
DESTINATION : SACRÉ
Chacun vient se confronter aux mystères du sacré… forçant les communautés locales à s’adapter.
Si la Suisse romande n’est pas encore concernée par ces flux massifs, ses lieux de culte sont déjà l’occasion de rencontres et de découvertes pour les touristes.
Tous hypertouristes
CONNECTÉS Réserver une visite à la mosquée-cathédrale de Cordoue via une application qui propose indifféremment une balade en calèche ou la découverte d’une oliveraie, rechercher un billet coupe-file pour le Vatican, prévoir une visite de temple quand on est à Bangkok: autant de pratiques typiques de l’hypertourisme. Le terme, défini par Rémy Knafou, géographe et professeur émérite à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne, désigne un tourisme qui est devenu un système complexe et souvent néfaste pour les populations locales… et pour les touristes eux-mêmes! Tous les acteurs sont mis en concurrence, la croissance exponentielle de l’activité, voire sa «démesure», est la norme, les impacts sociaux, culturels et environnementaux ne sont pas pris en compte, l’uniformisation des activités entraîne une concentration des flux dans des lieux emblématiques et mondialisés (surtourisme). Une standardisation dans laquelle les plateformes de réservation en ligne, souvent américaines, portent une responsabilité: leurs algorithmes contribuent à intensifier les flux et à saturer les lieux, à force d’«optimisation.» C. A.
Sources
Hypertourisme. Le tourisme à l’épreuve de sa démesure, Rémy Knafou, Editions du Faubourg, 2026.
Tribu, Julien Magnollay. «L’hypertourisme», 7 avril 2026, RTS www.re.fo/hypertourisme.








