Oui au Mac-drive, non au culte drive-in

Après une première très concluante dimanche 26 avril, le culte en mode drive-in d’une paroisse évangélique de Sion ne pourra se répéter / DR
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Après une première très concluante dimanche 26 avril, le culte en mode drive-in d’une paroisse évangélique de Sion ne pourra se répéter
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Oui au Mac-drive, non au culte drive-in

Gabrielle Desarzens, Myfreelife.ch
1 mai 2020
Après une première très concluante dimanche 26 avril, le culte en mode drive-in d’une paroisse évangélique de Sion ne pourra se répéter: le pasteur Matthias Radloff a reçu mercredi 29 avril une interdiction de la part des autorités cantonales. Il fulmine.

«Je ne voulais pas en faire un nouveau style d’église, mais juste encourager la communion, le contact entre les membres de la communauté locale pendant ce temps de semi-confinement. À l’heure où l’on ne peut plus se rassembler dans la même salle, la solution du drive-in m’avait semblé respecter les normes sanitaires, et les participants ont vraiment eu du plaisir à se voir!»

Zèle administratif?

Matthias Radloff, pasteur de l’Église évangélique Mosaïque de Sion (de la Fédération Chrischona), a du mal avec cette décision toute administrative: «On peut voir des queues de voitures devant des chaînes de restauration rapide, mais une dizaine de voitures en arc de cercle sur un parking de 400 places est interdit? Où est la logique dans tout ça?» Suite à de très bons contacts avec la police locale, c’est le formulaire qu’il a rempli et envoyé pour une demande «dans les formes» au niveau cantonal qui a été sanctionné. «J’ai envoyé le formulaire ad hoc à 10h30 mercredi. A 14h, je recevais l’interdiction, au motif que toute manifestation publique ou privée est interdite.»

Guitariste dans le coffre

En ces temps difficiles, Matthias Radloff a trouvé sur Internet cette idée de faire église autrement. La formule est pratiquée notamment aux États-Unis. Dimanche 26 avril, ce sont 10 voitures, avec 24 personnes à bord qui ont entouré le pasteur invité vaudois Philippe Bottemane sur les bords de l’autoroute, dans la banlieue de Sion. Un guitariste assis dans le coffre de son véhicule a essayé d’entraîner les participants dans les chants. «Mais il y avait un décalage sonore, on n’était techniquement pas très au point», indique le responsable de l’Église Mosaïque en riant. «Cela dit, on était ensemble et cela faisait du bien!»

La prédication était retransmise par l’application zoom dans les habitacles comme aussi auprès de celles et ceux restés à la maison. «Mais on était quasi au complet, car nous sommes une communauté de 25 à 30 membres réguliers», indique le pasteur. Si la météo annonçait de la pluie dès 18h, le culte s’est déroulé sans averse de 19h à 20h avec une prédication sur les vieilles outres et les outres neuves (Marc 2, 18 à 22 ndlr). «Comme quoi nous sommes invités à tenter des choses nouvelles», commente Matthias Radloff. Qui précise avoir vraiment eu le sentiment de répondre à un besoin: «À tel point, que refaire un tel culte dimanche 3 mai me semblait aller de soi!» Mais pas de dérogation au règlement: les fidèles peuvent se voir par hasard derrière leurs pare-brise, mais pas de façon coordonnée, et pas à plusieurs pendant une heure pour louer Dieu. «À croire que les plages ouvriront avant les églises... »