L’Église réformée fribourgeoise dépoussière ses RH

L’Église évangélique réformée fribourgeoise (EERF) professionnalise sa gestion RH / IStock
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L’Église évangélique réformée fribourgeoise (EERF) professionnalise sa gestion RH
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L’Église réformée fribourgeoise dépoussière ses RH

Francesca Sacco
14 décembre 2021
Pour professionnaliser la gestion RH des paroisses, le Synode de l’Église réformée fribourgeoise fait appel à une société de consulting.

La gestion des ressources humaines est un défi pour n’importe quelle organisation, et les 16 paroisses de l’Église évangélique réformée fribourgeoise (EERF) n’échappent pas à cette règle. Lundi 13 décembre, lors de son Synode d’hiver, le Conseil synodal (Exécutif) de l’EERF a annoncé que la consultante bernoise Nadia Philipona avait été mandatée pour effectuer une analyse de la situation actuelle afin de professionnaliser l’approche des RH dans les paroisses.

Le mandat a en fait déjà commencé. Avec son équipe, la coach en développement organisationnel effectuera des entretiens dans chaque paroisse, distribuera des questionnaires et collectera des données qui seront analysées afin d’émettre des propositions de solutions concrètes.

Cette décision fait suite à un postulat de la paroisse de La Glâne - Romont, qui a demandé au Conseil synodal de proposer des outils «applicables par des gens n’ayant pas de formation professionnelle» dans le domaine des ressources humaines. Cela pourrait être, par exemple, un guide des RH ou la création d’une association de paroisse en charge de ces questions. Autre idée: la création d’un pool d’employés disponibles pour des remplacements en cas de congés maladie. Actuellement, les absences pour cause de maladie entraînent des situations d’urgence qui sont gérées au mieux des capacités disponibles, «c’est-à-dire, en général, pas assez bien pour assurer la continuité et la qualité des prestations».

Le règlement ecclésiastique actuel est assez flou sur le rôle des Conseils de paroisse dans l’engagement du personnel (moniteurs, catéchètes, etc.). On trouve seulement quelques dispositions relatives aux RH, notamment un article mentionnant l’obligation d’effectuer un entretien bisannuel avec les ministres. Il apparaît également nécessaire de trouver des solutions pour améliorer le recrutement et rendre les paroisses plus attractives pour les candidats.

Des conditions d’engagement plus alléchantes

Cette même session a fourni aux délégués l’occasion d’examiner le matériel utilisé pour l’enseignement religieux confessionnel et le travail des catéchètes au sein des paroisses. Un dossier présenté comme «plutôt volumineux», que le contexte pandémique n’a permis de consulter que sous la forme d’un choix de diapositives. Là encore, le Conseil synodal tient à «faire de la catéchèse un domaine professionnel attractif, grâce à des conditions d'engagement modernes». En conséquence, il a décidé de réviser les documents relatifs aux conditions contractuelles pour s’assurer qu’ils soient à jour. Aucun réexamen n'avait eu lieu depuis 2003.

Dans la foulée, les nouveaux outils de contrôle souhaités par la Direction de l'instruction publique, de la culture et du sport (DICS) pour contrôler la qualité du catéchisme ont été présentés. Il s’agit de l’intervision entre pairs, de la formation didactique (mise en place il y a quatre ans déjà, en collaboration avec l’Université de Fribourg) et des visites de classe.

Un budget ficelé dans la difficulté

Les délégués ont ensuite approuvé le budget 2022 qui, de l’aveu du Conseil synodal, «n’a pas été facile à établir». Les incertitudes liées à la crise sanitaire ont provoqué le report de diverses manifestations et les effets de la réforme fiscale sur les contributions des paroisses commencent à se faire sentir. Au final, le budget 2022 est en hausse de quelque 138'000 francs par rapport à 2021, avec des charges estimées à 2'642’367 francs et des recettes prévues de 2'561’694 francs (soit 51’801 francs de contributions des paroisses en moins). C’est le poste «Synode et Conseil synodal» qui a été le plus sollicité pour réaliser des économies (-4,3%).

En fin de session, les délégués ont été invités à choisir le sujet du prochain Synode de discussion. À une voix près, l’écologie l’a emporté sur la problématique des «personnes distancées de l’Église», à savoir les paroissiens qui se tiennent passivement en retrait. Les délégués ont estimé que le dérèglement climatique soulevait des questions profondes et urgentes, comme la responsabilité de l’Église face aux travers de la croissance économique à tout prix. C’est donc à la question: «Habiter mieux la terre face à la crise écologique, quelle est la contribution de l’Église?» que les délégués tâcheront de répondre le 17 septembre 2022.