
Un programme de fête à la Collégiale
Quel bilan tirez-vous des événements organisés depuis janvier?
FLORIAN SCHUBERT: Le culte de Pâques en Eurovision s’est très bien passé. Nous avons montré ce que nous faisons habituellement à la Collégiale, avec un style tradition réformée parfaitement assumé, des paroles et de la musique. Les réactions ont été enthousiastes, relevant notamment l’authenticité que nous y avons mise et notre sérieux.
Le 9 mai, le culte avec l’ordre de Saint-Jean, en présence du descendant des princes de Neuchâtel qui l’ont bâtie, s’est aussi très bien déroulé, avec là encore une Collégiale pleine jusqu’à la dernière chaise et des retours positifs. Cela faisait sens de l’inscrire dans ce lieu, d’autant plus avec l’inconstance du moment. Ce n’est pas la première fois que nous vivons des moments difficiles. On se sent portés par l’Histoire: nous avons été précédés et nous serons succédé.
Le 21 novembre, les Églises suisses qui l’acceptent réceptionneront la Charte oecuménique signée en novembre dernier à Rome, avec la présence notamment de Rita Famos, présidente de l’Église évangélique réformée de Suisse, et de Charles Morerod, président de la Conférence des évêques suisses. Ce dernier, en tant qu’évêque de Lausanne, est le successeur de Guillaume de Champvent, qui avait consacré la Collégiale. La boucle sera ainsi bouclée: on fait la paix avec l’Histoire, on est fiers d’où l’on vient et de nos racines.
La fête continuera ces prochains mois avec de multiples propositions pour tous les publics?
L’idée est effectivement de partager cette Collégiale. Un anniversaire est toujours un prétexte. Celui-là nous donne une raison de faire un effort supplémentaire pour la remettre dans le conscient des gens, pour leur dire: «Elle est aussi pour vous!»
Les cultes de l’été seront également liés à ces 750 ans…
Oui, la série de neuf cultes – du 5 juillet au 30 août – couvrira les neuf siècles depuis le début de sa construction avec à chaque fois un thème fort par siècle développé, accompagné par un peu de musique de la même époque. Cette série mettra aussi en lumière les grandes étapes spirituelles de l’histoire de la Collégiale.
Parlez-nous du cycle de conférences, dont le programme figure dans l’encadré.
Nous proposerons de tout: une visite archéologique, une liée à la Réforme, une autre sur les chanoines. Pierre de Salis animera celle consacrée à Berthe, qui est à l’initiative de la construction de la Collégiale, et parlera des représentations de Paul et de Pierre ainsi que de la Vierge Marie, à qui la Collégiale était dédiée jusqu’à la Réforme. La dernière conférence sera également l’occasion de vernir le livre écrit sur l’histoire et l’architecture du bâtiment.
Qu’y a-t-il de prévu pour les plus jeunes?
Les visites guidées pour les écoles ont fait le plein et nous les réitérerons sans doute à la rentrée. Le samedi 12 septembre sera une journée consacrée à la jeunesse, ouverte à tous, avec quelques éléments catéchétiques, mais surtout un tournoi de pétanque et d’autres animations. Le dimanche 13 sera consacré à l’enfance, avec notamment un culte qui mettra l’accent sur les plus jeunes et les fera participer, mais aussi de nombreuses autres activités. Le programme sera officialisé à la rentrée.
La culture ne sera pas oubliée avec de la musique et une exposition…
Une Schubertiade des 750 ans aura lieu le 20 septembre avec des concerts dans différents lieux autour de l’esplanade. Une conférence est prévue le 20 novembre dans le cadre du prix Farel sur le thème «Des lieux sacrés», avec simultanément une exposition de photographies de Christophe Florian de lieux sacrés du canton dans le cloître.
Vous en êtes le pasteur référent depuis 2020 et vous y avez votre bureau, quel est votre lien avec la Collégiale?
C’est un immense honneur et une énorme chance de pouvoir y travailler, de s’inscrire dans cette histoire, de faire ma part. J’ai vécu le chantier d’avant la réouverture de 2022, alors on peut dire que je connais les entrailles du bâtiment. J’ai prêché ici pour la première fois lorsque j’étais encore étudiant à la faculté de théologie et je m’y suis marié. J’ai soin d’elle et elle me porte aussi. Ma femme dit parfois que c’est mon cinquième enfant…
Le cycle de conférences
4 sept: «Visite archéologique de la Collégiale», par Christian de Reynier.
22 oct: «Le XXIII d’octobre fut ostée et abbatue l’idolâtrie…: le sac de la Collégiale à la Réforme», par Lionel Bartoli.
12 nov: «Un nouveau chapitre de l’histoire de la Collégiale. Qui étaient donc les chanoines de Neuchâtel?» par Grégoire Oguey.
26 nov: «Berthe et l’écharde. Un portail sous enquête théologique», par Pierre de Salis.
10 déc: «Guillaume Farel à la Collégiale», par Pierre-Olivier Léchot.



