
POINT DE VUE - Les sapins de Maurice
Nous devons apprendre à quitter des sécurités, à vivre dans un monde abîmé. Hébreux 11, 1-16 décrit la vie humaine comme un passage dans un espace provisoire, une construction dont Dieu seul est l’architecte. Comment vivre dans cet espace éphémère une existence sereine? Une piste est donnée dans le verset 1: «La foi est une manière de posséder déjà ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités que l’on ne voit pas.»
Dans une période de bouleversement, ce passage insuffle courage, cohérence de vie pour préparer la voie de celles et ceux qui viendront après nous. Le texte cite des exemples de foi (Noé, Abram, Sara…). La principale force de ces témoins est de voir plus loin que leur monde présent, d’espérer contre toute espérance, de devenir des résistants, d’assumer leurs échecs. À cette liste de témoins, j’ajoute une figure contemporaine: Maurice, un ami agriculteur. Il y a longtemps, contre l’avis de sa famille et du garde forestier, il a planté des sapins au bord de la route. Ces arbres devaient servir à protéger du vent et de la neige. Maurice est mort, mais «ses sapins» ont formé un rempart protecteur, signe d’espérance.
Oui, nous nous faisons du souci pour l’avenir de la Terre. C’est indispensable de ne pas taire nos inquiétudes, tout comme c’est essentiel de ne pas nous résigner. C’est nécessaire de créer des solutions… et vital de nous rappeler que Dieu continue de planter l’espérance dans nos corps et nos âmes, comme il l’a fait pour Noé, Abram, Sara, Maurice et les autres.





