
Les parcours d’initiation Alpha à la foi chrétienne font un tabac
Pour l’association à but non lucratif Alpha, l’objectif est double : d’une part, permettre aux participants d’explorer les bases de la foi chrétienne et le sens de la vie ; d’autre part, soutenir les Églises dans leur mission d’évangélisation. Comment ? En leur fournissant un outil permettant de créer un espace où les gens seront motivés à inviter leurs amis pour discuter de Jésus. L’utilisation du concept Alpha, également appelé Alphalive en Suisse, est gratuite pour les Églises – et normalement pour les participants aussi.
L’une des particularités de ces parcours d’initiation est d’être proposés aux Églises chrétiennes de toutes les confessions. Partout dans le monde, le même contenu est utilisé. « Notre programme met l’accent sur les fondamentaux partagés par les diverses Églises chrétiennes, déclare Emmanuel Voeffray, responsable pour la Suisse. Nous sommes convaincus que ce qui nous unit est bien plus important que ce qui nous divise. » Le programme s’étale sur plusieurs semaines et est ouvert aux non-croyants. « Dans chaque session, nous abordons une question fondamentale qui ouvre la discussion, poursuit Emmanuel Voeffray. Chacun peut poser ses questions et partager son point de vue. »
Rencontres itinérantes
Les rencontres sont organisées par les paroisses dans des cafés, des salles d’université, des foyers ou à l’Église. Après le repas en commun, un exposé d’une trentaine de minutes est présenté par un intervenant ou via une vidéo. Les grandes questions de la foi sont abordées et les bases du christianisme sont redécouvertes : Qui est Jésus ? Comment savoir si j’ai la foi ? Pourquoi et comment prier ? Comment Dieu nous guide-t-il ? Parmi les intervenants : l’aventurier britannique Bear Grylls ; le missionnaire Jackie Pullinger ; l’archevêque de Vienne Cardinal Schönborn ; la présentatrice de télévision finlandaise Julia Immonen, entrée dans le Guinness Book of records pour sa traversée de l’Atlantique ; le fondateur de l’ONG américaine Charity Water Scott Harrison ; ou encore Jose Henriquez Gonzalez, l’un des 33 mineurs chiliens coincés pendant 69 jours sous terre dans la mine de San José, en 2010.
« La discussion est probablement la partie la plus importante des parcours, souligne Emmanuel Voeffray. Elle permet aux participants de s’ouvrir aux autres en toute simplicité et en petit groupe. Aucun sujet n’est tabou. » À noter qu’en Suisse, la majorité des Églises impliquées (45 %) se revendiquent du mouvement évangélique, alors qu’en France, les catholiques sont majoritaires.
Un peu d’histoire
Le premier parcours Alpha a été lancé en 1977 dans la paroisse anglicane Holy Trinity Brompton, à Londres. Il était censé rester interne. Mais en 1990, le prêtre Nicky Gumbel l’a transformé en un programme destiné aux personnes de l’extérieur. Le succès, presque immédiat, a attiré l’attention d’Églises de toutes confessions à la recherche d’un outil d’évangélisation efficace. Les enseignements Alpha ont été adaptés dans une série de courts-métrages alternant témoignages et interviews d'experts, avec des explications claires dans une centaine de langues. En 2025, 2,8 millions de personnes ont suivi un parcours Alpha organisé dans le monde par 35'000 églises.
En Suisse romande, les premiers parcours Alpha ont été lancés en 1997. Actuellement, on en dénombre 140 par année, sur un total de 720 dans l’ensemble du pays. Par rapport au début des années 2000, cela représente une hausse de 61 % en Suisse romande et 54 % en Suisse alémanique. Quant au nombre de participants, on l’estime à plus de 10'000 par année en Suisse, dont 2000 de ce côté-ci de la Sarine, en hausse de 35 % depuis 2000. Plus de 500 Églises suisses sont parties prenantes. « Pour 2026, notre vision est simple et audacieuse : que chaque Église de Suisse romande puisse proposer au moins un parcours Alpha par année », annonce Emmanuel Voeffray.
« Je me suis convertie grâce au parcours Alpha »
Âgée d’une vingtaine d’années, Léa est une étudiante genevoise qui a grandi avec une mère athée, dans une famille de tradition catholique. « On n’est jamais vraiment allé à l'église et j'avais tendance à critiquer les personnes que je trouvais trop croyantes. Je trouvais que c’était irrationnel, sans aucune logique. Donc je ne croyais pas en Dieu. En même temps, je croyais parfois à l'astrologie. Il y a des moments où je me disais que la vie était le fruit du hasard et d’autres où je me disais qu’il y avait peut-être une force supérieure, mais je m'arrêtais très vite. »
Léa a suivi un parcours Alpha en mars 2025. « C'est un ami qui m'en a parlé et qui m'a demandé si j’avais envie de venir. Sur le moment, je me suis dit que ce serait sans doute intéressant pour ma culture générale, mais je l’ai prévenu que je ne participerais pas à toutes les rencontres. Le premier soir, j’étais un peu stressée car j’avais peur de tomber dans une secte ; j’avais cette arrière-pensée. Mais j’ai rencontré des personnes qui m’ont accueillie les bras ouverts et qui ont répondu à mes questions dans un climat d’amour et de joie. Je me suis fait la réflexion que tout cet amour et toute cette joie ne pouvaient pas venir des seuls êtres humains. Donc, j’ai décidé de participer à la rencontre suivante pour en savoir plus. Et finalement, je n’en ai manqué aucune. Je me suis acheté une bible et je me suis convertie. Je peux dire que c’est grâce au parcours Alpha. »



