Europe en crise: Amnesty dénonce les violences policières

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Europe en crise: Amnesty dénonce les violences policières

25 octobre 2012
Amnesty International exige des mesures fermes de la part des gouvernements de l'Union européenne. Dans le viseur de l'organisation: l'impunité de l'utilisation excessive de la force par les policiers. Selon elle, des personnes auraient par exemple été rouées de coups alors qu'elles manifestaient pacifiquement contre les mesures d'austérité.


Coups de pied, usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc: dans son rapport intitulé "Policing demonstrations in the European Union"*, Amnesty International dénonce l'usage excessif de la force contre des manifestants et des journalistes.

Mais aussi les arrestations arbitraires et les entraves à l'accès à l'assistance médicale, fait savoir l'organisation dans un communiqué. Elle demande aux gouvernements d'enquêter sur ces violations des droits humains et d'empêcher que de nouvelles atteintes se produisent.

« Oui, la police est responsable de la protection de la sécurité publique, de la loi et de l'ordre », a déclaré Fotis Filippou, coordinnateur de campagne pour l'Europe et l'Asie centrale à Amnesty International. « Mais elle est également chargée de faire en sorte que, sur les territoires dont elle a la charge, chacun puisse exercer son droit à la réunion pacifique. »

Concilier liberté d'expression et ordre public

Les gouvernements doivent réaffirmer et expliquer clairement que les policiers ne sont autorisés à recourir à la force que dans les cas de stricte nécessité, poursuit le coordinateur. « Ils doivent adopter des directives fermes sur l'usage de dispositifs antiémeutes potentiellement meurtriers, comme le gaz poivre et le gaz lacrymogène, les canons à eau et les balles en caoutchouc.»

Selon Amnesty, ni Yiannis Kafkas, ni Angela Jaramillo, ni Andrei Ristache et son père Augustin ne représentaient une menace apparente pour la police ou les gens autour d'eux lorsqu'ils ont été frappés par des policiers ; respectivement en mai 2011 à Athènes, en août 2011 à Madrid et en janvier 2012 à Bucarest, si violemment qu'ils ont dû recevoir des soins médicaux.

« La police, qui est généralement le bras de l'Etat le plus visible, doit réussir à concilier la protection du droit à la liberté d'expression et le maintien de l'ordre public », a déclaré Fotis Filippou. « Ce n'est pas une tâche aisée. Elle peut s'acquitter de cette mission en respectant dans ses opérations de maintien de l'ordre les normes internationales existantes et les directives en matière de bonnes pratiques. » (comm./sr)


*A lire
En ligne, le rapport d'AI, en anglais.