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Jésus, juste après avoir été acclamé lors de son entrée à Jérusalem, s'arrête près d'un figuier de belle apparence ; il a faim. Mais, à y chercher de plus près, il ne trouve pas ce qu'il venait chercher. Le figuier ne lui offre pas ce qu'il était censé lui donner: un fruit et plus précisément une figue pour apaiser sa faim !Ne pouvant assouvir sa faim, Jésus prononce devant les disciples une de « ses » paroles dont il a le secret et difficile à comprendre. Comment ne pas éprouver de la colère en lisant ce texte: « Que jamais plus personne ne mange de tes fruits ! »
Si nous pouvons accepter ce sentiment de colère, que Jésus va déployer quelques instant plus tard au Temple contre ceux qui s'enrichissent du religieux, il est plus difficile de comprendre que la nature en soit l'objet.
Que signifie cette parole? Jésus ne supporterait-il pas ce qui, dans le monde et dans la nature, ne donne pas de fruit ?
La gestion irresponsable de certaines terres a conduit à la désertification. Le « désert » est alors considéré comme un échec, l’élargissement des territoires où rien ne pousse, l’agrandissement des terrains de mort.
Or dans la Bible, le désert est aussi le lieu de la relation « juste » entre Dieu et son peuple. Le lieu par excellence où le peuple expérimente la générosité de Dieu.
C’est au désert que Jean-Baptiste prêche la conversion, c’est au désert que Jésus est tenté … Et si la fameuse phrase de Saint-Exupéry était un résumé assez saisissant de la pensée biblique sur le désert?
Notre planète est malade. Et ni la technique, ni le marché, ni des choix autoritaires ne parviendront à changer quoi que ce soit. Pour qu’un véritable choix de « sobriété volontaire » puisse être fait, ne faudrait-il pas considérer la spiritualité non pas comme une option complémentaire, mais comme un moteur ?
Avec tout ce que j’ai fait pour elle, comment peut-elle me faire cela? Avec tous les services que je lui ai rendus comment peut-il ne pas répondre à ma demande?
Combien de fois attendons-nous quelque chose en retour de nos gestes ou de notre disponibilité? Bien souvent, la conséquence en est la déception, la colère, voire la rancoeur. Comment s’ouvrir aux autres, donner de soi tout en restant bien avec soi? Un chemin est-il possible?
«Sois reconnaissant envers Dieu ! » Est-ce un enseignement, un devoir? «Dis merci à Dieu », un peu comme «dis merci au Monsieur ».... Et si la reconnaissance n’était pas un devoir?
Pour la pasteure Marie-Laure Kraff, elle naît, telle un cadeau déposé en nous par Dieu, comme une graine qui ne demande qu’à germer. Nous pouvons naître à la re-connaissance, parce que Dieu nous re-connaît toujours le premier, avec cet amour têtu qui le caractérise. La reconnaissance n’est pas le but à atteindre, ni un devoir à accomplir. Au contraire, c’est d’elle que tout commence…
La reconnaissance est le fil rouge de la série de cultes retransmis depuis la Blanche-Église. Souvent comprise comme un sentiment béat qui devrait se réjouir de tout, n’est-elle pas davantage un étonnement et un don ? Ni forcée, ni allant de soi, elle est spontanée et profonde dans le regard qu’elle pose sur les autres et la vie en Dieu. Elle découvre la valeur présente avec une intelligence du coeur qui discerne, devine, voit au-delà des apparences. Et si l’homme était d’abord invité à vivre la « reconnaissance originelle »: le bien et le beau avant tout chose, en « rendant grâces » ?














