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Temple de Porrentruy (©AUJ)

Croix, ténèbres, voile… Par la mort de Jésus, le récit de Vendredi-Saint nous livre l’image d’un Dieu tragique. Un Dieu qui s’incarne jusque dans la solitude, la finitude et l’incertitude. Cela nous amène à penser Dieu autrement qu’une puissance morale qui nous dirait «tu dois» ou «il faut».  Ce Dieu tragique nous livre un message existentiel poignant: oser être soi-même. De quoi me détacher pour retrouver l’authenticité de mon être? Qu’est-ce qui me définit dans mon existence?

Eglise d'Ecublens (©AUJ)

La fête des Rameaux nous fait découvrir un Dieu qu’on n’attendait pas. Juché sur un ânon, Jésus nous invite à un radical changement de nos valeurs. Il met en crise l’image que nous avions du succès et de l’autorité. Il nous appelle à nous engager sur le chemin de l’humilité et de la paix car c’est là que se trouve la vie véritable.

Ecublens (©Pipouchat, CC BY-SA 3.0 Wikimedia Commons)

On peut manquer ses rendez-vous avec Dieu, en l’attendant ailleurs qu’il ne vient, en l’imaginant autre qu’il n’est, en se faisant de lui une image qui ne lui va pas.

Le Carême, c’est le moment de mettre sa montre à l’heure… de Dieu. Comment vient-il à nous, ce Dieu parfois si difficile à saisir?

Eglise d'Ecublens (©AUJ)

Toute l’humanité est invitée au repas du royaume puisque Jésus est celui qui rassemble. Jésus accueille dans sa présence, près de lui (pas seulement à sa table), toute personne. Et pour cela pas besoin de montrer «patte blanche».

Dans les textes bibliques, il existe un lien entre repas et éternité, entre fin de la mort et joie du partage autour de la table, avec des mets raffinés.

Oron,_Eglise_réformée,_entrée_principale (©Odrade123, CC BY-SA 3.0 Wikimedia Commons)

Tel un Gédéon soustrait au regard des ennemis dans un pressoir à raisin avec le blé qu’il bat, tel un aveugle que Jésus extirpe du village pour lui rendre la vue, ne serions-nous pas appelés à puiser force et vocation hors des sentiers battus?

Lorsque le passé bouche l’horizon, l’appel perçu et suivi peut alors représenter le décalage salutaire pour que la vie de Dieu batte à nouveau son plein: la libération pour Gédéon et la guérison pour l’aveugle.

Quid pour nous, pour l’Église et pour notre monde?

Temple d'Oron (©Odrade123, CC BY-SA 3.0 Wikimedia Commons)

Jésus appelle Lévi à le suivre. Le collecteur d’impôt obtempère derechef, sans poser de question. Et même, il invite Jésus pour fêter cela entre amis, suscitant l’ire des bien-croyants. Pensez: manger avec les voleurs et la racaille!

L’apôtre Paul l’a martelé aux Corinthiens: ne fréquentez pas les gens de mauvaise vie, de peur d’être entraînés à votre tour dans la débauche!

Qui donc a raison d’entre Jésus et Paul? Débat intéressant…

Église réformée d'Oron-la-Ville (Ludovic Péron, CC BY-SA 3.0 Wikimedia Commons)

La vocation chrétienne peut être perçue comme une charge pénible à porter, faite de diverses obligations qui limitent notre liberté d’action. Lorsque Paul enjoint les chrétiens à «revêtir le Christ», ne nous incite-t-il pas à endosser une bien lourde responsabilité, ne nous enferme-t-il pas dans un carcan? Pourtant, Jésus dit que son joug est facile et son fardeau léger. Un paradoxe qui devient compréhensible grâce au récit de la vocation d’Élisée, auquel Élie jette son manteau; or ce vêtement possède des vertus prodigieuses…

Abbatiale de Romainmôtier (©AUJ)

Où l’auditeur réalise qu’il est des situations dans lesquelles les humains sont réduits à des taches, mais que certaines paroles et certains gestes disent quelque chose de plus large, de plus accueillant et finalement de plus bienfaisant.

Abbatiale de Romainmôtier (©AUJ)

Où l’auditeur est invité à reconnaître que la vie des humains peut être absolument misérable mais qu’il reste un semblant d’espoir lorsque même la guérison d’une belle-mère peut devenir un sujet de réjouissance.