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Armée suisse (image d'illustration)
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Armée suisse (image d'illustration)
Armée suisse (image d'illustration)

Comment les pasteurs ont-ils vécu leur expérience dans l’armée ?

Daniel Stehula et Johanna Wedl, ref.ch (traduit et adapté par Matthias Wirz)
17 juillet 2026
 
4 min de lecture
Les pasteurs sont à nouveau tenus d’effectuer leur service militaire en Suisse. Cela suscite un certain mécontentement dans les milieux ecclésiastiques. Mais qu’en pensent les ministres eux-mêmes ? Deux théologiens prennent position.

Depuis le 1er juin de cette année, les pasteurs – comme les prêtres – ne sont plus exemptés d’armée et de service civil. En révisant la loi sur l’armée, le Parlement fédéral a en effet supprimé la dispense du service militaire réservée aux ecclésiastiques. Une exemption inscrite jusque-là dans la loi afin que les ministres du culte puissent être disponibles pour les membres de leur paroisse en cas de guerre.

Le Conseil fédéral justifie cette modification par la sécularisation croissante : l’accompagnement spirituel ne serait plus indispensable en raison des « nombreuses sorties d’Église ». Une lecture que ne partagent pas les organisations religieuses, qui s’opposent avec véhémence à la loi révisée. En fait, les Églises n’ont été ni informées ni consultées au moment de l’élaboration de la loi. Elles font remarquer que l’accompagnement spirituel a été très sollicité durant le Covid ou lors de la catastrophe de Crans-Montana. Comment fera-t-on en temps de guerre et de crises à l’avenir, si les pasteurs et les prêtres doivent servir dans l’armée ? C’est la question que posent les trois Églises nationales (réformée, catholique et catholique-chrétienne) et le Réseau des Églises évangéliques dans une lettre adressée au Conseil fédéral début juillet. Les autorités ecclésiastiques y font part au gouvernement de leur mécontentement et exigent des mesures.

Mais comment les personnes concernées perçoivent-elles cette modification ? Deux pasteurs prennent position.

Christian Walti a des sentiments mitigés à l’égard de l’armée. Il est pasteur réformé au Grossmünster de Zurich. En principe, il n’aime pas les armes. Mais, ajoute-t-il, « je trouve important qu’il existe un lieu où les Suisses de toutes les régions et de toutes les classes sociales accomplissent quelque chose ensemble. À mes yeux, la mission sociale de l’armée est plus importante que sa mission de défense. »

D’opérateur radio sur un char à aumônier militaire

C’est pourquoi il a effectué sa conscription sans protester. Il a été affecté aux troupes de transmission et se souvient : « Lors de mon premier cours de répétition, j’ai servi comme opérateur radio sur un char et j’ai sillonné toute la Suisse orientale – sans même jeter un coup d’œil à l’extérieur… C’était tout sauf passionnant ! »

Plus tard, le ministre zurichois devient aumônier militaire. Il le reste dix ans auprès des soldats de l’aviation, à Payerne : « J’ai trouvé cela captivant, en particulier les entretiens individuels avec des jeunes issus de tous les milieux et de toutes les régions du pays. »

En 2020, ses obligations familiales et professionnelles le contraignent à se retirer de l’aumônerie militaire. « Je me suis d’ailleurs référé à l’article de loi qui a été abrogé ce printemps », sourit-il. Mais au début de cette année, il se porte à nouveau volontaire et si son examen médical est positif, il reprendra dans quelques mois ses fonctions d’aumônier militaire au sein d’une nouvelle unité.

Pour lui, la récente modification de la loi sur l’armée présente un aspect positif : elle place les pasteurs sur un pied d’égalité avec les autres personnes. Mais elle comporte aussi un aspect négatif, qui réside dans l’argumentation avancée par les autorités fédérales : l’accompagnement spirituel ne répondrait plus à un besoin indispensable de la population. Christian Walti s’en offusque : « C’est une affirmation lancée à la va-vite. Car c’est tout le contraire ! En ce sens, cette décision est un signal d’alarme : nous devons mieux expliquer ce qu’est l’accompagnement spirituel. »

« Mes connaissances sont favorables au service militaire »

Bruno Bader, lui, a été dispensé du service militaire pour des raisons médicales. Mais ce pasteur bernois à la retraite observe que, parmi ses collègues, la plupart sont favorables à ce que les ministres soient soumis à l’obligation servir. « Ils proposent que les pasteurs, après leur consécration, effectuent leur service en tant qu’aumôniers de l’armée, car il en manque actuellement. Ou bien qu’ils soient affectés à leurs unités d’origine », rapporte le ministre, également président d’« église à venir », une association souhaitant promouvoir la diversité des opinions au sein de l’Église réformée. Et d’ajouter : « Tous les collègues que j’ai interrogés considèrent que le motif invoqué par les pasteurs pour être exemptés du service est désormais dépassé. »

Poursuivre le débat

Vous êtes pasteur ou pasteure ? Écrivez-nous à protestinfo@ref-medias.ch pour nous faire part de vos expériences au sein de l’armée, ou expliquez-nous pourquoi vous n’avez pas effectué votre service.