, rayonnante sur la couverture du premier livre qu’elle a publié, elle trône sur les rayons des grandes librairies aussi bien genevoises que parisiennes. Qu’elle est loin l’époque où jeune stagiaire elle s’émerveillait de pouvoir « enfin manger autre chose que des pâtes… » quand on l’invitait à déjeuner. A l’époque, en effet, le maigre salaire d’une apprentie pasteure l’obligeait à choisir entre aller chez le coiffeur ou manger un steak !

Mais qu’est-ce qui a bien pu prédisposer Marie Cénec à devenir pasteure ? Née à Strasbourg de parents lorrains, catholiques non pratiquants, elle est l’aînée d’une fratrie de cinq enfants. Dès l’âge de 6 ans et pendant une décennie, elle suit ses parents qui partent à la découverte de nombreux mouvements évangéliques. Si c’est sans doute de son père, journaliste, qu’elle tient sa curiosité intellectuelle, sa vocation s’est peut-être forgéeau moment où elle a appris à lire dans la Bible. A 16 ans, éprise d’absolu, elle serait peut-être devenue jésuite si elle avait été un homme ! Dans cette immersion en milieu évangélique, il n’y avait aucune place pour les femmes pasteures. Et si cette sagittaire, féministe au caractère bien trempé y avait inconsciemment trouvé un défi à relever ?

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Changer le cantique suisse?

CantiqueChaque mercredi, Protestinfo donne carte blanche à un chroniqueur. L’ancienne conseillère nationale libérale vaudoise, Suzette Sandoz se pose la question: un hymne national, ça sert à quoi?

Suzette Sandoz pour Protestinfo

A quoi peut bien servir un hymne national ou patriotique? De nos jours, la réponse est simple: aux manifestations sportives olympiques. Et peu importe que les champions en sachent les paroles ou non, de toute manière, à quelques exceptions près, nombreux sont ceux qui, comme leurs fans, ne pratiquent que le patriotisme de pacotille ou le chauvinisme bêtifiant qui marque le sport international.

Dès lors se pose à nouveau la question: à quoi peut bien servir un hymne national ou patriotique? A entretenir l’instinct belliqueux des citoyens qu’il appelle aux armes? A célébrer le triomphe des Droits de l’homme (voir l’Hymne vaudois)? A exprimer simplement l’amour de la patrie et la reconnaissance envers Dieu ou la confiance en Lui (Cantique suisse)? Les paroles datent souvent d’un autre siècle (milieu du XIXe pour le cantique suisse). Elles sont démodées, les airs aussi. D’ailleurs, qui en sait encore toutes les paroles? Même des autorités politiques ne les retiennent pas toujours. Et il est prudent, en Suisse en tous les cas, de remettre un texte à chaque participant avant une manifestation patriotique!

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Des livres pour un été spirituel

ETEVous voulez profiter de vos jours de congé pour vous plonger dans des ouvrages plaisants et enrichissants? Nos suggestions

Vincent Volet pour Bonne Nouvelle

Devenir heureux

Choisir d’aller de l’avant et agir en s’insurgeant contre ses angoisses et ses tristesses. C’est la démarche spirituelle que propose la théologienne Francine Carillo. Cultiver la joie plutôt que la plainte et la patience plutôt que l’urgence sont autant de conseils qui nous appellent à la vie. Et se mettre à respirer autrement grâce au souffle de Dieu.

  • Francine Carillo, «Pour une spiritualité de l’insurrection», coédition Ouverture – Olivétan – OPEC

Redécouvrir Taizé

Frère Aloïs, prieur de Taizé, publie un recueil de lettres adressées aux jeunes. Faire preuve de solidarité et d’écoute, créer une humanité et revivifier le message de paix et d’amour, quelques bases pour témoigner de l’Evangile et s’engager dans le monde moderne où «la foi est le risque de la confiance».

  • Frère Aloïs, de Taizé, «Pèlerins de confiance. Le chemin de communion suivi à Taizé», Les Presses de Taizé

Et aussi les textes les plus célèbres et toujours actuels de Frère Roger, fondateur de la communauté de Taizé.

  • Frère Roger, de Taizé, «Vivre l’aujourd’hui de Dieu et les premiers livres», Les Presses de Taizé

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