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A Cottens, le temple est aussi un terrain de jeu

 
3 min de lecture
Société
Dans la commune du pied du Jura, l’envie de ne pas laisser l’église vide a donné vie à différentes activités. Les habitants peuvent proposer leurs idées… tant qu’elles correspondent aux valeurs de l’Église réformée.

S’il fallait nommer un arbre avec la lettre ‹ À › ça serait… un abricotier!» Ce mercredi soir, dans l’église de Cottens, au pied du Jura, les participants activent leurs méninges pour être le meilleur au Petit Bac, lors d’une soirée qui enthousiasme une dizaine de jeunes et moins jeunes. Qu’un nouveau public fasse résonner sa voix dans les murs du temple était justement l’objectif de ces nouvelles activités, organisées depuis l’été 2025.

Deux cultes par an
Ancien membre du conseil paroissial et habitante de Cottens, Myriam Zürcher participe avec entrain aux différents jeux. Elle est à l’origine de la réflexion pour un meilleur usage de l’endroit. «Il me tenait à coeur que les habitants se réapproprient leurs églises et que ce lieu soit animé.» Il faut dire qu’avec ses onze lieux de culte, la paroisse de Haute morges avait l’embarras du choix chaque dimanche matin. «Il a été décidé de ne plus tous les utiliser, et de se concentrer sur quatre temples. Ici à Cottens, il n’y a plus que deux cultes par année, ainsi que quelques services funèbres.» Ce sont Christophe Portier-Fleury et Stéphanie Lauber, habitants de la commune, qui ont proposé d’organiser les activités de jeux. «Il y a souvent des profils de gens différents [...] familles, personnes seules, enfants en bas âge ou adolescents. 

On fait des rencontres surprenantes de gens à qui on n’aurait pas l’habitude d’adresser la parole au quotidien.» «Le jeu, c’est intergénérationnel. Mais il faut se méfier, parce que cela réveille les vrais caractères», ajoute son collègue en riant. Un tournoi de Puissance 4 a notamment été organisé, suscitant un bel engouement.

Ouverture en journée
Le mobilier a donc été réaménagé, tout en gardant la possibilité de tout remettre en ordre pour les cultes occasionnels. Des tables, des chaises et des coussins ont été ajoutés, ainsi qu’une machine à café. Le petit orgue reste à sa place, mais dorénavant, les portes sont ouvertes la journée et les gens peuvent se rencontrer au temple spontanément. Le plus gros défi réside dans l’absence de chauffage en hiver, sauf lors d’événements ponctuels comme les soirées jeux. MyriamZürcher a donc décidé d’aborder le problème dans l’autre sens. «L’idée est d edémontrer l’utilité de ce lieu, pour que la commune constate qu’il répond à un besoin.» Et que les autorités acceptent de chauffer et maintenir l’endroit pour les nouvelles idées d’activités.

Charte et discernement
En parallèle, il a fallu donner un cadre strict aux activités, les premières conversations à propos de l’acceptable et du proscrit dans le temple l’ont démontré. Doit-on enlever l’orgue? Interdire l’alcool? Quid du vin de la cène? Finalement, l’orgue restera et l’alcool sera autorisé, mais une charte a été rédigée pour encadrer les propositions.

Les soirées privées, à but lucratif ou contraires aux principes éthiques de la paroisse du pied du Jura comme «la convivialité, l’ouverture et le respect» ne sont pas admises et seront filtrées par le groupe Jur’Art. Dépendant du conseil de paroisse de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud, ce dernier s’est créé avec l’objectif de promouvoir les activités culturelles dans les temples et de faire le lien avec la commune. Mais surtout, il fallait un organe compétent pour consentir aux demandes d’activités des habitants. «Tout le monde doit être le bienvenu», conclut Myriam Zürcher. «Il faut que cela reste un centre de rencontres, et il ne doit pas être transformé au point de ne plus faire de cultes», ajoute Julian Woodford, conseiller paroissial et ancien membre du Synode vaudois. «Mais c’est fantastique, ce que l’on peut faire là-dedans. Et jusqu’à maintenant, les retours ont été très positifs.

Cela envoie le message que ces lieux sont aussi faits pour les jeunes.» Une tour de Jenga s’effondre dans un fracas qui résonne dans l’église. Cela fait rire les plus jeunes et sonne la fin de la soirée. Mais ils pourront revenir tenter leur chance au jeu d’adresse le premiers mercredi de chaque mois.