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©Mathieu Paillard
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©Mathieu Paillard

«Vivement la course d’école!»

 
3 min de lecture
Conte
À travers la rencontre avec Joseph, un voyageur passionné, les élèves de Mme Pétronille découvrent avec émerveillement que les lieux religieux racontent des histoires venues d’ici et d’ailleurs. Entre curiosité, questions et anecdotes, ils apprennent à regarder autrement ces traces du passé qui peuplent leur quotidien.

Mme Pétronille, dans le cadre d’un projet à la fois lié au patrimoine local, à l’histoire et au programme d’éthique et culture religieuse, a décidé de faire venir dans sa classe un ami retraité, Joseph. Il va expliquer aux élèves l’importance des traces du passé et des bâtiments religieux dans le paysage actuel.

Joseph est un grand voyageur. Il s’est rendu en Asie, notamment au Tibet, lorsqu’il était plus jeune. Il y a découvert le
Potala, le palais du Dalaï-Lama, symbole d’une religion que l’on appelle le bouddhisme. 

Plus tard, il est allé de multiples fois en France et a visité de nombreux lieux de culte qui ont une grande importance religieuse, mais aussi historique. Il indique aux élèves que ces lieux sont touristiques pour plusieurs raisons: on peut les visiter pour la beauté de l’architecture, pour des raisons religieuses ou même, si l’on n’est pas vraiment croyant, pour des raisons historiques.

Et c’est ainsi que le vieux monsieur montre aux élèves des photos de ses voyages. Notre-Dame de Paris, la plus célèbre des cathédrales catholiques, a inspiré bien des auteurs célèbres, comme Victor Hugo… – Il y a même eu une comédie musicale intitulée ainsi, intervient alors l’une des élèves. Ma mère est allée la voir quand elle était jeune! – Et il existe beaucoup d’endroits qui ont, à un moment ou à un autre, inspiré des artistes de toutes les époques, répond Joseph. Par exemple, la basilique du Sacré-Coeur, à Montmartre, également à Paris.

Il projette une photographie de cette basilique qui surprend les élèves et leur fait pousser des «wahou» d’admiration. – Ma grand-mère est allée dans le sud-ouest de la France et à Lourdes pour une visite, interrompt Claire, l’une des élèves. On peut y aller même si l’on est protestant ou que l’on n’a pas la foi? – Bien entendu, que tu sois croyant ou pas, catholique ou protestant, ou quelle que soit ta religion, la plupart des lieux de culte peuvent se visiter, tant que tu le fais dans le respect des lieux et des personnes croyantes présentes, lui répond Joseph. Je vais vous donner un autre exemple.

Vous pouvez vous rendre à Genève, au parc des Bastions, et vous verrez le Mur des réformateurs. C’est un monument construit pour le 400e anniversaire de la naissance de Calvin. Il est composé d’un rempart gravé devant lequel sont dressées, au centre, les statues de quatre réformateurs ayant oeuvré à Genève, et, de chaque côté, de six pionniers ou protecteurs de la Réforme protestante en Europe et aux États-Unis. Ce n’est pas un édifice religieux, mais il représente quelque chose de très important pour les protestants.

Joseph poursuit son exposé encore quelques minutes, puis indique que le tourisme religieux, qu’il se fasse sous la forme de pèlerinage ou simplement d’excursion, concerne beaucoup de gens et que chacun visite les lieux de culte pour de nombreuses raisons. – Vous savez, les enfants, ces églises et autres monuments religieux sont nombreux et visibles dans les villes, les villages ou parfois dans des lieux originaux. On oublie parfois de les regarder ou de les visiter car on n’y fait peut-être pas attention, mais ils font partie de notre histoire et ils nous apprennent beaucoup de choses si l’on prend le temps de les regarder, de les visiter… – Merci à vous, monsieur Joseph, on a appris pleins de trucs aujourd’hui, lui disent alors les élèves. – Dis, maîtresse, on pourra aller en course d’école visiter Notre-Dame de Paris? On verrait peut-être Quasimodo? plaisante alors Charles, l’un des élèves les plus attentifs de la classe. – On verra… C’est un grand voyage à organiser, répond alors en souriant Mme Pétronille. Mais il y a de belles chapelles à voir tout près de chez nous, dans notre canton, pour commencer.