Non, l’association Feu solidarités Bessières n’est pas religieuse

CC (by-sa) Grez
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Le Pont Bessières à Lausanne
CC (by-sa) Grez

Non, l’association Feu solidarités Bessières n’est pas religieuse

16 janvier 2019
Plusieurs contenus sur internet ont laissé penser que l’association Feu solidarités Bessières collaborait avec l’Église adventiste. Un malentendu qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour l’association areligieuse et apolitique.

C’est avec stupéfaction que l’association Feu solidarités Bessières a découvert sur internet des articles et une vidéo qui les assimilaient à l’Église adventiste, vendredi 11 janvier. «Je me suis senti trahi et floué», lâche Herbert Stock, coresponsable de Feu solidarités Bessières, une association areligieuse et apolitique qui chaque année organise une permanence d’écoute et d’accueil sur le pont lausannois pendant la période des fêtes. Début janvier, l’Église adventiste a publié sur internet deux articles ainsi qu’une vidéo où l’on voit trois bénévoles autour du feu sur le pont. Ce qui a fait bondir l’association est qu’on a l’impression au travers de ces contenus que cette Église collabore avec Feu solidarités Bessières.

«Notre neutralité est entachée. Être associé à un groupe religieux peut avoir des conséquences catastrophiques pour nous. Non seulement certains utilisateurs pourraient se méfier et ne plus oser venir à la permanence, mais cela pourrait aussi avoir un impact important sur les donateurs», explique Herbert Stock qui craint en particulier d’être lâché par une entreprise leur apportant un important soutien logistique.

Un énorme malentendu

Contacté par Protestinfo, Rickson Nobre, le responsable de la communication de l’Église adventiste du septième jour, parle d’un énorme malentendu. «Nous n’avons absolument pas voulu nous approprier la belle démarche Feu solidarités Bessières, ni nuire en aucune mesure à cette association», explique le responsable qui a désormais supprimé les contenus d’internet. «Certains membres de notre Église étaient bénévoles pour cette action et nous souhaitions tout simplement valoriser cette démarche et ainsi en inspirer d’autres à s’engager à leur tour dans les actions sociales dans la cité.» Sur la vidéo publiée sur Facebook ainsi que YouTube, mais désormais retirée, on voyait trois bénévoles adventistes autour du feu. Sauf que l’un d’eux, Daniel, qui présente leur travail, n’est pas adventiste. «Le contact avec lui a été tellement sympathique que j’étais sûr qu’il faisait partie de notre Église, c’est purement et simplement un malentendu», ajoute encore Rickson Nobre qui a rapidement corrigé cette bévue.

Toutefois, Herbert Stock reste amer. «Cette année, nous avons tout fait pour changer l’image de la permanence. Par le passé, elle était spécialement destinée aux personnes qui avaient des pensées suicidaires, mais désormais nous avons voulu l’élargir à tous ceux souffrant de solitudes, en deuil ou simplement qui souhaitent discuter. Être associé à un groupe religieux détruit tout ce travail d’ouverture», déplore le coresponsable. La permanence s’est déroulée du 21 décembre au 3 janvier sur le pont Bessières tristement connu pour son taux élevé de suicide.