Comment s'engager pour les réfugiés?

© EPER / Annette Boutellier
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La campagne de l'EPER souhaite mettre l'accent sur ce que tout un chacun peut faire pour aider les demandeurs d'asile.
© EPER / Annette Boutellier

Comment s'engager pour les réfugiés?

Surprise
Une plate-forme en ligne, et une journée pour discuter de la désobéissance civile. Cette année, la campagne de solidarité de l’EPER met en valeur les actions de proximité.

60 % de la population suisse a déjà des contacts personnels avec des réfugiés. Un tiers d’entre elle s’engage bénévolement pour eux. Et une personne sur trois souhaiterait agir bénévolement en leur faveur, 10 % au moyen d’une plate-forme électronique. C’est le résultat d’un sondage, mené au niveau fédéral par l’Entraide protestante suisse (EPER) auprès de 1000 personnes représentatives.

Si ces chiffres peuvent paraître importants, ils ne surprennent pourtant pas l’EPER, et confirment même certaines de leurs intuitions. «Cette enquête montre que les personnes sont en faveur d’une intégration rapide des réfugiés, qu’elles sont en contact avec eux et souhaitent l’être davantage pour leur apporter une aide. Il y a une volonté d’échange et de réciprocité», décrypte Magaly Hanselmann, directrice du secrétariat romand de l’EPER. «Cela confirme notre conviction qu’une plate-forme électronique fait sens.» 

Un outil en ligne

Cette dernière existe déjà, il s’agit de www.Engagez-vous.ch, créée au fil des différentes campagnes de l’EPER en faveur des réfugiés. Elle permet aux particuliers de trouver les associations et activités, groupes paroissiaux ou rendez-vous près de chez eux. «Souvent, les informations circulent par bouche à-oreille. Cet outil permet de montrer tout ce qui se fait», continue Magaly Hanselmann. Il offre aussi aux organismes de faire part de leurs besoins, en bénévoles notamment. «On a souvent l’impression que ce sont les mêmes personnes qui portent beaucoup au sein des associations. Cette plate-forme est une façon d’élargir et de valoriser les responsabilités», souligne cette fine connaisseuse du milieu associatif. L’outil, régulièrement mis à jour, recense une vaste série d’activités, triées selon de multiples critères (thème, code postal, mot-clé, organisations, date…). Il reste cependant méconnu, et l’un des objectifs de la campagne «Engagés pour les réfugiés» qui aura lieu, cette année, du 13 mai au 16 juin reste de le populariser.

Une journée d'échanges

Autre temps fort: le 15 juin prochain à Lausanne, une journée qui traitera notamment de la question du délit de solidarité, une question particulièrement dans l’air du temps (voir p. 5). «Il faut vraiment différencier l’entraide et le fait de profiter de la vulnérabilité de certains pour faire du trafic d’êtres humains, il y a un écart net et important, on ne peut pas assimiler les deux types d’actes», assure Magaly Hanselmann. L’EPER invite l’association Solidarité sans frontières et soutient l’initiative parlementaire de la conseillère nationale Lisa Mazzone (Les Verts), qui vise à modifier l’article 116 de la loi sur les étrangers, afin de ne pas punir l’aide aux réfugiés lorsque celle-ci est «honorable». La journée lausannoise sera consacrée à la réflexion plus large sur la désobéissance civile. 

La campagne en bref

• Deux sites: celui de la plate-forme de bénévolat www.engagez-vous.ch et www.eper.ch/ddr2019 pour aider les paroisses à organiser le Dimanche des réfugiés

• Trois événements: le 15 juin, Journée nationale des réfugiés. Débat sur la désobéissance civile de 14h à 17h au café La Datcha, Lausanne (Flon); le 16 juin, Dimanche des réfugiés organisé par les Eglises et le 20 juin, Journée mondiale des réfugiés.

A noter

Plus de 65 millions de personnes ont été forcées à l’exil dans le monde. 1,2 million de personnes répondent aux critères de vulnérabilité leur permettant d’entrer dans un programme de réinstallation selon le Haut-Commissariat aux Nations unies.
15 000 demandes d’asile ont été déposées en Suisse en 2018.