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Musulmanes et moniales à risque de carence en vitamine D

 
1 min de lecture
Quel est le point commun entre les musulmanes et les femmes consacrées dans une congrégation religieuse chrétienne ? Un risque accru de carence en vitamine D, en raison du port de vêtements couvrants qui empêchent la synthèse cutanée de cette vitamine au contact des rayons du soleil.

Tout d’abord, la mauvaise nouvelle : le port de vêtements couvrants chez les musulmanes et les sœurs cloîtrées est associé à un risque accru de carence en vitamine D, indispensable pour solidifier les os. Un fait confirmé par le Pr Emmanuel Biver, médecin adjoint agrégé dans le service des maladies osseuses des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), interrogé par téléphone.

Graves conséquences

Les habits font tout simplement barrage aux rayons du soleil qui permettent la synthèse cutanée de cette vitamine. Entre 80 et 90 % des apports proviennent de l’action de cet astre sur notre peau, ce qui signifie que l’alimentation suffit rarement à compenser un déficit. Et maintenant la bonne nouvelle : ce risque peut être largement atténué par une supplémentation vitaminique. Cependant, cette précaution est rarement prise, du fait d’un manque d’information.

Il faut savoir que la carence en vitamine D peut avoir de graves conséquences. Les deux principales maladies associées sont le rachitisme et l’ostéomalacie, un ramollissement des os qui se manifeste par des douleurs diffuses et une faiblesse musculaire.

Résultats parlants

Il a été scientifiquement établi que les femmes portant le hijab – tenue islamique allant du simple couvre-chef à la burqa, forme de "hijab intégral" couvrant presque tout le corps – sont à risque de déficience en vitamine D. Le problème est d’importance, puisqu’une majorité de femmes musulmanes portent le hijab dans le monde.

Des études ont démontré que les femmes qui portent des vêtements couvrants ont 2,25 fois plus de risques de développer une carence en vitamine D que celles qui s’habillent à l’occidentale. En particulier, une étude menée sur des femmes jordaniennes a révélé que 95,7 % d’entre elles présentaient une carence en vitamine D. C’est assez frappant, quand on sait que seulement 18,2 % des hommes jordaniens étudiés étaient déficients.

Une autre étude réalisée en Arabie saoudite a montré que sur 52 femmes testées, toutes présentaient une grave carence en vitamine D, quand bien même elles vivaient dans l’un des endroits les plus ensoleillés de la planète. Par ailleurs, au Royaume-Uni, le rachitisme était jusqu’à récemment une maladie rare, mais le nombre de cas a considérablement augmenté avec l’augmentation de la population musulmane.

Moniales à risque

Cependant, le risque ne concerne pas que les musulmanes. Certains ordres de religieuses catholiques, comme les clarisses ou les bénédictines, portent une robe longue avec une coiffe ou une guimpe qui entoure le cou et le menton. Il existe aussi des sœurs protestantes qui portent des vêtements longs. En effet, bien que la vie religieuse et l'habit monastique soient communément associés au catholicisme, le protestantisme compte également des communautés religieuses de femmes qui portent des vêtements longs rehaussés d’un couvre-chef.

Des recherches ont été menées spécifiquement sur ces populations. Par exemple, une étude menée sur des nonnes italiennes a mis en évidence de faibles taux de vitamine D, une fréquence accrue de fractures cliniques (39 % contre 10 % dans le groupe contrôle) et une faible masse osseuse.

Mesures de prévention

Le risque de carence est amplifié si ces femmes passent la plupart de leur temps en intérieur et que leur peau est naturellement foncée : la mélanine réduit l'efficacité des rayons du soleil sur la peau. Les personnes à la peau foncée pourraient donc avoir besoin de 20 à 30 fois plus d’exposition au soleil que les Blancs.

« L’exposition du visage, des mains et des avant-bras – soit environ 15 à 20 % de la surface corporelle – trois fois par semaine pendant trente minutes à une heure suffirait pourtant à assurer une synthèse cutanée adéquate de vitamine D », indique le Pr Emmanuel Biver. D’autre part, il est opportun de supplémenter systématiquement la population générale à partir de 60 à 65 ans – et donc a fortiori les personnes portant des vêtements couvrants.