L'Apocalypse de Saint Jean au Théâtre à Genève:Un texte biblique mis à la portée du grand public

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L'Apocalypse de Saint Jean au Théâtre à Genève:Un texte biblique mis à la portée du grand public

2 novembre 2000
Opéra parlé, poème dramatique, show biblique ?" L'Apocalypse de Saint Jean"qui sera joué sur la scène du Théâtre des Forces Motrices à Genève du 7 au 12 novembre, est un spectacle qui n'obéit à aucune mode
Ce qui ravit Richard Vachoux, qui tient le rôle du visionnaire de Patmos dans la fresque imaginée par le metteur en scène Pierre-Alexandre Jauffret sur une adaptation du dernier des livres du Nouveau Testament de Jean-Bernard Livio. Seul comédien professionnel au milieu d'une centaine de figurants bénévoles, il défend avec fougue "la vérité d'une parole tranchante". L'occasion pour le public de (re)découvrir ce texte foisonnant de symboles, écrit pour aider les hommes à traverser les moments difficiles de leur vie. Ambiance de répétition et interview du metteur en scène.Dans la nef de l'église des Pâquis à Genève, une centaine de comédiens amateurs, de techniciens et de bénévoles enthousiastes forment une houle humaine sombre dont le metteur en scène Pierre-Alexandre Jauffret orchestre les amples mouvements.Des silhouettes ployant sous de lourds fardeaux croisent des gens qui avancent au pas saccadé des robots. Un tyran porté par des hommes fait claquer son fouet au-dessus de la foule tout habillée de noir. Un immense voile les recouvre alors du rouge sanglant du sang, de la guerre, des violences et du péché, puis se transforme en une pyramide secouée de convulsions. L'effet est fort. La voix de Dieu tombe du ciel, Jean l'écoute et transcrit ses visions.

"La scène devient lieu de liturgie" explique le comédien Richard Vachoux, ancien directeur de La Comédie à Genève qui prête sa voix, sa stature et sa crinière blanche au personnage de Jean.

Dans la foule des figurants, des enfants, des femmes, des hommes, des têtes chenues. Parmi eux, Charles, 72 ans, ancien ingénieur civil, et sa femme Madeleine, qui n'ont jamais mis le pied sur une scène avant cette aventure. "Ils avaient besoin de vieux, d'hommes surtout, alors nous nous sommes annoncés", expliquent-ils. Ils se disent impressionnés par le texte auquel ils donnent souffle, et par le travail énorme qui a été fait pour réussir le pari de vouloir présenter l'Apocalypse au grand public. Un texte difficile, méconnu, dont ils ont découvert la parole porteuse d'espérance.

§Amateurisme maîtrisé Le projet de ce spectacle est l'idée un peu folle d'un trio,le Père Jean-Bernard Livio, bibliste spécialiste de l'Apocalypse, Olivier Labarthe, pasteur, et Jean-Claude Rivolle. De nombreux amis les rejoignent, puis les figurants, recrutés par voie d'annonces dans les journaux et dans les paroisses. Personne ne compte ses heures ni sa peine. L'amateurisme est maîtrisé par des jeux de lumières, le savoir-faire des ingénieurs du son et de la scène.