Asile – Les Eglises et l'EPER consternés, Claude Ruey en tête

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Asile – Les Eglises et l'EPER consternés, Claude Ruey en tête

Tania Buri
15 juin 2012
La situation se durcit pour les requérants en Suisse. Malgré les appels de la gauche et des Eglises, les requérants voient leurs droits diminuer après le débat au Conseil National mercredi 13 et jeudi 14 juin. Claude Ruey, président de l'Entraide protestante suisse (EPER), montre du doigt ses anciens collègues de droite au Parlement.




A l'avenir, les requérants d'asile n'auront plus droit à l'aide sociale, mais devront se contenter de l'aide d'urgence. Claude Ruey, l'ancien conseiller national vaudois libéral-radical, estime que «cela revient à fabriquer des criminels. C'est carrément un pousse-au-crime, a-t-il déclaré sur les sites en ligne de 24 Heures et La Tribune de Genève. En plus, on punit du même coup les vrais persécutés, et cela revient à mettre tout le monde en prison sous prétexte qu'il y a des voleurs».

Claude Ruey avait pourtant adressé une lettre à ses anciens collègues pour s'opposer au durcissement de la loi sur l'asile. Il n'était pas le seul. L'EPER ainsi que les protestants, les catholiques et les catholiques-chrétiens genevois ont également exhorté les partis politiques et leurs représentants aux Chambres fédérales à «résister à la tentation de solutions injustes et inhumaines».

Ils n'ont pas été entendus. Pour Claude Ruey, régler les problèmes d'incivilité et de délinquance par la loi sur l'asile n'a pas de sens. «Ce n'est pas en durcissant les règles et en violant les principes du respect des droits humaines pour ceux qui sont des vrais réfugiés qu'on avancera».

Pour lutter contre la délinquance, «c'est sur le plan pénal qu'il faut agir»

Pour lutter contre la délinquance, «c'est sur le plan pénal qu'il faut agir, poursuit le Vaudois. Les dealers qui se font arrêter sont relâchés une heure plus tard parce que le juge doit respecter le code actuel de procédure pénale et son système aberrant de jours amendes».

Outre la fin du droit à l'aide sociale pour les requérants, le regroupement familial sera à l'avenir limité. Des centres spéciaux pour loger les requérants récalcitrants et délinquants seront organisés. Déposer des demandes d'asile dans les ambassades est désormais interdit. Et l'asile ne sera plus accordé aux déserteurs.

Au niveau national, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS), avec les catholiques (CES) , les catholiques-chrétiens (ECCA) et la communauté israélite (FSCI) ont lancé un appel conjoint pour le Dimanche des réfugiés et le Sabbat des réfugiés les 16 et 17 juin. Ces communautés et Eglises rappellent qu'elles sont aux côtés des réfugiés de longue date. «Le respect de la dignité humaine de chaque personne indépendamment de sa race, de sa langue, de sa religion, de son sexe ou de sa position sociale appartient aux fondements de notre Etat et de notre culture. Ce fondement doit particulièrement s'exprimer dans notre attitude envers les faibles, les défavorisés, les requérant d'asile et les réfugiés».