Face aux pouvoirs abusifs, le poids d'un enfant

Face aux pouvoirs abusifs, le poids d'un enfant
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Face aux pouvoirs abusifs, le poids d'un enfant
Face aux pouvoirs abusifs, le poids d'un enfant

Face aux pouvoirs abusifs, le poids d'un enfant

26 août 2020

Pour rester vigilants et bien distinguer entre guérison et maladies de notre monde, tout dépend du point de vue d'où on va regarder ces évolutions. Quelle autorité avons-nous face aux brutalités, explosions et autres formes d'abus de pouvoirs? Jésus place un enfant au milieu de ses auditeurs et propose de regarder comme lui, en disant: "Si vous ne changez pas pour devenir comme des enfants, vous ne connaîtrez pas l'efficacité créatrice!" (Matth. 18,2).

L'enfant ne freinera évidemment aucun des maux ni ne surveillera aucun des acteurs: il peut seulement voir venir. Mais il compte bien sûr trouver sa nourriture et des soins efficaces, sans forcément savoir d'où ils viendront. Il se méfiera de ceux qui n'apportent rien et restent inefficaces, mais ne s'autorise pas à désespérer. De sa hauteur, l'enfant veille sur le monde, prêt à beaucoup supporter jusqu'à ce que l'efficacité se révèle.

"Ne soyez pas de ceux, dit alors Jésus, qui causent la déprime d'un de ces petits... Quel malheur qu'il y ait des causes de déprime!" (Matth.18,7 ­ - La "cause de déprime", en grec "scandale", qui n'a plus ce sens, reste chose courante et simple, plus claire que les formules interprétatives courantes!).

Il met ainsi cartes sur table, notre thérapeute Jésus! Oui, le malheur rôde, inéluctable. Mais évitons d'en ajouter aux petits! Ils le défient déjà du regard, position d'enfant que Jésus suggère à ses auditeurs. Ils regardent d'en-bas ce monde de malheur et de déprime, les yeux grand ouverts, car il n'aura pas le dernier mot.

Notre maîtrise des événements n'implique pas une supériorité ni une sérénité imperturbable. Nous restons impressionnés - comme Jésus - par ces causes de déprime qui font le malheur des peuples, par ces décisions de pouvoirs autoritaires, abusifs ou maffieux, qui empoisonnent les relations entre personnes responsables, utilisées de force pour du profit. La rupture de ce système peut être brutale, comme dans l'explosion du port de Beyrouth: toute une classe politique avait joué avec les maux sans les voir venir et n'avait pas voulu laisser naître une efficacité créatrice dans son peuple. De même en Biélorussie, où à vrai dire il n'y a pas encore eu d'explosion, si ce n'est la colère populaire...

L'enfant fait attention depuis en-bas et, de là, verra naître les relations nouvelles, significatives, vraies et porteuses d'efficacité. Les liens nécessaires pour lui, il les reconnaîtra et saura les saluer de son sourire. L'enfant sait où il pourra faire confiance. Il sentira le changement se concrétiser, lorsque des réparations provisoires, des guérisons nourrissantes, lui seront proposées, en attendant une guérison définitive promise et espérée.

Développer des positions de responsabilité, de créativité, face aux pouvoirs abusifs et assumer ce qu'on peut construire, cela en vaudra la peine. Être un enfant, ce n'est pas laisser les choses en l'état ou les laisser s'aggraver: sa confiance va chercher et trouver l'espace qui s'offrira ou qui lui sera laissé pour vivre.

  • (Page 8 du blog 2020 : «L’économie gouvernée du dehors – comme nous»)