
QUE VIENT-ON CHERCHER DANS LES ÉGLISES?
Je suis une touriste du religieux. Et comme pour tous les touristes, mon enfer, c’est les autres: la foule armée de smartphones travaillant ses selfies devant les champs de lavande de l’abbaye Notre-Dame de Sénanque (Provence), la file qui trépigne à l’entrée de la basilique italienne de Ravenne, les visiteurs et visiteuses qui discutent à tue-tête à Sainte-Sophie… Touristes donc, mais pour ce qui est du religieux, on repassera!
Et pourtant, dans ces mêmes lieux, on croise des gens qui contemplent, prient, méditent. Au fond, que cherchet- on lorsque l’on visite un lieu de culte? Il y a quelque chose d’étrange à s’attrouper dans les cathédrales européennes, les temples thaïs ou les chapelles toscanes…
Alors que nous sommes bien moins nombreux à nous précipiter dans nos églises de village ou de quartier.
Cette hâte à vouloir «enchaîner» monastères et autres prieurés durant nos congés peut se lire comme une soif de transcendance qui ne parvient pas à s’étancher dans nos quotidiens trop pressés, où le matérialisme et la rationalité ont tout dévoré. Ou alors elle est l’expression même du voyage contemporain dans lequel on parcourt indifféremment un temple ou un musée, un cloître ou les allées d’un grand magasin.
Dans tous les cas, que l’on le pourchasse à l’aide de nos applications ou qu’on se sente appelés par un lieu fascinant, le sacré ne se révèle pas sur commande. Il nous saisit sans qu’on l’ait convoqué, au coeur d’une église, d’une forêt… ou même d’une foule munie d’écrans!



