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(c) Vitalii Khodzinskyi sur Unsplash
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Des canettes de Coca-Cola
(c) Vitalii Khodzinskyi sur Unsplash

Coca-Cola n’aime pas Jésus

 
1 min de lecture
Des chrétiens américains ont lancé un appel au boycott de Coca-Cola, après avoir constaté que le filtre informatique de la marque pour personnaliser des canettes refusait des inscriptions telles que « J’aime Jésus », mais laissait passer « J’aime Satan ». Par voie de presse, Coca-Cola affirme avoir pris des mesures correctives.

En Suisse aussi, il est possible de personnaliser des canettes Coca-Cola lors d’opérations spéciales « Share a Coke » en magasin ou via le site officiel.  Mais c’est aux États-Unis que le scandale a éclaté.

Début août, des utilisateurs ont testé l'outil de personnalisation en ligne de la marque. Son fonctionnement est simple : vous introduisez un nom ou quelques mots jusqu’à concurrence de dix-huit lettres, et un aperçu est généré en cas d’acceptation par le filtre de modération. Sauf que les tests, filmés par les utilisateurs et diffusés sur les réseaux sociaux, puis repris notamment par le Daily Wire et Fox News Digital, révèlent une drôle de politique. 

Satan est bon

« Allah est bon » : accepté au stade de l’aperçu. « Mahomet est bon » : idem. Tel n’est pas le cas de « Jésus est bon », qui est refusé, tout comme « Vierge Marie », « Sainte Trinité », « Saint-Esprit » et « Christ est roi ». De façon encore plus surprenante, les vidéos montrent que le filtre accepte en premier rideau des expressions telles que « Satan est bon » et « Jésus est le diable ». Le 8 août, le média Tribune Chrétienne a dénoncé une pratique à deux poids, deux mesures.

Filtre inconsistant

Les refus génèrent cette réponse automatique : « Le nom ou la phrase que vous avez proposé n'est pas autorisé. Les noms et expressions peuvent ne pas être autorisés s'ils appartiennent à une entreprise, une organisation, une célébrité, une personnalité publique, une école, une équipe ou une autre marque déposée, s'ils ont un caractère religieux ou politique, ou s'ils peuvent être considérés comme inappropriés ou inadaptés pour d'autres raisons. »

Alors, comment expliquer que malgré cette règle générale de neutralité religieuse, les tests produisent de tels résultats ? « S’agit-il d’un simple dysfonctionnement de l’algorithme, d’une liste de termes interdits particulièrement mal conçue ou d’un véritable traitement différencié ? », s’interroge le média Tribune Chrétienne. Et d’ajouter : « En l’absence d’explications détaillées de Coca-Cola sur ces tests précis, il serait prématuré de conclure à une volonté délibérée de discrimination antichrétienne. »

Second examen

Dans ses conditions d’utilisation, Coca-Cola précise : « Nous avons tout mis en œuvre pour que cela fonctionne correctement, mais si vous estimez que nous devrions réexaminer votre suggestion, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse shareacoke.support@coca-cola.com et nous réévaluerons cette décision relative au système. »

En d’autres termes, les commandes personnalisées sont contrôlées une seconde fois après soumission. L’acceptation par le filtre de modération n’équivaut donc pas à une autorisation définitive.

Mea culpa

« Nous sommes conscients d’un problème technique affectant l’outil d’aperçu de personnalisation et nous travaillons à le résoudre », a déclaré un porte-parole de Coca-Cola à Fox News Digital.

« Pendant que nous menons notre enquête et prenons des mesures correctives, nous avons désactivé la fonctionnalité d’aperçu et suspendu les nouvelles commandes de produits personnalisés après avoir constaté qu’elle avait été utilisée pour générer des aperçus à partir de termes interdits qui ne respectent pas nos directives », a-t-il poursuivi. Contacté par Protestinfo, Coca-Cola Suisse n’a pas répondu à notre demande d’informations.