Les multiples visages du divin

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La pièce sur les violences religieuses
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Les multiples visages du divin

9 octobre 2019
Véritable voyage à travers les différentes pratiques religieuses, l’exposition «Dieu(x), modes d’emploi» joue subtilement entre les particularités de chaque croyance et leur caractère universel. À découvrir dès le 11 octobre, à Palexpo, Genève.

«On observe une remontée du religieux un peu partout dans le monde. Or, en Europe, à cause de la sécularisation, les gens n’ont plus les clés pour comprendre ce phénomène», explique Elie Barnavi, le concepteur de l’exposition «Dieu(x), modes d’emploi». Dès le 11 octobre, les visiteurs pourront découvrir, à Palexpo, les multiples systèmes de croyances du monde à travers leurs pratiques. «Si les religions répondent, chacune à leur manière, aux questionnements des hommes, elles comportent de nombreux points communs. Cette exposition vise donc à créer du lien social. L’objectif est politique dans le sens de la vie dans la cité», ajoute Elie Barnavi.

L’exposition «Dieu(x), modes d’emploi» a vu le jour en 2006. Avant d’arriver à Genève, elle a été présentée, entre autres, à Bruxelles, Paris, Madrid et Ottawa. Conçue sous la direction de la société Tempora et du Musée de l’Europe à Bruxelles, l’exposition bénéficie, à chaque fois, de quelques adaptations en fonction du lieu où elle est présentée. «Pour Genève, plusieurs éléments en lien avec le protestantisme ont été ajoutés», relève Isabelle Benoît, co-commissaire de l’exposition.

La visite évolue de façon thématique, sans aucune hiérarchisation de l’une ou l’autre croyance. Judaïsme, christianisme, islam, bouddhisme, hindouisme, communisme, entre autres, sont présentés selon leurs divinités, leur conception de l’au-delà et du temps qui passe, leurs cultes ou encore leur perception du corps. Le visiteur découvre ainsi un buste de Staline aux côtés de la Vierge Marie, d’une statue de Ganesh et d’une croix huguenote. Puis sur des écrans, des fidèles décrivent leur propre perception de l’au-delà. Dans un autre espace, les rituels de passages sont à l’honneur. «Les religions ponctuent les étapes essentielles de la vie, comme la naissance, le passage à l’âge adulte ou la mort», explique Isabelle Benoît. Près de 200 objets, photographies, témoignages, installations artistiques et multimédias plongent le badaud dans la particularité des croyances et leur universalité.

L’universalité de la violence

Une universalité qui se retrouve jusque dans la violence. Au cœur de l’exposition, le visiteur rejoint une salle de spectacle. Dans la pénombre, il assiste à une pièce de théâtre. En vingt minutes, il voit défiler devant ses yeux près de 2000 ans de violences religieuses. Sur scène, quatre comédiennes jouent «Au commencement» de Philippe Blasband.

Cette pièce écrite pour l’exposition se compose d’une dizaine de tableaux qui illustrent chacun une guerre de religions qui s'est déroulée à différents moments de l’histoire: le siège de Jérusalem pendant la première croisade en 1099; des femmes brulées vives lors des chasses aux sorcières; Louis XIV forçant les familles protestantes à se convertir en 1681; ou encore l’attentat-suicide dirigé par le Hamas contre un bus israélien en 2002 à Jérusalem. Chacun de ces massacres a été commis au nom de la religion. «L’Occident chrétien a décidé de séparer l’État et la religion. La laïcité est-elle la seule solution? Sans doute…bien qu’elle soit difficilement exportable», conclut le narrateur en voix off.

Infos pratiques

L’exposition «Dieu(x), modes d’emploi» se tiendra du 11 octobre 2019 au 19 janvier 2020, à Palexpo, Genève. Elle est gratuite et s’adresse à tous les publics.