Aller au contenu principal
© Jean-Baptiste Delerue/Notre-Dame de Paris
i
© Jean-Baptiste Delerue/Notre-Dame de Paris

A Notre-Dame de Paris, une «communauté» accueille les visiteurs

 
3 min de lecture
Foule
Depuis la réouverture de la cathédrale, en 2024, l’affluence ne baisse pas.
Un dispositif, soutenu par des bénévoles, rend l’accueil fluide et ménage les différents publics du lieu.

Chaque jour, entre 30 000 et 35 000 personnes visitent Notre-Dame de Paris. Une affluence qui ne se dément pas depuis la réouverture de la cathédrale, le 8 décembre 2024, après la fermeture qui a suivi l’incendie d’avril 2019. Avant cela, les visites étaient inférieures d’un tiers. Un tourisme religieux qui s’explique par «la visibilité médiatique du chantier, dont on a pu suivre les étapes durant plusieurs années sur les télévisions du monde entier», commente Sybille Bellamy-Brown, responsable de l’accueil des publics dans l’édifice. C’est donc avant tout la notoriété du lieu qui attire la foule des visiteurs, même si Notre-Dame accueille aussi de nombreux pèlerinages et des événements religieux. «Il n’en reste pas moins, poursuit la responsable, que l’on observe aujourd’hui un véritable intérêt pour le sacré ou le spirituel. Dans le monde actuel, trépidant et parfois angoissant, les personnes ont besoin de repos et de sacré. Et c’est cela que nous voulons leur offrir à Notre-Dame.»

Accueillir, accompagner, veiller
Pour permettre aux différents publics – les touristes, les pèlerins et les fidèles – de faire cette «rencontre avec Notre-Dame», un dispositif est mis en place. Il est porté par 400 bénévoles, lesquels forment «une communauté vivante qui accueille, accompagne et veille sur les visiteurs», précise Sybille Bellamy-Brown. Des bénévoles, dont la moyenne d’âge tourne autour de 40 à 45 ans, formés pour sensibiliser le public à la dimension cultuelle du lieu. Cette médiation humaine fait sentir aux personnes qu’elles ne visitent pas seulement un lieu culturel, mais aussi qu’elles pénètrent dans un édifice qui vit. 

Bien sûr, la gestion des foules demande aussi une logistique: des files pour canaliser les flux et maintenir le calme dans la cathédrale ou un système de réservations facultatives. «Il ne s’agit pas de limiter l’accès à Notre-Dame, commente la responsable de l’accueil. Au contraire, ce dispositif doit permettre d’en faciliter l’accès, en le régulant, pour que chaque personne profite au mieux de cet écrin.» Notre-Dame de Paris, comme toute église, est par ailleurs tenue de respecter les exigences posées par la législation française: l’ouverture à toute personne, la gratuité de la visite… Et à Notre-Dame, on pénètre dans l’église après moins de vingt minutes d’attente.

Vivre l’expérience du lieu
La responsable de la gestion des publics ne craint-elle pas que la cathédrale finisse par être dénaturée par le surtourisme? «Les mesures mises en place pour les visites permettent justement de fluidifier ces flux», répond Sybille Bellamy-Brown. «Elles offrent aussi à chaque personne la possibilité de vivre l’expérience qu’elle recherche dans ce lieu, en en respectant le contexte. D’ailleurs, 1800 personnes se trouvent en permanence dans l’édifice, et pourtant il y règne toujours un relatif silence…»

Le silence, précisément… C’est ce que recherchent les fidèles en se rendant dans une église pour prier ou prendre part à un office. Des fidèles qui, depuis dix-huit mois, se pressent également en nombre à Notre-Dame: environ 200 personnes assistent notamment chaque matin à la messe de 8h. Alors, comment concilier les exigences de ce public chrétien avec l’afflux touristique? En l’intégrant dans la réflexion globale: les réservations ne sont plus possibles dès une heure avant les célébrations et des files spécifiques sont ouvertes pour permettre d’accéder aux offices. «Ce qui fait que l’on entre facilement et que ces deux fonctions de Notre- Dame, accueillir et célébrer, peuvent cohabiter sans heurts», se réjouit Sybille Bellamy-Brown.