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La célébration des 80 ans du Camp biblique œcuménique de Vaumarcus, le jeudi 9 juillet. © MW
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La célébration des 80 ans du Camp biblique œcuménique de Vaumarcus, le jeudi 9 juillet. © MW
La célébration des 80 ans du Camp biblique œcuménique de Vaumarcus, le jeudi 9 juillet. © MW

Le Camp de Vaumarcus, laboratoire œcuménique depuis 80 ans

10 juillet 2026
 
3 min de lecture
Sur les hauteurs du Lac de Neuchâtel, le camp biblique de Vaumarcus constitue depuis huit décennies un rendez-vous estival sans équivalent. Au programme : lectures bibliques décapantes dans une mixité confessionnelle et intergénérationnelle rare.

C’est une bouffée d’oxygène et de liberté dans la morosité œcuménique ambiante : chaque année, depuis 1943, une bonne centaine de personnes se rassemblent durant une semaine, en juillet, pour un camp multi-âges et pluri-confessionnel. Une manifestation à l’esprit souvent déjanté, pourtant profondément croyant, mais sans a priori et sans complexe. Cette année, du 5 au 11 juillet, le Camp biblique œcuménique de Vaumarcus (CBOV) célébrait ses huit décennies. Un culte, présidé par la pasteure Laurence Berlot, a marqué l’anniversaire en présence de nombreux « campeurs et campeuses » (comme on dit là-bas) qui ont fait l’histoire de ce rendez-vous annuel.

Un camp né en 1943, mais qui fête ses 80 ans en 2026… Y a-t-il eu erreur de calcul ? « Non, car c’est bien le 80e camp : l’édition de 1969 n’avait pas eu lieu et le camp n’avait pas pu se tenir non plus durant les deux années du covid », précise Etienne Guilloud, le coordinateur actuel.

« Le camp de Vaumarcus a été lancé par les Unions Chrétiennes de Jeunes Gens. Son but était de former, en matière biblique, les animateurs des différents autres camps qui se déroulaient sur place », détaille Laurence Berlot. Elle a consacré un mémoire de maîtrise en théologie à l’histoire de la manifestation. L’originalité du camp, dès les premières années : sa manière d’aborder les Écritures de façon participative (à l’opposé de l’enseignement « frontal » alors en usage), la mixité de genre des participants, des temps joyeux et festifs, manifestant qu’« être chrétien, ce n’est pas être triste et morose », comme on lit dans un document des années 1950. De grandes personnalités du monde théologique ont marqué Vaumarcus de leur empreinte durant des années. Le camp a aussi suscité de nombreuses vocations pastorales au sein des Églises, romandes notamment.

Pionnier dans le domaine œcuménique

Au moment du concile Vatican II (1962-1965), les responsables du CBOV s’ouvrent au monde catholique : le rassemblement neuchâtelois prend alors une dimension œcuménique. Au point d’assumer un rôle pionnier dans ce domaine dès le début des années 1970. Et au fil du temps, les participants, devenus parents, souhaitent aussi faire partager l’expérience de Vaumarcus à leur progéniture : le camp devient ainsi intergénérationnel. Des animations se mettent en place, destinées à toutes les tranches d’âge « de 4 à 104 ans », garantit le programme de cette année.

Mais tandis que la rencontre entre participants de tout âge constitue un des moteurs du rassemblement, des défis se posent quant à son aspect interconfessionnel. Etienne Guilloud déplore en particulier la difficulté de pérenniser la présence de prêtres catholiques, mais aussi la faible capacité du camp à intégrer les chrétiens venant de communautés évangéliques. Les participants restent essentiellement issus des Églises catholique et réformée.

Par ailleurs, note Bernard van Baalen, un ancien du camp toujours actif dans l’animation, « les audaces œcuméniques vécues dans les années 1970 ou 1980 sont désormais devenues ordinaires, et on n’y prête plus vraiment attention » : celles et ceux qui ont connu l’âge d’or de l’œcuménisme doivent composer avec une nouvelle génération, aux catégories religieuses et identitaires plus larges et moins définies.

Un trekking dans l’Évangile

Pour sa 80e édition, la centaine de personnes présentes au CBOV a approfondi le thème des « vertus théologales » – amour, foi et espérance – comprises comme « un kit pour la vie ». C’est ce que promettait le carnet du programme. « Ce ne sont pas juste des concepts abstraits, commente Etienne Guilloud. Nous avons voulu les aborder comme un ‘trekking dans l’Évangile’, en proposant pour chacun de ces trois thèmes un passage de l’Évangile pouvant illustrer l’amour, la foi ou l’espérance. »

Le camp se déroule sous forme d’ateliers d’une dizaine de personnes, lesquelles se retrouvent chaque jour pour développer une technique d’animation en vue d’approfondir une des facettes du thème choisi pour l’année : musique, théâtre, expression artistique, échange théologique, rando… Les enfants et adolescents se retrouvent par tranches d’âge pour des animations à leur portée. Mais ce travail en groupe est introduit, chaque matin, par un « flash théologique », apportant un éclairage nouveau sur les textes. Tous les participants s’y retrouvent, comme pour célébrer quotidiennement la dimension profondément communautaire de ce rendez-vous biblique estival.